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dimanche 9 avril 2017

POURQUOI JE VOTERAI FILLON

  Cet article est le 754 ème que nous publions depuis le 24 décembre 2010. 367 consacré à la présidentielle de 2012 (notre premier blog :"Les 500 derniers jours du parti socialiste avant la présidentielle de 2012") et exactement 367 autres sur notre blog actuel, chroniques du quinquennat de François Hollande ("Le règne de François II").
  Depuis le début nous avions qu'un seul sujet : quel avenir pour le parti socialiste français ? Se réformera-t-il pour devenir un parti socio-démocrate comme presque partout en Europe ou restera-t-il empêtré dans ses vieilles idéologies post-marxistes ? Survivra-t-il ou est-il condamné à disparaître ? Hollande sera-t-il le Schröder français ou le fossoyeur du PS ?
  Aujourd’hui, on a la réponse : le PS est en voie de décomposition, provoquant une désagrégation complète du paysage politique français. Notre travail est donc terminé. Le seul sujet important désormais est de savoir ce qui ressortira du Big Bang en cours.
  Nous allons à cette occasion déroger à deux principes que nous avons jusqu’à présent respectés : sur la forme, ne jamais parler à la première personne du singulier (en mémoire à mes parents qui, citant Pascal,  nous enseignaient que « le "Moi" est haïssable », tout autant que le "Je").
  Sur le fond, nous consacrer à la gauche et plus particulièrement au parti socialiste ni pour l’encenser ni pour le pousser vers les poubelles de l’histoire mais parce que nous pensions, et nous en sommes plus que jamais convaincu, qu’il n’y aura pas de démocratie véritable sans une gauche moderne de gouvernement. Il en va, bien entendu, de même de la droite et du centre mais c’est un autre sujet qu’il faudra également traiter.
 J’ai essayé de garder une relative objectivité même si, le quinquennat de Hollande avançant, je me suis montré de plus en plus sévère à son égard constatant qu’il ne serait pas le président que l’on attendait.
  Maintenant que la fin de l’histoire approche, il me semble honnête de passer au confessionnal et de dire ce que je pense vraiment et pour qui je vais voter.
  Comme pour la majorité des français, ce ne fut pas facile et ce choix n’est pas un hymne à la joie. Un point a toujours été clair pour moi : le danger est l’extrémisme et je n’ai jamais fait la différence entre celui de droite et celui de gauche. L’un et l’autre ont une filiation qui a fait le malheur du 20ème siècle et ont véhiculé la haine et la mort par dizaine de millions. Ils cherchent à le faire oublier et à se montrer sous un jour plus présentable. Mais leur véritable objectif reste de détruire la République. Moi je souhaite un gouvernement réformateur et social.
   À ce stade, vous devez penser que mon candidat est Manuel Macron. De fait, son discours répond à l’essentiel de mes engagements personnels depuis ma jeunesse. Ni de droite ni de gauche. Réformer enfin, et en profondeur, le pays pour lui permettre d’exprimer tous ses talents. Faire confiance aux français en leur donnant la liberté d’entreprendre et de décider de leur vie. Européen parce que l’on doit à l’Europe ce miracle qui n’était jamais arrivé dans l’histoire de France : un pays en paix depuis deux générations et un bloc économique de taille à résister aux plus grandes : américain, Chinois, Indien …
  Une France renfermée sur elle-même, non merci. Se confronter à la mondialisation ne sera pas facile pour tous, c’est la raison pour laquelle il faut accompagner socialement tous ceux qui ont du mal à monter dans le train. Notre devoir est aussi de lutter contre les inégalités excessives et injustifiées.
  Si l’on écoute Macron, on se dit voilà l’Homme ! C’est ce que j’ai pensé pendant longtemps. Je ne le pense plus aujourd’hui.
  Pourquoi ? Parce que je n’ai pas confiance. Je ne dirais pas qu’il nous trompe mais il ne me convainc plus.
  Certes, il a le plumage et le ramage. Mais si les idées sont bonnes les projets sont flous. Citons simplement trois exemples : la retraite à points, l’assurance universelle, l’exonération de la taxe d’habitation pour 80% de la population. L’article n’est jamais fourni avec le mode d’emploi, ni la facture. Et, à chaque fois, c’est l’État qui reprend la main pour gérer le mécanisme. Un exemple seulement, la retraite à points qui est intellectuellement séduisante. Sauf que comme c’est l’État qui fixera la valeur du point, il ne fait que s’attribuer les moyens de baisser les retraites à sa guise, sans négociations ni décision du parlement. Pas confiance !
  Quoi qu’il en dise, s’il est élu président il n’aura pas de majorité parlementaire pour gouverner. Sans doute l’attrait du pouvoir lui vaudra des ralliements mais il devra en payer le prix et surtout ils seront d’origines si diverses que ce qu’a enduré Hollande avec les frondeurs sera une simple piqure de moustique par rapport à ce qu’il devra affronter quand Bayrou, Hue, Madelin, socialistes ralliés, écologistes, centristes, se mettront à parler chacun son langage ; une vraie tour de Babel ! Blocage garanti. Nous prenons le pari que, s'il est élu, la prochaine législature ne tiendra pas 5 ans. Pas confiance !
  Enfin, l’homme lui-même est un mystère. En, fait on ne sait pas grand-chose sur lui. François Macron, c’est un peu facile même s’il y a du vrai. De toute façon, le moule est cassé, difficile de faire deux Hollande de suite. Mais Macron est étatiste et qu’on le veuille ou non il aura, dans sa majorité, s’il a une majorité, plus de députés de gauche que de droite. Recommencer les cinq ans que nous venons de vivre ? Non merci ! Pas confiance.
  L’heure de la dernière chance a sonné. La France, depuis des décennies, mène une politique de facilité, démagogique, qui ne fait qu’accroître son retard par rapport à ses grands concurrents européens et mondiaux. Il est, d’ailleurs, significatif de voir divers candidats recenser nos futures alliances en Europe : Espagne, Italie, Portugal, Grèce…C’est ça l’avenir de la France ? Non merci !
  Nous n’avons plus le choix.
  Il faut baisser drastiquement les dépenses publiques. Je ne comprendrai jamais que l’on prétende que c’est en les augmentant sans cesse que l’on crée de la croissance, que l’on réduit la dette et que l’on baisse le chômage. Mais n’est-ce pas ce que l’on fait depuis 40 ans avec les résultats que l’on voit alors que ceux qui réussissent aujourd’hui ont fait exactement le contraire ? Il faut, en réalité, libérer le travail, alléger les normes, baisser les charges, les prélèvements obligatoires et réduire la dette.
  Sinon, pas confiance !
  Or c’est exactement ce que propose Fillon, avec un programme clair, chiffré, dont les modalités sont précises. Alors, oui, Fillon m’a déçu. Je le croyais différent des autres. Tellement déçu que j’ai pensé aller voir ailleurs. Mais j’en suis revenu.
  D’abord, il ne faut pas exagérer. Je croyais qu’on allait établir une France indulgente et bienveillante. Équitable en tout cas. Fillon n’a pas tué père et mère, il n’a pas affecté à son service des fonctionnaires de l’état et des services qu’il dirigeait. Il a employé des membres de sa famille en qualité d’assistants. Comme tant d’autres et comme les règles actuelles le permettent. Mitterrand avait, à l’Elysée, son fils, grand voyageur africain, surnommé "Papa m’a dit", tandis qu’il logeait dans les meubles et immeubles de l’État sa seconde famille, protégée par les services de sécurité, aux frais de la princesse. Quant à son successeur, il a bien profité des largesses financières de l’État et a été condamné par la justice pour l’affaire des emplois fictifs de la ville de Paris. Ils sont, l’un et l’autre, admirés des français. Faudrait pas pousser quand même !
  Pour nous, toutefois, cela ne justifie rien mais il vaut mieux reconnaître ses bêtises avant d’être président que de les faire pendant qu’on l’est. Et puis, là n’est pas le véritable problème. Je me suis décidé sur une seule question :
  Que vaut-il mieux : choisir le meilleur président pour 66 Millions de français ou éliminer ce dernier pour un comportement éthique aujourd’hui critiqué mais si peu illégal qu’il va falloir édicter une nouvelle réglementation pour l’interdire à l’avenir. Quel candidat a un programme aussi adapté, une expérience aussi avérée et une aussi probable majorité ? Si l’on partage cet avis pourquoi ne pas voter pour lui. Si non, que dira-t-on ensuite ? « Si j’avais su »? Mon choix ne répond à aucun intérêt personnel. Je suis prêt à de nouveaux sacrifices si c’est pour Antoine, Julie, Clara et Salomé, mes petits enfants. 
  Leur avenir dépend de deux choses : de vraies mesures pour sauver la planète et de fortes réformes pour refaire de la France le plus grand pays d’Europe. Je sais qu’ils s’occupent déjà de la planète, je leur fais confiance.  Le redressement, en revanche, dépend de nous, tout de suite, et je pense faire mon devoir en choisissant Fillon.     

André Comte-Sponville ( Entretien du 01/04/2017) : 

Le Monde: "Quel principe éthique devait, selon vous, guider un citoyen dans l’isoloir ?"


- "Se soucier d’efficacité plutôt que de doctrine, et mettre l’intérêt général, si c’est

possible, plus haut que son intérêt personnel."
                                                                                        

  

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