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dimanche 8 janvier 2017

VALLS : DES RATÉS DANS LE MOTEUR

  "Dans la vie il faut avoir une idée simple et s’y tenir" dit une maxime populaire. Manuel Valls la suit à la lettre : Il n’a qu’une seule idée, simple et à laquelle il se tient : devenir président de la République. Pour décrire sa stratégie, on aurait pu évidemment utiliser la métaphore chorégraphique de la valse mais elle est bien éculée et ne convient pas car la valse classique est à trois temps. C’est la mécanique et le moteur à quatre temps qui  lui conviennent le mieux. Lui-même préférerait sûrement  être comparé à un moteur plutôt qu’à un valseur...
  Valls possède une grande qualité pour les commentateurs politiques. Pour savoir ce qu’il pense aujourd’hui il suffit de prendre le contraire de ce qu’il a dit avant-hier. Quant à ses projets pour demain il faut s’attendre à ce qu’ils soient à l’inverse de ce qu’il a fait hier. Le problème est qu’à la fin on est tellement enfumé que l'on ne sait plus trop bien où il nous conduit.
  Voici comment fonctionne  le moteur Valls à quatre temps dont nous verrons qu’ils ont du mal à être en concordance.
  Le premier temps (le temps des primaires en 2011) consiste à mélanger de l'air avec un carburant facile à injecter. De l’air, Valls n’en a jamais manqué pas plus que de carburant qui est pour lui la provocation. À ce stade, il s’agit simplement de se faire remarquer et d’attirer la sympathie par un discours nouveau et courageux. C’est le temps des idées iconoclastes qui font choc et de la séduction (il est le gendre parfait, pensaient les mamans ayant une fille à caser !). Politiquement, l’effet ne fut pas immédiat et il n’obtint les votes que de 5% des électeurs à la primaire socialiste de 2011. Pourtant, il avait fait fort avec ses propositions : augmentation de la TVA (TVA sociale), déverrouillage des 35 H, suppression de l'ISF, loi de programmation garantissant en cinq ans le retour aux équilibres budgétaires, référendum sur la sortie du nucléaire, droit de vote aux résidents étrangers, quotas d’immigration par métiers, refus du retour à la retraite à 60 ans, passage de 140 à 180 jours d’école, opposition à la création des 300.000 emplois jeunes inscrit au  programme du PS, construction de nouveaux centres fermés et de nouvelles places de prison, annulation des éxonérations d'impôts et de cotisations sociales sur les heures supplémentaires "qui coûteraient très cher et seraient défavorables à l’emploi"
  Provocation suprême, enfin : « Il faut transformer de fond en comble le fonctionnement du PS, nous dépasser, tout changer : le nom, parce que le mot socialisme est sans doute dépassé; il renvoie à des conceptions du XIX° siècle. » 
  Que dirait-il  si Macron, qui lui a succédé dans le rôle du jeune qui veut tout changer, ne proposait ne serait-ce que le dixième ? Qu’il s’agit d’un programme d’une "violence extrême" ? 
  Vient alors le deuxième temps (le temps des ministères) : démontrer que le beau jeune homme est devenu un homme, exhiber une virile gestuelle, muscles bandés, menton dressé en avant. Pour que cela se remarque il faut être dans l’action et donc assumer des fonctions de grande responsabilité, ministre de l’intérieur, premier ministre. Même pas peur. 
  Après le premier temps qui fut celui des idées, le second devait être celui de l’autorité dans l’action. C’est à ce moment précis que nous sommes tombés en dépression. On attendait Valls, ce fut Hollande ! Certes, il a été fidèle défendant sans barguigner les idées de son patron bien qu’elles fussent opposées à celles du candidat à la primaire qu’il avait été.
  Jusqu’au coup de poignard final qui ouvrait le troisième temps (le temps de la campagne à la primaire pour 2017) par une étincelle déclenchant le mouvement du moteur. Normalement, il devrait démarrer et propulser la machine vers la victoire. Mais en fait d’accélération nous ne percevons que des ratés. Les mécaniciens s’affairent pour en trouver la cause. Les plus perspicaces expliquent que l’on ne doit jamais démarrer un moteur en marche arrière. C’est pourtant ce qui s’est passé. Valls a choisi de reculer et d’annoncer un programme différent de l’action qu’il a lui-même menée à Matignon. Pas sous un précédent quinquennat mais il y a moins d' un mois...
  Avant de se remarier la loi impose ce que l’on appelle un "délai de viduité" (durée minimum avant de contracter une nouvelle union après un divorce ou un décès afin d’éviter toute confusion de paternité). Le terme n’est pas très élégant, préférons-lui celui de délai de décence.
  En réalité, le risque de confusion de paternité est moindre que celui de désaveu de paternité. Parce que si l’on a bien compris(*), le recours au 49.3 fut une erreur et il allait changer cela. La déchéance de nationalité, il l’assume alors que Hollande reconnaît l’erreur. En revanche, il veut maintenir le CICE et la Pacte de Responsabilité et quand on lui fait remarquer que cela aurait permis la création de 150.000 emplois pour un coût de 40 milliards, soit 266.000 euros par emploi, il répond « Le rendement est faible ? Oui, mais il faut poursuivre ». « Non, il n’y a pas de crise culturelle en France » mais « la laïcité n’est pas compatible avec le communautarisme. » Vous n’avez pas évacué  Notre-Dame-des-Landes comme vous l’aviez promis après le référendum ? « C’est le problème du gouvernement actuel. Il lui reste quatre mois ! »
  Valls vient de se doter d’un nouveau slogan : « Une République forte, une France juste ». Parce que ce n’était pas le cas quand il gouvernait la France ? Ce n’est plus le cas depuis qu’il est parti ?
  Le moteur redémarre et cale à nouveau. Il répète souvent  « Il n’y a pas de réponse précise, concrète… » Il vient de découvrir l'ampleur du défi : rallier les frondeurs, contrer Mélenchon, éliminer Macron, tout cela avec un seul moteur qui donne bien des signes de faiblesse.
  Le quatrième temps est à venir(l'élection présidentielle), qui est celui de l’ouverture de la soupape d’échappement. Seront-ce les électeurs de Valls qui s’échapperont ?
  Mélenchon a posé une question intéressante : « A quoi bon un candidat PS puisqu'une candidature socialiste est aujourd’hui sans projet et sans avantage électoral ? » 
  Méchant! Mais  cela prouve au moins que, contrairement à ce qu’il affirme, il consulte les enquêtes d’opinions et qu'il ne se désole pas de constater que le candidat issu de la primaire de gauche terminerait, dans tous les cas de figure, cinquième au premier tour de la présidentielle.


 (*) « L’émission politique »- France 2, le 5 janvier 2017. 

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