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jeudi 23 février 2017

NOUS SOMMES HEUREUX DE VOUS FAIRE PART DE L’UNION DE FRANÇOIS BAYROU AVEC EMMANUEL MACRON

  Maintenant les choses sont claires. Chacun est à sa place. Une extrême droite populiste, une droite républicaine pacsée au centre droit, une extrême gauche communiste tendance Chavez, une gauche utopiste tendance chichon et une gauche social-démocrate tendance Hollande.
  Bayrou, contraint de renoncer comme son vieux compère Hollande faute de soutiens, est malgré tout arrivé à ses fins, rejoindre la gauche social-démocrate vers laquelle il lorgne depuis des années. Il n’était pas parvenu à conclure avec Ségolène Royal en 2007 mais s’était abstenu au second tour ce qui était une façon de la soutenir.
   À nouveau éliminé au premier tour en 2012, il propose le mariage à Hollande mais il est éconduit. Pas rancunier, il votera tout de même pour lui au second tour, ce que la droite ne lui pardonnera jamais.
  La troisième tentative sera la bonne, Macron finira par lui dire "oui", confirmant ainsi que ni de droite ni de gauche, signifie de gauche. Mais de gauche hollandaise.
  À cet égard, nous sommes en désaccord total avec Le Monde qui titre cet après-midi : "Macron fait le pari du centre en s’alliant à Bayrou". À notre avis, c’est plutôt Bayrou qui finit par tomber là où il penchait : à gauche. Chaque jour qui passe confirme que Macron est le digne successeur de Hollande, son fils politique. Il a joué un rôle déterminant dans l’élaboration du programme de 2012, a été son conseiller à l’Elysée puis son ministre de l’économie. Au moment du bilan, il faudra bien qu’il en prenne sa part.
  Il ne reste plus qu’une étape à franchir pour que l’union du cercle hollandais soit totale : que Ségolène Royal dise enfin "oui" à Macron. Mariage à 3 ? N’est-il pas pour tous ?…
  Tout de même, quelle équipe ! Anti système disent-ils, alors que l’un a été pendant plus de six ans le plus proche collaborateur du président qui a assuré sa fulgurante carrière politique et que l’autre a accumulé les titres et les fonctions à haut niveau politique, ne témoignant pas, il est vrai, d’une grande fidélité à l’égard de ses mentors.
  Bayrou est élu député UDF (parti crée en 1978 à l’initiative VGE) en 1986 sur une liste commune RPR-UDF (Mitterrand avait institué le scrutin proportionnel intégral). Il fera partie, en 1989, de la tentative de putsch menée par une douzaine de "Jeunes rénovateurs", associé notamment à Séguin, Fillon, Barnier, de Villiers… Ils demandent le renouvellement du RPR et de l’UDF avec le remplacement des Chirac, Giscard, Barre, etc. et la création d’un nouveau grand parti unique de droite. Bayrou vient de goûter à la trahison, il en deviendra un expert.
  D’ailleurs, l’affaire fera pschitt et en 1991 il est nommé secrétaire général de … l’UDF par … Giscard qu’il avait pourtant doublement trahi en 1989 puisque qu’au lieu de soutenir la liste conduite par VGE aux élections européennes il avait rallié celle de Simone Veil !
  En 1993, il est nommé ministre de l’Éducation nationale dans le gouvernement de cohabitation de Balladur. Il ne lui faudra que quelques mois pour faire descendre un million de personnes dans la rue contre son projet de réforme de la loi Falloux.
  Il soutient Balladur à la présidentielle de 1995 qui est remportée par Chirac lequel ne se montre pas rancunier puisqu’il le maintien à l’Éducation nationale, portefeuille qu’il conservera jusqu’à l’alternance de 1997. Durant toute cette période, échaudé par son échec sur la loi Falloux, il dirigera son ministère en étroite concertation avec les syndicats.
  Candidat à la présidentielle de 2002 il ne saisira pas l’occasion de marquer sa reconnaissance  à Chirac, candidat sortant, en refusant de se retirer devant son bienfaiteur. Il obtiendra moins de 7% des voix. Seconde offense à Chirac : il lui refusera l’union de l’UDF à l’UMP et constituera un groupe indépendant à l’assemblée, allant jusqu’à voter lui-même la censure contre le gouvernement de Dominique de Villepin.
  Candidat une seconde fois à la présidentielle en 2007, il réalisera sa meilleure performance avec 18% des voix mais derrière Royal et Sarkozy. Que croyez-vous qu’il fit au second tour ? Il refusera de soutenir Sarkozy et, après un flirt platonique avec Ségolène, finira pas voter blanc, provoquant ainsi un éclatement du mouvement centriste. Il crée alors le Modem qui remportera brillamment 3 sièges aux législatives. Il aura trahi même les siens…
  Cela ne l’empêche pas de se présenter une troisième fois à la présidentielle, en 2012. Il n’obtiendra que 9% des voix mais contribuera à l’élection de Hollande par sa campagne antisarkozyste et en annonçant son ralliement à Hollande au second tour. Par la suite, il n’aura pas de mots assez durs contre le président qu’il avait contribué à faire élire.
  Cet historique nous apparaissait nécessaire pour montrer que pour un candidat hors système, il avait un sacré pédigrée en matière d’alliances tactiques et trahisons stratégiques. À la place de Macron, on se méfierait…
  D’autant que ses premières déclarations à Macron témoignaient plutôt d’un amour vache : il n’est « pas prêt » pour la fonction présidentielle, il représente les «forces de l’argent», il est « le faux nez de grands intérêts financiers incompatibles avec l’impartialité exigée par la fonction politique ». Il l’a même traité d’« hologramme, de bulle de savon.» « C'est l'homme politique de Hollande, il a le projet de Sarkozy... c'est le candidat des grands intérêts financiers. » La haine n'est pas le contraire de l'amour, c'en est l'envers, disait Balzac.
  Il est vrai qu’à cette époque il vivait en concubinage avec Juppé qu’il avait rallié lors de la primaire de la droite. Légitimement il aurait dû le suivre lorsque ce dernier, battu par Fillon et respectant la parole donné, se ralliait au vainqueur. Mais non, trop à droite Fillon, comme si le programme défendu par Juppé était de gauche. Mais quand on a renié une fois, on renie toujours.
  En fait, c’est un vrai centriste, tendance ballon de rugby : une fois lancé on ne sait jamais où il va rebondir. Mais ce chrétien pratiquant ne trahit pas, ou alors il ne l’avoue qu’à confesse, il reste fidèle à ses valeurs et ce n’est pas de sa faute si c’est le vent qui tourne et pas la girouette…
  Alors, la question que tout le monde se pose est de savoir ce qu’il peut apporter à Macron. Certainement pas les pauvres 5% de voix que lui attribuaient les sondeurs puisque les mêmes, dans leurs estimations sans Bayrou, constataient que les cinq autres candidats gagnaient chacun exactement un point !
  Peut-il favoriser des transferts de voix ? De Fillon vers Macron ? Mais ceux qui voulaient partir l’ont déjà fait et ceux qui sont restés ont la rancune tenace. De Hamon vers Macron ? On voit mal des électeurs de Hamon rejoindre Macron pour y retrouver Bayrou. Peut-on exclure, à l’inverse, que des sympathisants de Macron le quittent par rejet de Bayrou, les sarkozystes déçus par exemple, ou les Hollandais qui n’ont toujours pas digéré l’hostilité de Bayrou à l’égard du président ? Rien n’est exclu mais il y aura sûrement des reclassements.

  Une seule chose est sûre, c’est que Bayrou vient de rejoindre la cohorte des vieux éléphants En Marche vers leur cimetière.

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