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jeudi 16 février 2017

ENFIN !

  Depuis quelque temps nous partageons sur Facebook les chroniques "du règne de François II". 
  De nombreux amis nous ont rejoint et un grand nombre d'expatriés sont devenus nos lecteurs. Nos plus fidèles lecteurs partagent nos articles et cela fait toujours plaisir de voir que l'on est suivi alors que l'on n'est pas connu. Et oui, nous avons décidé de combattre le FN. Non pas sur ses idées nauséabondes mais sur le tort qu'il fait courir à la France. Racistes, antimondialistes, démago, on savait, mais toucher à notre niveau de vie, à notre patrimoine, renoncer à nos  avantages financiers et sociaux, pas question. 
  Que voulez-vous, les français ont le cœur  accolé au portefeuille. Touche pas au grisbi ! Il faut donc les convaincre que sortir de l'euro et dénoncer les traités européens, est le chemin le plus direct vers la décadence. Et la ruine...
  Nous avons donc publié deux chroniques sur le sujet, sans grand espoir il faut bien le dire.
  Et puis, divine surprise, de nombreux lecteurs ont partagé nos textes. Des personnalités politiques, comme José Rossi, et des professionnels de l'économie, tels que Philippe Crevel et Philippe Dessertine. Ce dernier nous a dressé un commentaire long et argumenté que nous nous devons de porter à la connaissance de ceux qui ne pratiquent pas Facebook. Nous nous permettons de le reproduire ci-après car il mérite réflexion:

"Enfin : "débats"
Combien vaudra notre argent après l’explosion de l’euro ?
Pour l’universitaire, une sortie de la monnaie unique, proposée par Marine Le Pen, entraînerait une rupture tant avec nos partenaires commerciaux qu’avec nos créanciers.
 Au soir de l’élection présidentielle française, l’euro peut imploser. Oui, dès le 7 mai, la réaction en chaîne pourrait débuter, avant que soit connue la nouvelle Assemblée nationale, sans même qu’il soit nécessaire d’un référendum comme voudrait le suggérer Marine Le Pen. Le scénario le plus probable pour une France 2017 choisissant les extrêmes de droite ou de gauche s’inspirerait d’abord de celui du printemps 2012 quand les taux souverains de l’Italie se sont envolés au-delà des 6 %. Peut-être, pour étayer les comparaisons historiques et sortir des simples raisonnements théoriques, est-il nécessaire de rappeler le terreau délétère de cette élection avec quelques chiffres que de nombreux citoyens tentés par le déni de réalité auraient tendance à oublier. Pire que l’Italie il y a cinq ans, la France est sur le fil du rasoir vis-à-vis de ses partenaires monétaires : sa croissance en 2016 est à 1,1 % quand la zone euro réalise 1,7 %, son taux de chômage est à 9,6 %, pas mieux que celui de la zone euro, le déficit de ses finances publiques est de 3,4 % contre 1,7 % pour la moyenne européenne, la dette publique dépasse allègrement les 2 100 milliards, soit 98,4 % du PIB, et surtout cette dette est détenue à 60 % par des créanciers étrangers. Pour parachever ce tableau implacable, il faut citer le déficit de notre balance commerciale de 50 milliards d’euros, notre taux de dépense publique à plus de 56 % du PIB et le taux de prélèvement obligatoire à près de 46 %, soit les plus élevés de l’OCDE ; ces tristes records signifient qu’il n’existe aucune marge de manœuvre pour le ou la future président(e).
En clair, le choix des électeurs pour un programme totalement aventureux en matière de dépenses ou, pire encore, annonçant la possibilité de quitter l’euro entraînerait une double rupture, d’avec nos partenaires et d’avec nos créanciers. Les pays forts de la monnaie unique, Allemagne, Benelux par exemple, n’auront d’autre choix que celui de sauter le pas et de se désolidariser d’une France autant boulet qu’inconsciente. Sur les marchés, les grands acteurs financiers n’auront pas besoin qu’on leur donne le signal de départ : comme pour l’Italie, ils vont « shorter » la dette française, c’est-à-dire la vendre à découvert en misant sur son effondrement certain. Qui pourrait le leur reprocher, quand le pari est quasiment gagnant à tous coups ? Jusqu’à présent, seule la solidarité allemande a permis aux Français de bénéficier de taux d’intérêt en total décalage avec l’inanité de leurs politiques publiques. Ce n’est pas nous qui quitterons l’euro, c’est l’euro qui va nous quitter.
Concrètement, que signifie ce séisme majeur à l’échelle du monde ? Intéressons-nous au seul versant français puisque la survenance d’un tel événement serait le résultat d’une volonté de ne plus se préoccuper de nos voisins et de privilégier nos seuls intérêts. L’effondrement de notre monnaie redevenue autonome obligerait d’abord à un blocage des comptes bancaires et d’épargne par le gouvernement, pour contrer la fuite des capitaux qui d’ailleurs commencerait dès l’entre-deux tours. Cette fois, la référence historique dont se souviennent les générations plus âgées est celle des années 1981-1983, quand les dévaluations se succédaient les unes après les autres et que le ministère des Finances assistait, impuissant, à l’effondrement de la devise française sur les marchés. Il faudrait parer toutes les attaques à la fois. Le contexte de mai 2017 sera quoi qu’il en soit hyper inflammable en raison d’une combinaison inédite de facteurs de risques, avec entre autres le Brexit, la nouvelle Administration américaine, la tension géopolitique alimentée par le Russe Poutine et le Turc Erdogan, la menace migratoire et terroriste, sans parler de l’inconnue chinoise ou nord-coréenne.
La France devrait donc faire face simultanément à un énorme renchérissement de ses importations et à un étranglement financier. La référence que fait au passage Mme Le Pen à Donald Trump pour la politique qu’elle souhaiterait mettre en œuvre est de ce point de vue totalement surréaliste : le « trumpisme » n’est possible que grâce à l’autonomie énergétique des États-Unis depuis moins de trois ans grâce au pétrole de schiste, d’une part. D’autre part, les États-Unis peuvent toujours compter sur le dollar, la pierre angulaire du commerce mondial que la communauté internationale doit bon gré mal gré soutenir ; d’autant plus qu’en période de tensions il devient la monnaie refuge et entraîne un rapatriement général des fonds vers Wall Street. Enfin, last but not least, le marché américain est le plus dynamique du monde et peut suffire à lui seul (dans une certaine mesure) à soutenir une économie décidant d’un principe isolationniste. Non seulement la France ne dispose pas de ces atouts, mais il s’agit même en creux de ses handicaps les plus forts.
Les taux français atteindraient très vite un niveau insoutenable. Pour ne pas faire défaut vis-à-vis des prêteurs étrangers, il n’y aurait d’autre solution que de bloquer indéfiniment la dette détenue par les Français, l’assurance-vie, l’épargne et les comptes courants importants (le scénario grec mais sans l’Europe). La très forte hausse de l’inflation entraînerait une perte gigantesque de pouvoir d’achat tandis que des pénuries sur de nombreux biens se feraient sentir, brisant net toute perspective de croissance au moment même où le plus grand des enjeux est d’investir dans le nouveau modèle économique. Au moins, l’égalité serait rétablie, tous y perdraient : les épargnants, les gros revenus encore en France, les petits revenus, les entreprises et les administrations. Un vrai concept égalitaire ; un vrai choix politique, c’est le moins que l’on puisse dire.

PHILIPPE DESSERTINE
   

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