Adresses

BLOG : http://www.francois-2.com/
o
u : http://francois-2.blogspot.com/
MAIL: agvialain@gmail.com


AUTRES BLOGS

Les 500 derniers jours du PS, avant la présidentielle de 2012:
Campagne 2012 de François Hollande
agv-solferino2012.blogspot.com/
agv-solferino2012.blogspot.fr/



« TOUT PARTI VIT DE SA MYSTIQUE ET MEURT DE SA POLITIQUE » (Charles Péguy)

jeudi 11 mai 2017

RÉVEILLEZ-VOUS MON GÉNÉRAL, ILS SONT DEVENUS FOUS !

   
  Que penserait le général de Gaulle, s'il voyait ce qui se passe en ce moment, lui qui n’a jamais cessé de dénoncer le "système des partis" ?
  Certes, Macron a réussi à faire exploser tous les partis politiques suscitant l'espoir d'une vaste recomposition politique qui renouvellerait les acteurs et bouleverserait les pratiques.
   Et il avait été clair sur les modalités de choix de ses candidats aux législatives par "En Marche" : 50% devaient être issus de la société civile, 50% également devaient être des femmes, les candidats devaient avoir un casier judiciaire vierge et n’avoir jamais été condamnés à des peines d’inéligibilité. Le quatrième critère était le pluralisme politique : "les différentes sensibilités seraient représentées". Enfin, les candidats devaient se reconnaître dans le projet de "En Marche" et dans le « contrat avec la nation » du nouveau président de la République.
 En théorie, sauf si l’on a été condamné, personne n’était exclu, quels que soient ses engagements dès lors que le candidat à la candidature s’engageait à soutenir par ses votes la politique du président.
  En réalité, ce n’est pas si clair. La commission d’investiture est chargée de faire le tri et elle est souveraine. Elle a ainsi décidé que si toutes les sensibilités politiques pouvaient être représentées il fallait s’être libéré de toute affiliation à un parti politique avant d’entrer à "En Marche", devenu "La République en marche (REM), c'est-à-dire un parti comme les autres.
  Immédiatement une exception a été faite pour Bayrou et le MODEM qui pourra présenter une cinquantaine de candidats avec la double étiquette et qui n’auront pas de candidats REM contre eux. Et une seconde dérogation vient d’être accordée à Manuel Valls : on lui a refusé l’investiture REM mais il n’y aura pas de candidat macronien contre lui. Même traitement d'ailleurs pour les candidats juppéistes ou lemairiste (y compris lui-même) et autres LR prêts à baiser la babouche, dont les circonscriptions figurent parmi les 150 non encore pourvues d'un macroniste. Après avoir fait éclater le PS, on va essayer maintenant de faire imploser Les Républicains !

   C’est ça faire de la politique autrement ?
  Mais si vous êtes adhérents du PS, ou de l'UDI, ou des Républicains vous devez rendre votre carte et adhérer au mouvement du président.
  Qu’en pensez-vous mon général ? Certes, ce nouveau parti ressemble  fort à l’UNR de 1958 et l’on entend dire que les élus REM ne seraient que des godillots. On ne peut pas dire que ce soit très moderne ni la meilleure façon de redonner la parole au peuple. Mais enfin, cela correspond à l’esprit de la Vème République et protégera le président de tout risque de sabotage par des frondeurs ambitieux et irresponsables.
  Si ça marche, c'est-à-dire si le parti du président obtient à lui tout seul la majorité absolue, soit plus que 289 députés. Disons 300 pour éviter les mauvaises surprises.
  Et c’est là que le bât blesse. Parce que si ce n’est pas le cas et qu’il faut aller chercher des renforts vers d’autres partis dont les élus auront été refusés chez REM  il va falloir le payer cher ! Imaginez les députés socialistes dont REM n’avait pas accepté l’adhésion mais aussi les élus d’autres partis qui avaient sollicité vainement le soutien de REM. Quelle belle occasion de laver l’affront !
  Pour gouverner, quand on n’a pas la majorité absolue, il faut passer des alliances. Or c’est justement ce que Macron a refusé catégoriquement. S’il doit aller à la pêche aux voix il lui faudra avaler sa gaule.
  Cela n’arrivera pas, les français sont cohérents ils donnent toujours une large majorité au président nouvellement élu. Tu parles. Le bipartisme, c’est terminé et personne ne sait ce que donnera le scrutin majoritaire dans un paysage politique éclaté. Faisons le compte : REM + LR + PS + FN + la France insoumise = 5 candidats. Sans compter le PC, les autres dissidents et tous les divers.
  Or, la règle électorale veut que pour participer au second tour il faut avoir obtenu au moins 12,5% des inscrits. Avec 40% d’abstention et votes blancs (l'abstention a été de 42% en 2012) il faut 20,83% des suffrages exprimés pour se maintenir. Difficile donc avec tous ces candidats d’atteindre le second tour. Mais ce n’est pas fini pour ceux qui auront réussi à se qualifier, ils n’auront pas qu’un seul candidat face à eux comme cela était souvent le cas mais trois, quatre et pourquoi pas cinq tant qu'on y est …
  Autant dire que la majorité absolue est loin d’être assurée.
  S’il ne l’obtenait pas il serait dès le début de son mandat devant une réelle difficulté. Une fois nommé, le premier ministre doit se présenter devant le parlement pour prononcer une déclaration de politique générale à l’issue de laquelle il engage la responsabilité du gouvernement (ce n’est pas une obligation mais c’est la pratique constante depuis 1993). S’il n’obtient pas la confiance de l’assemblée il doit remettre sa démission.
  Il y aura également, très rapidement, un autre test sur l’existence d’une majorité de gouvernement : le vote par le parlement d’une loi d’habilitation autorisant l’exécutif à prendre des mesures dans des domaines qui normalement relèvent de la loi. Macron s’est engagé à procéder dès l’été, par ordonnances, à des réformes emblématiques de son programme, notamment une nouvelle "loi travail". S’il n’obtenait pas cette habilitation (ici, pas de 49.3 !) ou s’il renonçait à la demander, c’est toute la crédibilité de son mandat qui serait mise en question.
  Peut-être regrettera-t-il alors, d’avoir refusé les alliances et même de n’avoir pas envisagé une coalition?
  Mais tout le monde n’est pas le général de Gaulle.  

Aucun commentaire: