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vendredi 10 mars 2017

SORTIR DE L’EURO SERAIT UNE FOLIE (1)

   Autant le dire tout de suite, le sujet abordé ici, l'abandon de l'Euro par la France, est austère voire ennuyeux. Mais c'est aussi le plus grave pour notre pays. Pour une lecture plus facile et une meilleure compréhension cette chronique est publiée en deux parties : les faux semblants puis les conséquences.
Les gagnants et les perdants
  L'euro est comme la France : on la critique mais on y reste. Sauf les riches. Beaucoup d'entre eux ont déjà mis leur fortune à l'abri dans des pays à monnaie solide et à fiscalité supportable. D'autres partiront les rejoindre avec leur patrimoine. Un retour au franc ne les gênerait pas. Ils seraient même gagnants.
 Le reste des français, moins nantis, sans patrimoine conséquent, sans possibilité d'émigrer, seraient quant à eux très fortement pénalisés.
 L'euro est comme la démocratie : en butte à toutes les critiques,  le pire des systèmes à l'exception de tous les autres.
La monnaie unique, source de tous nos maux ?
 Si la croissance est faible, c'est la faute à l'euro.
 Si le chômage explose, c'est la faute à l'euro.
 Si la dette nous étouffe, c'est la faute à l'euro.
 Les partis populistes, mais aussi les partis au pouvoir qui commettent la grave faute de camoufler leurs propres incompétences en se cachant derrière l'Europe, usent abondamment de ces arguments fallacieux pour abuser leurs concitoyens.
  La croissance serait donc plus faible en zone euro que dans les pays qui ont conservé leur propre monnaie ? Cela n'est pas si clair et encore moins significatif.
 La croissance de la zone euro (19 pays) a été en 2015 de 1,6% contre 1,8% dans l'ensemble de l'Europe (28 pays), et même sur une période plus longue (2012-2016) les 28 font également un peu mieux que la zone euro : 11% contre 10%. Ces moyennes cachent bien sûr des disparités. L'Europe a ses bons et ses mauvais élèves : l’Allemagne avec une croissance de 1,7% fait figure de champion au contraire de la France qui affiche une croissance médiocre de 1,1%. Hors zone euro, le Royaume Uni avec un PIB en hausse de 2,3% réalise un très bon score.
  Peu importe la monnaie, unique ou nationale, l'Allemagne et le Royaume Uni récoltent ici les fruits d'une décennie d'efforts d'ajustement sur les dépenses publiques, de modération salariale et de réformes structurelles.
Il faut donc avancer d'autres arguments.
  Les mesures d'austérité produiraient l'effet inverse à celui recherché : la baisse des dépenses entraînant une chute de l'activité qui briderait la croissance et créerait du chômage.
  À l'appui de cette thèse, les publications de quelques économistes, du FMI notamment, qui considèrent, après avoir expliqué le contraire pendant 10 ans, qu'une réduction des dépenses budgétaires accroît les déficits au lieu de les réduire.
  Évidemment cette thèse ravit nos populistes, d'extrême gauche comme d'extrême droite, favorables à une sortie de l'euro. Mais nos experts ne disent pas exactement cela.
  En réalité, ils sont favorables à la réduction des déficits, à condition de respecter un bon timing. Il est contre productif de forcer sur les économies quand la conjoncture est récessive. Il faut donc faire des économies quand la croissance est suffisante.
  On voit bien, d’ailleurs, que s'il suffisait d'augmenter la dépense pour obtenir de la croissance et vaincre le chômage, la France qui consacre 57% de son PIB aux dépenses publiques (43% en Allemagne), serait championne d'Europe et le pays le plus prospère de la région.
Mais ce ne sont pas les avis, même judicieux, des économistes qui feront changer d'opinion ceux qui, par désespoir, sont séduits par ce message magique "quittons l'euro et tout ira mieux".
Retour au franc est plus compliqué qu’on ne l’imagine
  Une précision importante s'impose : sortir de la zone euro pour retrouver sa monnaie précédente ne peut pas se faire d'un claquement de doigts. Les traités ne prévoient pas de sortie de la zone euro. Pour cela, il faut sortir de l'Union Européenne ce qui entraîne indirectement un retrait de la zone euro. Il faut donc renoncer au beurre et à la crémière en même temps.
  Certains sont tentés : les anglais ont leur Brexit, faisons notre Frexit! Mais quitter la zone de libre-échange est tout aussi pénalisant que sortir de la zone euro. Il ne faut pas oublier que 55% des exportations françaises se font vers l'Union Européenne.
  Le salon de l'agriculture vient de se tenir à Paris : pouvons-nous croire que ce serait possible sans l'Europe ? La vie des agriculteurs est certes très difficile mais sans les subventions européennes ils auraient disparu depuis longtemps.
L'Euro, l'Europe, n’apporte que des complications ?
  Avez-vous remarqué, dans nos villages, nos villes, nos départements, nos régions, tous ces panneaux qui annoncent des travaux, construction de routes, de ponts, d'écoles, de gares, d'hôpitaux...Vous verrez parmi toutes les informations données sur ces investissements qui se font en France, la mention "Union Européenne".
  Cette Europe si critiquée dont les populistes et d'autres souhaitent la mort est proche de nous. Elle améliore notre environnement et notre bien-être.
  Les échanges Erasmus, si formidables pour nos enfants, leur éducation, la concorde entre les peuples...toujours l'Europe cette mal aimée.
  Souvenons-nous de cette histoire de Fernand Reynaud racontant ce boulanger qui venait d'ailleurs et qui entendait sans cesse "je n'aime pas les étrangers". Un jour il en a eu assez et il est reparti. Plus de pain au village...
L'Euro est l'enjeu le plus important de l'élection présidentielle
  Puisque nous sommes contraints de prendre au sérieux la possibilité d'une victoire de Madame Le Pen aux élections présidentielles, il faut bien analyser les conséquences d'une sortie de l'euro. D'autant que ce projet est également partagé par Mélenchon et autres ultra gauches ou souverainistes de tout poil qui pèsent au total environ 40% d'intentions de vote dans les sondages. Sans compter l'attitude ambiguë du candidat officiel du Parti Socialiste, l'eurosceptique Hamon.
  Même si la majorité des Français et des Européens ont bien conscience des enjeux, des bénéfices de l'euro et de l'intégration européenne sur leur mode de vie et plus largement sur leur influence dans le monde, il faut sans relâche expliquer et convaincre.
   Imaginons donc l'Euro remplacé par notre bon vieux franc bien de chez nous, appelé paradoxalement le "nouveau franc" et déroulons le scénario afin que chacun soit véritablement éclairé sur les conséquences de ses choix.
                                                     
                                                                  (À suivre)

                                                                                                                                                       

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