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« TOUT PARTI VIT DE SA MYSTIQUE ET MEURT DE SA POLITIQUE » (Charles Péguy)

dimanche 2 avril 2017

ÇA VA DÉBORDER !

  Alors que l’on demandait au général de Gaulle s’il ne redoutait pas le vide politique lorsqu’il aurait disparu, il fit cette réponse : « Ce qui est à redouter, à mon sens, après l’événement dont on parle, ce n’est pas le vide politique, c’est le trop plein. »
  Le tremblement de terre s’est déjà produit et l’on voit arriver à toute vitesse la grande vague qui va submerger le paysage politique français. L’alerte lancée prévoit de fortes inondations qui risquent de submerger nos partis politiques.
Au parti socialiste, le pronostic vital est engagé. Les digues ont déjà cédé et l’eau s’échappe en flux bouillonnants. 
  Si le parti s’est révélé incapable d’adopter un programme consensuel, il aura au moins considérablement enrichi son vocabulaire.  Ce renouvellement de langage on le doit bien évidemment au soutien apporté par Valls à Macron. "Écœurant", "jeu morbide", "homme sans honneur",  "Traitre", "comportements et pratiques indignes", "crime avec préméditation", "comportement minable", "comment peut-il encore se regarder dans la glace ? ", "la démocratie a pris un grand coup" et ce jugement définitif : "son seul objectif, c’est de fracasser la gauche et d'en récupérer un morceau". 
  Mais la tribu de Manuel n’est pas en reste :"programme irréaliste", "outrances gauchistes",  "c'est vous qui êtes minables en soutenant un candidat qui conduit le PS dans le mur", "ils craignent pour le PS et nous, nous nous préoccupons de la France" et, en termes châtiés, "les frondeurs nous ont emmerdés cinq ans jusqu'à vouloir faire tomber le gouvernement et ils viennent aujourd'hui nous donner des leçons sur le respect des règles ? ".
  Quant au clan des Hollandais, il se contente du langage des signes, ce qui vaut au candidat favori des sondages l’appellation de "François Macron".
 Le PS s’est séparé en au moins trois affluents : les contestataires utopistes, les réformateurs libéraux et les sociaux démocrates sauce hollandaise. Vous aurez reconnu les Hamonistes, les Vallsistes et les Macronistes
La gauche de la gauche et ses extrêmes
  La grande vague  n'a pas été désastreuse pour tout le monde. C'est grâce à elle que la gauche de la gauche a reconstitué ses réserves mais les bassins de voix ne sont pas reliés. Alors les factions se font concurrence.
  Il y a ceux qui veulent sortir des traités européens et ceux qui veulent les améliorer, ceux qui sont pour le zéro nucléaire et ceux qui prônent le mix énergétique, ceux qui veulent accueillir tous les migrants et ceux qui promettent d’expulser les illégaux.
  Comment voulez-vous que les affluents se rejoignent ? Chez eux 1+1 ne font pas 2. Chez ces gens-là, on ne compte pas, Monsieur…
  Une unité se façade est maintenue mais on est en période de "mortes eaux" qui précède les grandes marées. Elle enregistre également quelques fuites mais jusqu’à présent pas de ténors, plutôt de vieilles gloires et des déçus des investitures. Mais si la surface est lisse, ça bouillonne fort au-dessous et il est à craindre l’explosion de grosses bulles si Fillon n’était pas qualifié pour le second tour.
Le centre
    Quel centre ? Il est pluriel et il habite déjà chez un copain… On sait simplement qu’il est social et européen. En réalité, le centre ressemble à la regrettée Samaritaine : on y trouve tout.
L’extrême droite
   Les électeurs apeurés se ruent vers ce qui leur apparaît comme le point le plus haut et le plus sécurisant, c'est-à-dire le FN et sa patronne protectrice dissimulée sous son masque de bienveillance salvatrice.
   Mais le rocher lui-même se fracture : la sainte trinité constituée du père, de la fille et de la nièce se déchire. Il faut s’attendre à des luttes féroces aussi bien en cas de victoire à la présidentielle (tantine a déjà prévenu qu’elle ne prendrait pas sa nièce au gouvernement) qu’en cas de défaite qui provoquerait des luttes claniques entre les tenants d’un FN "dédiabolisé" et d'un FN "canal historique".
   Le pire résulterait de condamnations judiciaires dans les affaires qui menacent la présidente et ses proches. Si elles s’accompagnaient, ce qui est très probable, de peines d'inéligibilité, un grand vide s’ouvrirait qui pourrait déclencher une guerre de succession et casser en deux le parti.

 Bref, si la campagne présidentielle est atrocement barbante, on ne risque pas de s’ennuyer après l’élection.
  Pourquoi toute cette agitation ? Évidemment parce qu’il y a trop de courants (politiques s’entend). Certes, les ambitions personnelles et les confrontations d’ego n’y sont pas pour rien. Mais la raison la plus fondamentale et la plus grave est que les français sont totalement noyés. 
  Nous revient cette belle phrase du communiste (oui, il y en a qui réfléchissent) italien (c’est sans doute la raison) : « Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres. »
   Lui, croyait savoir ce que serait le neuf ; c’est l’avantage des idéologies. Mais ce n’est pas notre cas. Nous avons beau chercher, nous ne voyons ni hommes d’État, ni projets capables de mobiliser le peuple comme ils disent. Seulement de la désillusion et de la colère…
  Pourtant les questions qui préoccupent les français et sur lesquelles ils attendent des réponses claires sont nombreuses. Nous ne citerons que :
-Le chômage et le pouvoir d’achat.
-L’identité nationale : veut-on un pays ouvert ou fermé, l’intégration des communautés ou l’assimilation, la régulation de l’immigration ou l’accueil le plus large possible ? De nouvelles règles sur l’acquisition ou la perte de nationalité ?
-La sécurité : faut-il accroître les moyens de lutte contre la délinquance et sa répression ou privilégier l’indulgence et la réinsertion ?
-La protection sociale : peut-on la préserver sans rien y toucher ou la réformer pour assurer sa pérennité ?
-Comment accorder la priorité à l’éducation de nos enfants pour faciliter leur entrée dans le monde nouveau ?
-La croissance et le redressement des comptes publics. Peut-on réformer pour accroître la compétitivité et l’innovation ou faut-il relancer la croissance par la hausse des dépenses publiques ?
-Faut-il rénover l’Europe ou la quitter et l’euro remplacer l'euro par le franc ?
  Tellement de défis et si peu de réponses précises !
 Certes, chaque candidat a une posture de principe sur ces questions mais si l’on élimine langue de bois, promesses, mensonges et utopie, on peut malgré tout trouver, chez les uns ou chez les autres, des réponses à son goût. Le problème est que personne ne présente un menu avec tous les plats qui conviennent et que l’on n’a pas le droit de choisir. C’est le menu, tout le menu, rien que le menu. 
  Par exemple, pour réduire le chômage, faut sortir de l’euro ou relancer la croissance par une augmentation des dépenses publiques? Mais nous, nous voulons que le chômage et les dépenses baissent et pas sortir de l’euro ni accroître les déficits budgétaires ! C’est comme si, chez les opticiens qui offrent gratuitement la deuxième paire, cette dernière n’était pas à votre vue…
  Le paysage politique va probablement se trouver chamboulé sous nos yeux. Faut-il s’en inquiéter ? Après tout, il y aura au moins un effet positif : nous allons retrouver notre liberté. Libres de choisir le candidat, non pas par fidélité au parti mais celui qui cochera le plus de cases dans nos priorités.
  Par exemple, vous voterez Hamon, non pas parce qu’il est le candidat du PS, mais parce que vous voulez acheter votre chicon au tabac du coin et être payé sans avoir à travailler.
 De même, si vous en avez marre de payer la taxe d’habitation et que vous faites confiance à l’État pour gérer votre retraite et vos allocations chômage, vous choisirez Macron.
 Voilà le principe. Il est le même que pour les jeux proposés par les hebdomadaires au mois d’août : "vous trouvez-vous séduisante ?", "êtes vous mer ou montagne ?", "pensez-vous que l’intelligence soit importante chez un homme ?", etc.
  Nous devons garder notre calme parce que la tempête ne fait que commencer. Et la réponse sera encore plus compliquée avec les législatives qui verront l’arrivée de nombreux candidats inconnus à qui l’on devra demander : « Êtes-vous Rotary ou Lions Club ? ».
  Avec l’exercice que nous proposons, si vous avez plus de trois croix en faveur d’un candidat, vous votez pour lui. Sinon, faites une croix sur lui.
  Le moment est venu de faire simple…









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