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dimanche 25 juin 2017

MACROLÉON

 Officiellement nous sommes toujours sous la Vème République. Aucune réforme de la constitution n'est intervenue, aucun référendum n'a modifié la nature du régime, aucun coup d'état n'a été perpétré.
 Malgré tout un bouleversement est survenu dans nos institutions. Elles ont souvent été critiquées et leur nature parlementaire mise en cause. Pourtant, les textes fondamentaux sont formels : la France est une démocratie républicaine et parlementaire. Certes, le président jouit de pouvoirs importants, beaucoup plus que sous les IVème et IIIème Républiques mais  la responsabilité du gouvernement devant l'assemblée nationale et le pouvoir législatif des députés et sénateurs prouvent sans conteste le caractère parlementaire de notre régime politique.
  Comme le disaient les pères fondateurs de la Vème République, il s'agit d'un parlementarisme "rationalisé" ce qui signifie que les pouvoirs législatifs et exécutifs ont  été strictement encadrés afin que ne se reproduise plus l'instabilité ministérielle chronique qui a conduit les deux précédentes Républiques au désastre.
  Mais la Vème République a été, et continue d'être, fréquemment critiquée, surtout par la gauche, quand elle est dans l'opposition. Mitterrand condamnait ses dérives bonapartistes et considérait qu'elle était un "coup d'état permanent". À chaque élection présidentielles de nombreux candidats inscrivent régulièrement la VIème République à leur programme. Ils ont toujours  été battus sauf Mitterrand qui, sitôt élu, a découvert que la Vème lui convenait parfaitement et qui s'est bien gardé de changer la constitution.
  C'est pourtant ce qu'est en train de faire Macron, à sa manière, sans annonce publique, en douceur mais radicalement, selon un principe simple et redoutablement efficace : dégrader tous les échelons du pouvoir au profit du sien ! Du pur Bonaparte !
  L'assemblée, c'est fait. Une majorité absolue de députés choisis par lui, n'existant que par lui et lui ayant juré fidélité absolue. Le problème avec les politiques est que leur fidélité ressemble à celle des personnes de petite vertu. Là est la première astuce : à part quelques exceptions, ce ne sont pas des politiques. Certains le deviendront sans doute mais la plupart sont novices et les qualités pour lesquelles ils ont été sélectionnés sont réelles, variées, mais absolument pas politiques. Ce sont des fidèles, au sens religieux du terme.
   Il a pourtant pris un gros risque, redoutant de na pas avoir sa propre majorité absolue, il a fait alliance avec Bayrou et son MoDem. Ceux-là, ce sont des politiques, peu fiables et susceptibles de changer de camp au service d'un chef qui n'a pour objectif que sa propre gloire. Beau parcours : transfuge de l'UDF, il ne fera pas voter Chirac contre Le Pen; goujat, il refusera les avances de Ségolène Royal pour s'offrir le coup d'après à Hollande; cocufié par ce dernier il sera battu aux législatives par un socialiste avant de finir par remporter la mairie de Pau avec les voix des juppéistes avant de se rallier à Macron. Cet homme est un oursin qu'il vaut mieux avoir comme ennemi. Macron a compris et il s'en est débarrassé en trois coups de cuillère à ...pôt ! Les principaux dirigeants du MoDem furent ainsi brutalement arrachés à notre affection : le ministre d'état, garde des sceaux, la ministre des armées et celle des affaires européennes. Les yeux sont restés secs dans les chaumières.
  Même dans son camp, il a pris ses précautions en retirant de son gouvernement, où il risquait de faire des dégâts, le fidèle Ferrand pour en faire le garde-chiourme des débutants LREM afin de s'assurer qu'ils ne marcheront pas de travers.
  Quant à ce qui aurait dû être l'opposition de droite et du centre il l'a faite éclater en lui  offrant des postes de supplétifs dans sa majorité et même dans son gouvernement. À commencer par son premier ministre, issu d'un parti d'opposition, sans troupe, privé de sa fonction première de chef de la majorité confiée à un fidèle macroniste. Pas de risque de voir émerger une bande à Doudou...
  Rien donc à redouter du côté de la majorité parlementaire. Mais l'histoire a montré que les ennemis logent souvent dans le gouvernement. Il ne suffit pas d'être président pour maîtriser l’exécutif. Demandez donc à Hollande. Macron a retenu la leçon.
  Nous avons vu comment il a choisi ce premier ministre qui ne sera que le premier des ministres, chargé de mettre de l'ordre dans la base-cour et de veiller à ce que les ministres restent à leur place et se contentent de mettre en oeuvre les projets du président.
  Donc pas de poids lourds dans le gouvernement, en tout cas aucun qui ambitionne de devenir Kalif à la la place du Kalif. Sans doute Hulot est-il un poids lourd mais vous le voyez candidat ? Le Drian n'avait même pas envie d'être ministre. Collomb ? Trop tard, trop fidèle.
  Les ministres sont des techniciens, experts dans leur domaine, sans expérience politique. Facile à remplacer. D'ailleurs, il y a trois catégories de ministres. Les "plein", les délégués, les secrétaires d'état en charge d'un domaine spécifique et les secrétaires d'état sans attributions précises, au service de leur ministre.
  Donc les députés appuieront sur le bouton de vote qu'on leur indiquera. Les ministres seront des directeurs d'administration. Pour leur faciliter la tâche, Macron a décidé d'appliquer le systèmes des dépouilles qui permet de mettre à la tête des administrations des fonctionnaires fidèles.
  Pour verrouiller totalement le système il fallait veiller au choix des conseillers et chargés de mission dans les cabinets qui ne résistent jamais à la tentation de se prendre pour le ministre et qui sont en compétition permanente avec leurs collègues des autres ministres, de Matignon ou de l'Élysée. Il suffisait d'y penser : nommer des conseillers multicartes, rattachés à deux ministres, à un ministre et au président ou au premier ministre.
  Comme on le voit, Macron a tout prévu, maîtrise tout, rien ne devrait lui échapper et ceux qui n'auront pas compris iront voir ailleurs.
 Tous les candidats à la présidence de la République avaient promis de rétablir l'autorité de l'État. Les présidents successifs n'ont réussi qu'à l'affaiblir.
  Macron a pris le problème autrement : il a établi sa propre autorité. Absolue...
  Napoléon percera-t-il sous Bonaparte ?

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