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lundi 24 avril 2017

L’AGONIE DU PS

  Avant d’aborder la dernière étape de la course présidentielle nous devons revenir sur ce qui a été le sujet de nos blogs au cours des 7 années pendant lesquelles nous n’avons cessé de nous demander pourquoi la France n’avait pas, comme les autres démocraties occidentales, un vrai parti socialiste, social-démocrate, moderne et réformateur. Avec l’élection de Hollande s'est posée la question : sera-t-il le Schröder français ou un second Jospin ? Nous avons eu la réponse. Accablante : il sera Hollande !
  On nous rétorquera que c’est un phénomène général qui frappe les grands partis de gouvernement. Il est exact qu’ils sont atteints par le discrédit. Mais on ne peut comparer la défaite des Républicains et la déroute des socialistes. D’abord, par son ampleur : 20 % ce n’est pas 6% et surtout le parti de droite a été principalement victime du suicide de son candidat mais il surmontera la guerre de succession et il finira par avoir un nouveau chef. Ce ne sont pas tant les idées qui sont en cause que le management qui a péché. On verra bien comment elle s’en sortira.
  Le parti socialiste, en revanche, a été frappé d’une longue maladie qui a fini par lui être fatale. Il n’est plus qu’un champ de ruine. Il n’a plus de leaders, plus d’idées et plus de projets. La situation est pire que ce que l’on redoutait.
  Un premier défi se présente à court terme : les élections législatives de 2017. Comment les aborder ?
  La division parait la plus probable et les hypothèses d’éclatement sont fort nombreuses.
1/D’abord, pour aussi catastrophique qu’ait été le score de Hamon, il n’a pas renoncé. Au contraire, il considère que sa campagne a été "fondatrice" et qu’elle annonce le nouveau parti socialiste et écologiste (comment ne pas penser à Ségolène qui, sèchement battue, annonçait de nouvelles victoires ?) : « Vous attendez une renaissance. Ce soir elle est douloureuse, demain elle sera féconde. Je ne déserterai jamais ! » Voici donc un parti socialiste gauche ultra…
2/Rallier le parti de Macron "En Marche !" ? Certains l’ont déjà fait mais ils risquent d’être déçus de l’accueil. La vérité, c’est qu’ils ne sont pas aujourd'hui les bienvenus et que très peu ont une chance d’obtenir une investiture EM. Les militants de base, en revanche, et les élus des collectivités territoriales, s'ils sont moins visibles politiquement ils conservent un ancrage réel sur le terrain. Ce qui ne sera pas le cas de tous les candidats de "En Marche" et Macron aurait bien tort de s’en priver. Une hémorragie à ce niveau serait mortelle pour le PS. Mais enfin, ne vous inquiétez pas pour les transfuges on finira bien par trouver une cellule pour caser les socialistes macroniens.
3/ Présenter des candidats sur son nom, comme s’il ne s’était rien passé, derrière une unité de façade selon la vieille méthode socialiste du compromis ? Cela permettrait de faire comme si le parti n’était pas mort et surtout de ramasser quelque argent de l’État, ce qui lui est indispensable pour sa survie. Parce qu’avec le petit nombre d’électeurs qui ont voté pour Hamon, le trésorier fait grise mine. Si le PS parvenait à faire rentrer à l’assemblée quelques dizaines de députés il pourrait espérer négocier avec Macron dans l’hypothèse où ce dernier serait contraint de constituer une coalition de gouvernement. Beaucoup de "si" dont un, en particulier, qui rend la chose bien improbable : il faudrait d’abord ranger les longs couteaux et que la nuit que tout le monde prévoit n’ait pas lieu.
  Ce n’est pas gagné car on voit bien les armées déjà en ordre de bataille. Ceux qui restent fidèles à Hollande n’entendent pas se laisser voler le parti et les amis de Valls plus que jamais décidés à siphonner le PS. Il y aura donc un parti socialiste canal historique et un parti social démocrate hors les murs. « Ça va être un beau bordel ! » a déclaré un dirigeant socialiste…
  Il va aussi se poser le problème des alliances. Celle qui a été négociée par Hamon avec EELV est morte. Comment maintenir des engagements qui n’ont pas convaincu et surtout un accord électoral portant sur une centaine de sièges ? Surréaliste ! Il n’est plus temps d’être généreux. Les radicaux sont partis chez Macron et de toute façon il faut un microscope pour les suivre. L’extrême gauche de Mélenchon et du PC ? Tout s’y oppose, l’idéologie, la stratégie et les haines individuelles. Mélenchon n’a plus qu’une obsession dans sa vie : détruire le PS. Il ne va pas faire la courte échelle à la gauche du PS. 
 On peut donc imaginer que pourraient s’affronter au premier tour une demi-douzaine de candidats de gauche. Une chance pour la droite ou pour Macron ?
  Reste une question : Macron tiendra-t-il son engagement de présenter partout un candidat "En Marche" (dont 50% de femmes et 50% émanant de la société civile) et de ne pas prendre de "sortants" (en même temps, certains …) ? Quelle chance aurait-il alors d’obtenir une majorité absolue sur son nom et quelle garantie, compte tenu de la diversité d’origines des candidats, qu’elle serait unie ? Mais on sait maintenant qu’il y a toujours deux vérités chez Macron ("En même temps …).
  Ainsi a-t-il déclaré, dans l’euphorie de la victoire : « Je veux construire une majorité de gouvernement et de transformation nouvelle. » Il se dit persuadé de pouvoir obtenir seul la majorité absolue. Il exclut donc tout accord électoral avec aucun parti, à l’exception du MODEM de Bayrou. Une façon de provoquer les ralliements individuels, "maintenant" précise-t-il. C’est-à-dire sans laisser le temps au PS de gérer sa décomposition. 
 Donc pas d’accord électoral ! Mais en même temps, c’est-à-dire un peu plus tard, il envisagera des "majorités de projet".

  On a eu du mal avec le hollandais, maintenant, il va falloir à apprendre parler le macron.

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