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jeudi 30 mars 2017

MACRON SAIT-IL MONTER UNE MAYONNAISE?

  L'histoire de la Vème République a démontré que le chef de l'État était un souverain quasi absolu et qu'il possédait, si non dans les textes, du moins dans la réalité, des pouvoirs très étendus. À une seule condition : disposer d’une ample majorité, non seulement absolue mais aussi totalement disciplinée. Composée de ce que l'on appelait du temps du général de Gaulle, de "godillots".
  C'est ce qui a tué Hollande qui avait pourtant une majorité absolue socialiste mais a cru que son art de la synthèse garantirait son unité. Au lieu de godillots, il a eu des "frondeurs".
  Telle est la question qui doit hanter Macron : s’il était élu, disposerait-il d'une majorité absolue prête à le suivre en tout ? On dit souvent que le parti du président élu obtient aux élections législatives  qui suivent immédiatement  la majorité absolue dont il a besoin pour appliquer son programme. C'est généralement vrai. Mais pas toujours. En 1958, de Gaulle lui-même ne l'a pas obtenue avec l'UNR, parti gaulliste crée pour la circonstance. Cette assemblée n’ira, d’ailleurs, pas à son terme puisqu’elle sera dissoute en 1962.
   La situation de Macron serait évidemment plus compliquée. Faire prendre une mayonnaise n'est pas chose aussi facile qu'on le croit. Pourtant, il n'y a que trois ingrédients : un jaune d'œuf, de la moutarde et de l'huile. Eh bien, on ne la réussit pas à tous les coups.
  Pour obtenir une majorité, Macron devrait la dresser au fouet tant il lui faudrait lier un grand nombre de composants : des élus d’"En marche", une macédoine centriste, un nid bourdonnant de socialistes, ultras pour certains,  réformateurs pour d'autres, des verts déconfits, des civils de tous poils,  des députés de droite cherchant une place à table, des communistes vintages, des rotariens, des chevaliers du Tastevin et pour la décoration finale, une pincée d'intellectuels et de célébrités mondaines.
  Donc, si Macron ne disposait pas de la majorité absolue avec ses propres compagnons marcheurs, il devrait composer, notamment avec Hamon, Valls, Le Drian, Bayrou, Lagarde, Morin, de Rugy, Sarkozy (par personnes interposées), Hue, Chirac (par sa fille claude, son époux, et Jean-Paul Delevoye), Douste-Blazy,  Madelin, Corine Lepage et une flopée de ratons laveurs, de sexe féminin de préférence, pour la parité.
  Ce serait donc cela la "Révolution" selon Macron, titre de l'ouvrage par lequel il a lancé sa campagne ? On est impatient de voir la photo officielle des macronistes...
  Mais il faudrait se dépêcher car il est fort probable qu'au premier coup de cuillère sa mayonnaise ne se mette à tourner. En cuisine, il y a des astuces pour rattraper une mayo retombée mais le plus tentant est de jeter le tout et de recommencer. 
  S'agissant de la cuisine politique, c’est bien plus compliqué car toutes les recettes sont strictement édictées par les textes fondamentaux. Pas de place pour la fantaisie.
  Dés le début, on aurait une première indication : le premier ministre devrait, en effet, prononcer devant la nouvelle assemblée une "déclaration de politique générale", puis engager la responsabilité du gouvernement en posant la question de confiance (ce n’est pas obligatoire mais Macron le lui demandera sûrement, ne serait-ce que pour compter ses partisans). S’il est mis en minorité il devrait remettre la démission du gouvernement.
  Le président se trouverait alors devant les choix suivants : nommer un nouveau premier ministre issu d’une nouvelle coalition qu’il aurait suscitée, ou considérer qu’il n’est pas en situation de former lui-même une nouvelle majorité et nommer premier ministre un leader des partis d’opposition. Nous entrerions alors dans une cohabitation qui lui retirerait la possibilité de gouverner. On aurait donc élu un président pour confier l’essentiel du pouvoir à son opposition…
  Il pourrait aussi revenir devant les électeurs en décidant une dissolution de l’assemblée nationale. Mais s’il n’obtenait pas la majorité cette fois encore, il serait politiquement forcé de démissionner. En théorie, il pourrait rester à l’Élysée mais en qualité de roi fainéant.
 Ce serait la première fois dans l’histoire de la Vème République qu’une telle situation se présenterait. Or, avec une victoire de Macron, qui ne dispose pas vraiment d’un parti structuré ni d’élus locaux encartés "En marche", ce scénario ne serait pas à exclure.
  En résumé, une victoire de Macron ne serait plus le "Renouveau" ni la "Marche vers Une France Nouvelle", comme il le promet, mais une Marche arrière vers la IVème République.
  Cela étant, avec un prédicateur christique touché par la grâce, un miracle est toujours possible...

LA DÉRIVE DES PRIMAIRES ET DU QUINQUENNAT
  Nous mesurons ici deux grandes erreurs commises en matière institutionnelle ces dernières années.
  La première est celle des primaires qui ont rajouté un troisième tour à l’élection présidentielle, retirant du même coup la liberté de choisir leur président à quatre électeurs sur cinq.
  La seconde, voulue par Jospin et acceptée par Chirac, est l’abandon du septennat au profit du quinquennat, sans que les effets pervers de cette réforme n’aient été évalués.
  On le voit bien en matière de dissolution. Autant celle-ci peut être justifiée quand les élections législatives et présidentielles ne sont pas concomitantes et quand le nouveau président est confronté à une assemblée qui lui est hostile, autant cela apparaîtrait comme un déni de démocratie s’agissant d’une assemblée élue quelques semaines à peine après le président.
  Lorsqu’il a été élu, en 1981 et en 1988, Mitterrand a trouvé une assemblée à majorité de droite. Dans les deux cas il a logiquement procédé à une dissolution et il a retrouvé sa majorité (de justesse la seconde fois).
  La constitution interdit toute "nouvelle" dissolution dans l’année qui suit une première dissolution. Mais cette disposition a été introduite quand le mandat parlementaire était de 5 ans et celui du président de 7 ans et elle ne couvrait pas l’hypothèse d’une concomitance entre les élections présidentielles et législatives. En théorie, Macron pourrait donc dissoudre s’il ne parvenait pas à constituer une majorité à sa convenance. Pourtant, l’esprit de la constitution voudrait qu’une dissolution ne puisse intervenir dans l’année qui suit l’élection de la nouvelle assemblée (1).
  Macron en prendra-t-il l’engagement ?

(1) Art. 12 de la constitution : « Le Président de la République peut, après consultation du Premier ministre et des Présidents des Assemblées, prononcer la dissolution de l'Assemblée nationale.
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Il ne peut être procédé à une nouvelle dissolution dans l'année qui suit ces élections. »


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