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samedi 20 mai 2017

LA PREMIÈRE SEMAINE DU PRÉSIDENT MACRON

 Difficile de dire le contraire, la première semaine du quinquennat d’Emmanuel Macron a été un sans-faute. Exit le président normal, voici le président "Jupitérien", un président au-dessus de la mêlée, chef incontesté de l’État.
  Dès le dimanche 14 juin, jour de son investiture, on avait compris. Un discours sur son projet pour la France, clair et ferme devant les corps constitués et les personnalités invitées à la cérémonie. Puis la remontée des Champs-Élysées debout dans un véhicule militaire pour montrer qu’il était le chef des armées d’un pays en guerre contre le terrorisme et en état d’urgence.
  La hauteur qu’il attribue à sa fonction n’empêche pas l’homme d’être chaleureux, souriant et au contact des gens. D’en haut comme d’en bas. On a compris que sa parole serait maitrisée et qu’on ne l’entendrait pas sans cesse commenter l’actualité et ses propres faits et gestes. Le voilà, enfin, le changement.
  Le lundi 15, il nomme le premier ministre puis se rend à Berlin pour y rencontrer la chancelière Angela Merkel.
  Autant ce déplacement est une tradition pour chaque président à peine élu qui se doit de réserver à l’Allemagne sa première visite à l’étranger.  Ce fut l’occasion de proposer "une refondation historique de l’Europe". La reconstitution du tandem franco-allemand est en marche.
  Autant le choix du premier ministre nommé est une révolution. La France a connu des cohabitations imposées par l’arrivée d’une majorité parlementaire hostile mais c’est la première fois qu’un président, nouvellement élu de surcroît, nomme un premier ministre issu du principal parti d’opposition.
  Edouard Philippe, 46 ans, député LR, maire du Havre, énarque et éclectique en politique. Dès sa scolarité à Sciences Po. il s’engage aux côtés de Rocard et adhère au parti socialiste. Deux ans plus tard, il rend sa carte et se rapproche de Rufenacht maire RPR du Havre. En 2002, il rejoint Juppé et l’assiste dans la création de l’UMP dont il sera le chef des services administratifs, puis intégrera son cabinet lorsqu’il fut nommé ministre de l’environnement en mai 2007. Mais battu aux élections législatives le mois suivant, Juppé doit démissionner.  
  Édouard Philippe, s’engage alors dans le privé chez AREVA ce qui lui vaudra la réputation d’anti-écologiste. Très actif dans le lobbying pro-nucléaire, il milite contre la loi relative à la transition énergétique tandis qu’il soutient le projet de construction d'un aéroport à Notre Dame des Landes. Il dira : « Entre l’emploi et l’environnement, je choisirai toujours l’emploi.» 
Son ministre de l’environnement, ministre d’État est Nicolas Hulot…
 Il est élu maire du Havre en 2010 et certains se souviennent de la décision de la municipalité de faire jeter à la poubelle 8.500 portions de mousse au chocolat destinées aux cantines scolaires en raison de présence de gélatine de porc.
  Élu député en 2012, il sera rappelé à l’ordre par la haute autorité pour la transparence de la vie publique pour "manquement d’une certaine gravité". Il sera contraint de corriger sa déclaration mais dira : « Comme beaucoup de parlementaires, sans doute, j’ai essayé de concilier le respect de la loi et une forme de mauvaise humeur. » Le premier acte important de son gouvernement sera de faire approuver la loi sur la moralisation de la vie publique…
  Lors des primaires de la droite et du centre il est porte-parole de Juppé puis intègre l’équipe de Fillon avant de quitter son poste à la suite des affaires.
  Dans les différentes fonctions qu’il a occupées pendant les primaires il a participé au choix des candidats investis par LR. Chef de la nouvelle majorité "La République en marche" il soutiendra les candidats macroniens contre les candidats des Républicains.
 Cet homme est un véritable couteau suisse.
 Le mardi 16 est consacré à la composition du gouvernement qui est nommé le mercredi 17. Engagement tenu : 12 femmes et 12 hommes, 50% (ou à peu près) de ministres issus de la société civile. Un gouvernement de droite et de gauche et du centre (parmi les politiques clairement estampillés, trois viennent de la droite, dont le premier ministre, trois du centre (MODEM), 2 du parti radical de gauche et quatre du parti socialiste).
  Du jamais vu ! Ce n’est pas une coalition comme on en a connu, sous Jospin par exemple, avec la gauche plurielle qui reposait sur un accord électoral et une plateforme politique commune.
 Cela ne ressemble pas non plus à l’ouverture pratiquée par Sarkozy avec des ministres de gauche qui n’étaient que des débauchages individuels.
  Ici, nous sommes en présence d’une stratégie globale élaborée avec une précision d’horlogerie. Bien entendu, du côté des ralliés il s’agit surtout d’assouvir des ambitions personnelles, voire de sauver tout simplement sa peau électorale (Le Maire, par exemple assuré d’être battu s’il avait eu un candidat LREM contre lui…).
 Mais pour le président, l’objectif est double.
  Le premier est politique : démontrer que l’on peut dépasser les clivages politiques et rassembler des personnalités de bonne volonté derrière une politique.
  Le second, même pas dissimulé, obtenir une majorité disciplinée derrière le président et dynamiter l’ensemble des partis politiques actuels. Si, pour savoir s’il obtiendra une majorité absolue il faut attendre les élections, pour l’éclatement des partis politiques c’est déjà fait avec les écologistes et le PS, c’est en marche pour les Républicains et c'est déjà amorcé pour le Front national avec le départ effectif de Marion Maréchal-Le Pen et la démission annoncée de Philippot. Quant aux insoumis, leur sort sera réglé après les législatives.
 Tous les clignotants sont au vert pour Macron. Mais le principe de la chance est qu’elle tourne. Même s’il obtient la majorité absolue à l’assemblée pourra-t-il faire confiance à une armée constituée de bric et de broc entre individus ou groupuscules qui sont en désaccord sur bien des points. Le nucléaire : stop ou encore ? Notre Dame des Landes : ni oui, ni non ? La loi travail : on reconstruit ou on repeint ? Et ainsi de suite…
Qui a trahi, trahira !
  Jeudi 18, premier conseil des ministres. Photo sourire et leçon faite aux ministres : désormais on la ferme, même quand on est d’accord. C’est pourquoi la photo officielle est faite à l’intérieur, à l’écart des journalistes, pour éviter les tentations de petites phrases.
  Vendredi 19, second voyage symbolique du président, au Mali à la rencontre des militaires français qui combattent au Sahel. Que tout le monde se le dise, le chef des armées désormais c’est lui seul. C’est pourquoi Le Drian a été chargé de gérer petits fours et macarons aux Affaires étrangères.
C’est Jupiter qui tient le foudre dans la main…
  En revanche, il a bien pris soin de se tenir, lui et ses fidèles, à l’écart de l’économie et des finances. Cadeau empoisonné pour les supplétifs de droite. S’ils réussissent, ce sera grâce à la politique inspirée par le président, s’ils échouent, ils retourneront dans leurs provinces. Ceux au moins qui auront conservé leur manoir.


  

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