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lundi 20 mars 2017

MACRON A LA MALADIE DE LA PIERRE

  Macron n’aime pas l’immobilier, c’est normal direz-vous, il vient de chez Rothschild, pas de chez Bouygues. Il a  la maladie de la pierre, cette affection  caractérisée par la formation de calculs dont on a du mal à se débarrasser et qui sont très douloureux. Erronés aussi parfois.
  On avait compris qu’il ne partageait pas l’adage selon lequel quand le bâtiment va, tout va. Il n’aime pas la pierre, il lui préfère le papier, surtout sous la forme d’actions et d’obligations.
  Il entend donc conserver l’ISF mais la limiter aux seuls biens immobiliers, les placements financiers en étant  exonérés. Il pense, en effet, qu’investir dans la pierre n’est pas productif tandis que l’épargne financière est utile à l’économie dans la mesure où elle sert à financer les investissements. La dette aussi, d’ailleurs. Donc si vous êtes riches mieux vaut acheter des châteaux en Espagne et investir en bourse en France.
  Mais il a trouvé un autre moyen d’imposer la pierre avec son projet d’exonérer 80% des français de la taxe d’habitation. C’est une mesure sociale direz-vous. Il est vrai que cet impôt est injuste, non pas dans son principe car il est bien normal, quand on profite des services offerts par sa commune (écoles, crèches, équipements sportifs, aides sociales,…) de contribuer à leur financement. Bien sûr, en fonction des moyens de chacun mais il faudrait aussi tenir compte de la valeur du bien occupé. Or, aujourd’hui, ce n’est le cas.
  La valeur locative n’a pas été réévaluée depuis bien longtemps (manque de courage de nos dirigeants) ce qui fait qu’il n’y a plus de lien entre la valeur réelle du logement et le montant de la taxe d’habitation. Si l’on ajoute à cela le fait qu’il existe d’énormes disparités entre les communes et qu’en général, ce sont les villes les plus riches qui ont les taxes les moins élevées, on voit bien qu’il y a un problème d’équité.
  On aurait pu penser que faire de la politique autrement c’était regarder les choses en face et oser corriger les injustices. Eh bien, non ! Macron qui s’est souvenu d’où il venait (nous ne pensons pas seulement à son expérience professionnelle), il a eu le réflexe socialiste : un problème ? Une exonération financée par une hausse d’impôt.
  En réalité, cette affaire provoque une grande déception sur notre candidat qui montre un vrai visage politicien avec mensonge  par omission et par action.
  Il va réformer la taxe d’habitation pour la rendre plus juste et plus solidaire ? Que nenni ! Corriger les bases d’imposition et assurer une péréquation entre les communes ? Trop risqué ! Et puis, il fallait bien réagir au revenu universel de Hamon.
  Il va donc exonérer 80% des français de la taxe d’habitation. Mensonge par omission : pourquoi, en même temps qu’il dénonçait l’inadaptation du cette taxe, n’a-t-il pas dit que d’ores et déjà 42 % des ménages français en étaient exonérés (personnes âgées, handicapés, etc.) ou bénéficiaient d’un plafonnement en fonction de leurs revenus ? S’il parvient vraiment à 80%, d’autres avant lui auront accompli la moitié du chemin...
 Mensonge par action : Cette mesure va faire perdre 10 milliards de recettes aux communes (et augmenter les dépenses de l’État, et donc la fiscalité, d’autant).
  Elles ne seront pas pénalisées, assure-t-il. Qui va le croire. L’État est coutumier du fait : on ne compte plus les charges transférées aux communes avec promesse de transfert des crédits équivalents. À chaque fois, les dotations ont été rognées alors que les charges augmentaient. Et cela alors même qu’il était le conseiller de Hollande à l’Élysée puis ministre de l’économie…
  Encore plus grave, le problème n’est pas uniquement financier, il touche à la compétence des communes en matière de fiscalité locale. L’État, en effet, ayant supprimé la taxe, il retire ipso facto toute marge de manœuvre aux communes. Elles ne pourront plus en modifier le taux. Sauf, bien entendu, pour les 20% qui continueront à la payer qui sont assurés de la voir encore augmenter pour eux seuls.  Et les communes seront également poussées à augmenter la taxe foncière payée par les propriétaires. Haro sur la propriété immobilière !
  Cette affaire fait penser à la taxe de 75% voulue par Hollande sur les revenus supérieurs à un million d'euros. La mesure, très populaire, a tellement plu qu’elle a sans doute assuré son élection. Mais elle a, dès les premiers mois, annoncé le début de la fin. Non seulement il a été ridiculisé par le conseil constitutionnel qui l’a annulée au motif de rupture d’égalité, mais le renoncement auquel il a été contraint a ouvert la voie à la montée de la déception qui se poursuivra tout au long son quinquennat.
  Macron ferait bien d’y réfléchir à deux fois car son projet risque de subir le même sort.
  Voici un extrait du communiqué publié par l’AMF - l’Association des maires de France - une des rares institutions où toutes les sensibilités politiques s'expriment à parité, comme le prouve ce document cosigné par son président de droite, François Baroin (LR) et son vice-président socialiste, André Laignel :
 « l’AMF s’alarme de cette proposition qui « priverait les communes et leurs intercommunalités, de 10 milliards de recettes, soit une perte de 36% de l’ensemble de leurs ressources propres … Elle met solennellement en garde contre toute mesure démagogique, non financée et attentatoire aux libertés locales …  Dans une société de responsabilité, à l’opposé de tout populisme, il est légitime que chaque habitant contribue, en fonction de ses moyens, aux charges communes ; c’est le fondement même de la démocratie locale qui est en jeu ».
  Cette mesure, explique l'AMF, serait « démagogique car existent déjà de très nombreux dispositifs d’allègements, de dégrèvements, d'exonération ou de plafonnement de la taxe d’habitation dont bénéficient les habitants ; ainsi, aujourd’hui, 42% des foyers en bénéficient, soit 13 millions de foyers environ ». 
  Elle serait de surcroît « non financée car l’État, depuis longtemps, ne compense plus réellement les conséquences de ses propres décisions ».
  Enfin, cette exonération serait « attentatoire aux libertés locales : en privant de manière autoritaire les communes et leurs intercommunalités d’un tel montant de ressources propres, l’État remettrait en cause leur libre administration et leur capacité d'assurer les services publics essentiels attendus par la population, de l’école à la solidarité ». Maires de droite et de gauche sont vent debout !
  Macron a peut-être marqué un point à gauche mais il se prépare bien des soucis s’il était élu. Il est vrai qu’il n’a jamais exercé de responsabilités locales. Lui, c’est l’Élysée tout de suite ! Maire, c'est une expérience qui lui manque...
  

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