Adresses

BLOG : http://www.francois-2.com/
o
u : http://francois-2.blogspot.com/
MAIL: agvialain@gmail.com


AUTRES BLOGS

Les 500 derniers jours du PS, avant la présidentielle de 2012:
Campagne 2012 de François Hollande
agv-solferino2012.blogspot.com/
agv-solferino2012.blogspot.fr/



« TOUT PARTI VIT DE SA MYSTIQUE ET MEURT DE SA POLITIQUE » (Charles Péguy)

mardi 14 mars 2017

PROGRAMMES, CAMPAGNE ET DÉBATS

  Une élection présidentielle se joue sur trois paramètres : le programme du candidat, sa campagne et les débats avec ses adversaires.
  Pour le programme, on peut avoir des doutes. Combien d’électeurs qui mettent un bulletin dans l’urne connaissent le programme du candidat qu’ils viennent de choisir ou tout simplement sont en mesure de commenter quatre  ou cinq de ses projets phares ? Pas beaucoup. 
  Tout au plus ont-ils retenu une expression qui frappe, sans d’ailleurs être capables de l’expliquer, comme ce fut le cas avec le revenu universel. L’effet peut être positif ou négatif. Beaucoup ont aimé l’idée d’être payés pour ne pas travailler mais ils ont vite compris qu'il y avait un truc. D'autres, ont grimpés au rideau quand ils ont cru  que la sécurité sociale ne rembourserait plus que les grands risques et on a eu beau démentir, il restera toujours un doute. La liberté retrouvée en quittant L’Europe ? Des millions de français se demandent toujours si sortir de l’euro conduira en enfer ou au paradis. Quant à la retraiteà points, cela sonne bien mais fait aussi penser au permis de conduire.
  Donc, faire connaître son programme n’est pas sans risque mais peut-on prétendre diriger la France sans expliquer clairement ce que l'on va décider ? Nous verrons plus loin que c’est pourtant ce que l’un des candidats a fait.  
 La campagne, c’est différent, elle permet de se faire connaître, de faire parler du candidat et de mesurer l'empathie, la détestation ou la dérision qu’il provoque chez les électeurs. Une élection ressemble à la publicité, il s’agit de vendre un produit et la première condition à remplir est de promouvoir sa notoriété. 
 Mais le débat est ce qui compte au final. Il s'agit du moment où le cœur des indécis balance entre les concurrents. De nos jours, des indécis, il y en a de plus en plus en plus.
  Dans ces trois domaines comment s’en sortent nos candidats ?
  Sur Fillon on a répété, depuis plus de 2 ans qu’il l’a fait connaître, que son programme était le meilleur. Il faut dire que l’on ne connaissait pas vraiment les projets des autres ni d’ailleurs, qui seraient au final les candidats. Mais enfin, beaucoup considèrent encore que c’est le meilleur, le plus adapté à la situation de la France. Résultat, alors que sa popularité qui était très basse avant la primaire, qu'elle a explosé après sa victoire surprise, elle a commencé à chuter dès que certaines de ses idées ont été diffusées et critiquées et cela bien avant que ses ennuis judiciaires ne débutent. Aujourd’hui, on ne peut émettre d’avis sur la campagne qu’il mène parce que, même s’il enchaîne les meetings et les déplacements, ce qu’il dit reste largement inaudible. Seules les affaires captent l'attention: à quand la prochaine révélation ? et que décideront les juges sur son éventuelle mise en examen. 
  Quant à ses qualités de débatteur, elles sont évidentes puisque c’est grâce aux débats de la primaire, affrontée avec talent et habileté, qu’il a terrassé ses concurrents de droite et du centre. Réussira-t-il la même performance lors des débats du premier tour ? Difficile à dire mais cela dépendra largement de sa situation judiciaire.
 Mélenchon ne brille pas par son programme, c’est le même qu’il y cinq ans lors de précédente élection présidentielle."Good by Lénine"… 
  Mais a-t-il besoin d’un programme ? Il est excellent en campagne. Il promet tout aux travailleurs et aux démunis. Il critique les autres et veut changer les institutions, françaises, européennes, mondiales. Il se moque des déficits, de la dette et de l’Europe. Il croit toujours à la veille du grand soir. Il sera sans doute très bon lors des débats car il est un excellent orateur et un contradicteur redoutable. Évidemment, il fait dans la grandiloquence et dans la provocation et avec ses opposants il est agressif et méprisant. Ses partisans en redemandent mais il a du mal à faire beaucoup mieux que 10%. C’est que, dans ce registre, il a une concurrente qui le surpasse avec Le Pen et qu’il n’y a pas de place pour deux démago-populistes dans le marigot. Déjà qu’à eux deux ils pèsent près de 40%... 
  Globalement on peut dire qu’il bégaye : il répète la même chose et il fera le même score qu’en 2012. Son incapacité à faire alliance avec Hamon retire toute chance à la gauche de la gauche.
  Hamon justement, n’avait pas son propre programme puisqu’il ne pensait pas vraiment s’engager dans la course à le présidentielle et qu’il n’avait jamais imaginé de gagner la primaire de gauche et encore moins devenir président.    Alors, il a recyclé les vieilles lunes du socialisme marxisant du congrès de Tours (1920 !), avec le  cannabis en plus et quelques idées qui décoiffent, notamment le revenu universel et un bouleversement de la gouvernance de l’Europe avec un parlement de la zone euro qui déciderait de la renégociation de la dette et de sa mutualisation. 
  Hé oui, son élection provoquerait un tel choc que tous les États s’inclineraient devant sa volonté et réviseraient, sous sa dictée, les traités. On peut appeler cela un programme mais comme vient de le dire Delanoë, c’est un programme dangereux. Irréaliste surtout, et même un peu ridicule !
  Hamon ne fait pas une campagne présidentielle, il fait une campagne pour tuer le parti socialiste, faute d'avoir pu le diriger ce qui a été son rêve depuis qu’il est tout jeune. Il défend son projet comme au parti on défend une motion et il passe l’essentiel de son temps à rechercher la synthèse avec les verts d’abord et Mélenchon ensuite. 
  En réalité, il se voit à la tête d'un nouveau parti de gauche radical-utopiste à l'image de Siriza en Grèce, Podemos en Espagne, Jeremy Corbyn en Grande-Bretagne ou Die linke en Allemagne.
  Saura-t-il débattre ? L’homme n’est pas antipathique, il est simple et parait sincère. Mais un débat pour la qualification au second tour de la présidentielle ce n’est pas la même chose qu’une primaire de la Belle Alliance …
  Macron  a bien compris que quand on se dit ni de droite ni de gauche, présenter un programme amène à se dévoiler et à se livrer aux critiques. Alors, il décidé d’inverser les choses et de commencer par faire campagne sans programme. Il a tenu ainsi 6 mois en se contentant d’idées générales avec un succès incroyable, réussissant à passer en si peu de temps de 0% à 25% dans les sondages. Inimaginable ! Si l’on en croit les intentions de vote, 20 millions de français pourraient voter pour lui au second tour !
  Il vient, enfin, de publier son programme, ce qui a immédiatement permis de mieux comprendre où il se situait. En fait, il est "Pastis" : un volume de droite, cinq volumes de gauche. Évidemment, il donne désormais prise aux attaques, notamment de la part de Hamon et de Fillon mais  il est bien tard, ils sont lâchés loin derrière.
  Reste, à son sujet, une vraie question : sera-t-il à la hauteur dans les débats du premier et, éventuellement, du second tour ? On se demande souvent s’il a les épaules pour être président mais, le plus important est de savoir s'il a les muscles et les poings pour éviter de se faire envoyer dans les cordes lors des débats. Parmi les qualités qu’on lui reconnaît il y a la bienveillance et la modération. Pas très utile sur un ring !
  Le pen, c'est Le Pen. Comme son père, elle ne débat pas, elle récite, agresse et méprise. Pour elle les débats ne sont que l'occasion de rameuter la meute.
 L’histoire a montré que souvent l’élection se jouait lors de cet exercice. On se souvient de Giscard face à Mitterrand : « Vous n’avez pas le monopole du cœur » en 1974 et Mitterrand à Giscard l’accusant d’être l’homme du passé : « Vous, vous êtes l’homme du passif » et, bien entendu de la fameuse anaphore de Hollande face à Sarkozy. Un uppercut est si vite arrivé…
  Conclusion ? Pour la campagne, c’est fichu, elle a été piratée par les affaires. De ce fait, il sera très difficile de parler des programmes. Tout se jouera donc lors des débats. Macron tiendra-t-il ? Auquel cas c’en est bien fini de Fillon. Si, en revanche, il se laisse dominer nous pourrions avoir une nouvelle surprise.
  Il faut, toutefois, ce souvenir de ce que disait un spécialiste en sciences politiques, à savoir que « le plus important dans un débat, quand on a de l’avance dans l’opinion, n’est pas nécessairement de gagner. L’essentiel est de ne pas perdre. »
D’ici là, il est à craindre que ce soit l’ennui qui l’emporte...

NB: le premier débat, entre les cinq dont nous avons parlé, aura lieu le 20 mars sur TF1. La campagne officielle débutera le 10 Avril. 
Le premier tour se tiendra le 23 avril et le second le 7 mai. 
Les juges d'instruction devraient se prononcer le 15 mars sur la mise en examen éventuelle de François Fillon.


Aucun commentaire: