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vendredi 2 juin 2017

LA TROISIÉME SEMAINE DU PRÉSIDENT MACRON, suite

DE LA FEMME DE CÉSAR À LA CUISSE DE JUPITER
  Quant on sort de la cuisse de Jupiter on peut compter sur son soutien. Macron n'a jamais évoqué publiquement l'affaire Ferrand, qui ne doit pas remonter jusqu'à l'Olympe, mais il lui a donné de nombreux signes de confiance, notamment en s'affichant à plusieurs reprises en sa compagnie.
  Il a toutefois fait passer un message lors du conseil des ministres le mercredi 31 mai : "Les choses ne vont pas forcément bien quand la presse devient juge", estimant que "chacun doit être à sa place" dans une démocratie. Emmanuel Macron a donc fait savoir à ses ministres, selon son porte-parole, que la polémique n'avait pas "vocation à devenir une affaire" tant qu'il n'y a pas d'enquête ouverte. "Seule la justice est habilitée à décider ce qui relève d'une affaire, donc d'une instruction" a-t-il conclu.
  Si l'on résume,  la presse ne doit pas se mêler d'une affaire qui ne regarde que la justice et comme cette dernière a estimé qu'il n'y avait pas lieu d'enquêter, il n'y a pas d'affaire Ferrand. CQFD.
  Pas de bol aurait dit son prédécesseur, le procureur de Brest vient d'ouvrir une enquête préliminaire et justifie ce changement d'avis par les informations parues dans la presse !



Curieux aveu : 
Bien qu'officiellement saisie,
la justice n'a pas cherché à en savoir plus. 
Mais la presse a fait le travail pour elle, 
l'obligeant à ouvrir sa propre enquête...




  
  L’Élysée et Matignon ont alors changé de pied. Il y a bien affaire puisqu'il y a enquête judiciaire mais Ferrand est innocent tant qu'il n'est pas mis en examen! S'il y en a un qui doit l'avoir mauvaise, c'est Bruno Le Roux contraint d'abandonner ses fonctions de ministre de l'intérieur dès qu'il fut révélé qu'il avait embauché ses deux filles comme attachées parlementaires. 
 Peu probable qu'il puisse y avoir une mise en examen avant les législatives. De toute façon, il reste une cartouche : mise en examen ne signifie pas culpabilité et le premier ministre a déjà dit que c'était aux électeurs d'apprécier la responsabilité de Ferrand. Chez Macron on apprend vite la politique politicienne. 
 Curieusement, le jour même de l'ouverture de l'enquête préliminaire, le titre de la "loi sur la moralisation de la vie politique" a changé pour devenir la loi "pour la confiance dans notre vie démocratique".
  On ne va tout de même pas ennuyer nos élus avec la morale ...

MACRON AFFRONTE LES TITANS
  Les Titans étaient des divinités géantes d'une force incroyable dont le chef était Cronos qui régnait au ciel. Ce n'était pas un mauvais bougre mais il avait, lui aussi, un petit problème avec la morale : il dévorait ses enfants parce qu'une prophétie avait annoncé qu'il serait détrôné par son fils ! Sa mère cacha Zeus dans une grotte et, évidemment, ce dernier se révolta contre son père, remporta la guerre contre les Titans et devint le chef des dieux olympiens.
  De temps en temps Zeus, c'est à dire Jupiter, descend de l'Olympe pour régler de misérables querelles entre les hommes (également pour séduire de jeunes mortelles,  ce qui n'est pas notre propos) mais il se consacre surtout à faire régner l'ordre entre les autres divinités qui n'arrêtent pas de se faire des crasses.
  Pourquoi cette histoire mythologique ? Parce que Macron se prend, comme Jupiter, pour le Dieu des dieux et s'est mis en tête de rappeler aux autres qui est le chef. Il a donc redressé les bretelles à Merkel, Theresa May, Poutine et Trump puis parlé ferme aux dirigeants chinois et indiens. 
  Mais Trump n'en fait qu'à sa tête et prétend que l'avenir du monde lui importe peu et qu'il n'appliquera pas les ordres donnés par Jupiter pour sauver la planète terre.
 Jupiter est donc apparu, ce jeudi, derrière sa lucarne magique et, brandissant son foudre, intima l'ordre à Trump de faire comme tous ses petits camarades, aussi puissant soit-il et d'obéir faute de quoi il serait destitué. Il s'adressa à lui dans une langue incompréhensible à de nombreux humains et le menaça de lui retirer ses sujets pour assurer lui-même leur éducation.
  Le cosmos retient son souffle. Une nouvelle bataille des Titans aura-t-elle lieu ?

LE DESTIN DES VAGUES EST DE SE BRISER
 Tous les sondages annoncent un vague macroniènne aux prochaines élections législatives. Autant l'estimation des % de vote au niveau national parait crédible (LREM : 31%; Droite : 22%; FN : 18%; la France insoumise : 11,5%; PS, EELV et divers gauche : 8,5%), autant les projections en sièges laissent place à une grande incertitude.
  Nous avons retenu trois enquêtes publiées dans la semaine. Chaque institut donne une fourchette. Au total, le score le plus bas est de 320 et le chiffre le plus élevé 415 ! Ils sont devenus prudents. Si l'on fait la moyenne des moyennes on obtient 370 députés pour LREM. 
  À prendre avec de grosses pincettes mais une chose parait claire, une semaine avant le premier tour : Macron aura une majorité absolue à l'assemblée nationale.
  Est-ce une bonne chose ? On se souvient de Mitterrand qui disait qu'une majorité trop confortable n'était pas forcément un atout pour le président. De fait, dans la foulée de sa réélection en 1988, les socialistes n'ont pas eu la majorité absolue. Mais ils ont eu Rocard et l'ouverture. Pour le premier ministre, cela n'a pas été simple et il a dû nouer des accords ponctuels avec les communistes et les modérés de l'opposition, et utiliser fréquemment le 49.3, mais on lui doit de grandes réformes dont le RMI, la CSG et les accords de Matignon sur la Nouvelle-Calédonie. La législature a duré 5 ans.
  La situation de Macron est plus complexe. Au fond, il ignore complètement de quel côté penche sa majorité. Elle est d'origines très diverses : centristes, socialistes, Républicains, non engagés. Mais une investiture n'est pas un baptême de conversion. Au début cela devrait aller, les députés LREM ayant été élus sur un programme qu'ils se sont engagés à soutenir. 
  Mais le temps passant, l’engagement va naturellement se distendre, la tentation de renouer avec ses origines sera forte et, surtout, les députés seront si nombreux que chacun pourra se singulariser sans risquer de mettre en minorité le gouvernement.
   Il y a aussi des frondeurs en marche ...







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