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lundi 1 mai 2017

L’ÉPINE DE LE PEN

  C’est incompréhensible cette indulgence à l’égard de Marine le Pen ! On sait ce qu’a coûté à Fillon l’emploi de son épouse en qualité d’attachée parlementaire. C’est assurément cette affaire qui l’a empêché d’être au second tour, place que lui a  ravie Marine Le Pen, elle-même mise en cause dans l’affaire des attachés parlementaires du FN à l’Assemblée européenne. Elle a refusé de se rendre à la convocation de la police et une demande de levée de son immunité parlementaire a été présentée par la France à Bruxelles. Peu d’émotion et 1% voix de plus que Fillon !
  Elle doit, 48 heures après l’avoir nommé, remplacer en catastrophe son successeur à la tête du FN dont on a rapidement découvert les propos négationnistes qu’il avait tenus. Pour le remplacer ? Steve Briois qui comparaitra en correctionnelle le 11 octobre prochain pour "provocation à la haine raciale" et contre qui le parquet de Bobigny vient d’ouvrir une information judiciaire pour "messages à caractère haineux". Mais quand le front national se prétend le parti des patriotes on entend peu de réactions. Et nous qui croyions que les patriotes étaient ceux qui combattaient les occupants nazis et les collabos !
  Et voilà que la candidate se met à pédaler dans la choucroute sur la mesure phare de son programme : la sortie de l’euro. Nous avons relevé le flou qui caractérisait certaines mesures du candidat Macron. Mais là, elle bat tous les records. Hollande avait, après son élection, trahi sa promesse de campagne de ne pas signer le Pacte européen de stabilité. C’est dès cet instant que la fronde s’est levée. Madame Le Pen, elle, trahit ses engagements avant même d’être élue et invente les 144 nuances de flou (les mesures de son programme). Mais on a l’air de se féliciter qu’elle renonce à sortir de l’euro ! Formidable, ils ont tout compris. Pas nous.
  On a bien entendu Le Pen dire que : « Nous aurons une monnaie nationale comme tous les autres pays et nous aurons ensemble une monnaie commune. Voilà, c’est aussi simple que ça ! ». Ce qui est clair, c’est qu’elle nous prend pour des billes.
  Bien entendu, tout le monde sait ce qu’est une monnaie commune ? Mais si, voyons. Nous en avons eu une, en France, il n’y a pas si longtemps, en 1979 et jusqu’à l’arrivée de l’euro. Ces billets illustrés de tous les symboles des 10 pays membres d’alors qui avaient en commun cette monnaie commune et ces pièces rutilantes avec lesquelles nous faisions nos achats. Mais oui, c’est bien ça, l’"ECU"…
  Sauf que "ECU" veut dire "européan money currency" et que ce n’est pas une monnaie scripturale mais une monnaie fiduciaire. Vous voyez comme il est facile d’enfumer avec des mots compliqués alors qu’il suffisait de dire qu’il n’y avait ni pièces ni billets, qu’il ne s’agissait que d’écritures dans les comptes des États, des banques et des entreprises. Ce qui fait que personne n’a jamais eu un écu dans sa poche.
  C’est exactement ce qu’elle nous propose : que l’euro redevienne comme l’"ECU", des écritures qui retracent des opérations financières internationales et réservées aux échanges dans le monde de la finance internationale : pour les emprunts des grosses entreprises, les transactions entre grandes banques, les ventes d’avions Airbus…
  Et pour acheter ma baguette, alors ? La monnaie nationale, bien entendu, comme tous les autres pays priés de revenir à leur monnaie d’origine.
  Nous ne tenterons pas faire comme si nous savions mais une question tout de même : peut-on faire cohabiter dans un même pays deux monnaies différentes et les échanger l’une contre l’autre et à quel taux ? La réponse est évidemment non et c’est la raison de l’abandon de la monnaie commune ("ECU") au profit de la monnaie unique (euro).  
  Les plus anciens se souviendront peut-être des psychodrames quotidiens que la France vivait à l’époque du "serpent monétaire" et des contraintes à respecter dans les variations de chaque monnaie autour du "cours pivot". Ce jargon pour dire que c’était le bordel !
  Évidemment, le franc ne cessait d’être attaqué et l’Allemagne de venir à notre secours. Alors "récupérer notre souveraineté monétaire", quelle bonne blague !
  Mais, au moins, tout le monde se souvient du fameux tournant de 1983 qui a contraint Mitterrand à revenir sur terre et les socialistes à découvrir, avant même que n’arrive la mondialisation, qu’aux promesses démagogiques succédait généralement la rigueur, c’est-à-dire l’austérité. Ce jour-là naissaient les premiers frondeurs.
  Revenons à Madame Le Pen. Comme elle le dit si bien, c’est aussi simple que ça. Il suffit de discuter avec nos partenaires et si c’est elle qui impose ses conditions tout le monde se couchera. Les allemands retourneront donc au Mark, les hollandais au florin, les italiens à la lire, etc… et l’euro sera réservé aux copains de Macron, la haute finance internationale. Du coup, chacun retrouve son indépendance monétaire, peut faire n’importe quoi et il n’y a plus lieu d’avoir des règles en matière d’endettement ou de dépenses publiques.
  Nous avons déjà développé le désastre qui en résulterait et s’il le faut, relisons les prix Nobel.
  Mais Madame Le Pen n’en a cure car elle a trouvé une astuce pour se débarrasser de son épine : NÉGOCIER. On va négocier un accord avec nos partenaires puis on ira le présenter aux français par voie de référendum. S’ils disent oui, on y va. S’ils disent non elle s’en va. Enfin un rayon de soleil dans un ciel d’orages !
  Eh bien, non, faut pas rêver car (au fait, nous avons oublié à chaque fois de rajouter : "si elle était élue"…) ce n’est pas pour demain. Elle nous explique, en effet, que cela va prendre du temps, beaucoup de temps.
  D’abord, elle attendra qu’aient lieu les élections en Allemagne, en septembre, et en Italie début 2018. Le temps qu’ils s’installent, les négociations pourraient commencer mi-2018. Combien de temps dureront-elles ? Cela dépend du premier qui craquera et enverra balader l’autre car, bien entendu, d’accord jamais il n’y aura mais personne ne voudra prendre l’initiative de la rupture. Seulement Le Pen s’est engagée à consulter le peuple français et il faudra bien qu’elle se décide. Disons deux ans, ce qui nous mettrait vers mi-2020.
  Deux hypothèses alors. Les français la fichent dehors ou se prononcent pour la sortie de l’Europe. Dans le premier, cas il ne reste plus qu’à revenir la queue basse à Bruxelles pour expliquer que le FN ce n’est pas la France. Dans le second, elle n’aura plus le choix et nous serons obligés d’enclencher le fameux article 50 du "Traité sur l’Union européenne". Comme on le voit avec le Brexit, il faut 6 mois pour accomplir cette procédure qui ouvre les 2 ans de négociations. Donc nous étions mi-2020 + 6 mois + 2 ans = fin 2022.

  Merde, elle ne sera plus là… Et elle n’aura pas eu le temps de mettre en œuvre son programme qui n’est réalisable qu’avec le retour au franc. Mais que de ruines et que de haines elle laissera ... si elle était élue!

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