Adresses

BLOG : http://www.francois-2.com/
o
u : http://francois-2.blogspot.com/
MAIL: agvialain@gmail.com


AUTRES BLOGS

Les 500 derniers jours du PS, avant la présidentielle de 2012:
Campagne 2012 de François Hollande
agv-solferino2012.blogspot.com/
agv-solferino2012.blogspot.fr/



« TOUT PARTI VIT DE SA MYSTIQUE ET MEURT DE SA POLITIQUE » (Charles Péguy)

vendredi 20 janvier 2017

QUI GAGNE PERD

   La primaire organisée par le parti socialiste aura eu au moins un intérêt, celui de faire le point sur l’état de la gauche aujourd’hui. Ce qui est frappant, c’est le poids du passé. Au fond, pas grand-chose n'a changé, toujours autant de chapelles même s’il y a moins de fidèles et s’ils se répartissent dans des proportions différentes.
   En fait, la gauche française se partage en cinq grandes familles, hors marginaux qui se sont autodétruits (écologistes, trotskistes, léninistes…) :
 1/Les néo-marxistes, coupeurs de têtes des capitalistes, patrons et autres eurocrates. Ils sont contre la mondialisation, contre l’Europe, contre le libre-échange. Ils parlent au nom du prolétariat sans même s’être aperçus de sa disparition. Ils admirent Castro, Chavez, Tsipras et ils détiennent un fragment du vrai marteau de Lénine.  
 2/Les utopistes rêvent, debout la nuit, à une nouvelle société plus juste, plus heureuse, plus égalitaire. Changer la société, c’est facile, il suffit de le décider et de l’imposer en se libérant des contraintes économiques et financières, de dépenser autant que nécessaire, de taxer autant que de besoin. Au passage,  on en profitera pour changer le monde qui devra cesser de nous faire obstacle.
 3/Les étatistes considèrent que l’État peut tout et doit tout. Réglementer l’économie, imposer sa volonté aux entreprises, augmenter la croissance et le pouvoir d'achat par la demande en dépensant plus, en taxant plus et en faisant appel à la solidarité de nos partenaires européens. Dans leur intérêt...
 4/Les sociaux-démocrates, sont devenus idéologiquement responsables. Ils sont entrés dans la mondialisation et ne considèrent plus que concurrence et compétitivité sont des gros mots. Mais ils ont toujours le verbe à gauche et sont écartelés entre une politique économique de l’offre qui passe par allègement des charges des entreprises et le "toujours plus" de l’assistanat social, les deux ayant pour effet de laisser dériver les dépenses publiques et la dette de la France. A trop pratiquer le grand écart, ils sont tombés par terre à patauger dans le ruisseau.
 5/Les Ni-Ni sont jeunes et modernes, ce qui n’est pas forcément un pléonasme. Pour eux, la solution passe par la liberté qu’il faut rendre aux français, dans tous les domaines. Ils se méfient des idéologies et des partis, de droite comme de gauche, qui les véhiculent. Ce sont des sociaux-libéraux. Ils sont réalistes. Tellement réalistes qu’ils n’ont pas vraiment de programme.
  Vous l’aurez deviné, les participants de la primaire se répartissent entre trois de ces cinq catégories, celles du milieu, entre les deux bouts de l’omelette dont se sont emparés, hors primaire, Mélenchon, pour le bout de gauche, et Macron, du bout de droite.
   Les utopistes sont avec Hamon tandis que les étatistes ont rejoint Montebourg. Ce qui les sépare c’est essentiellement le rapport au travail. Le premier, qui ne croit plus à la croissance,  prédit et souhaite son dépérissement, le second veut le protéger et le valoriser en augmentant la production made in France. Ce qui les rapproche c’est l’indifférence à l’égard des déficits et de la dette.
   Les socio-démocrates, qui revendiquent l'exercice du pouvoir, sont prêts à opérer des "accommodements" (comme le dit à propos du communautarisme) avec les "valeurs de la gauche". L’important est d’avoir les postes et les fauteuils qui vont avec. Ils ont compris qu’ils avaient toutes les chances de les perdre et ils sont déjà tournés vers la reconquête. La primaire constitue la première marche.
   La grande question est maintenant de savoir qui est compatible, ou réconciliable comme dirait Valls, avec qui et quelles alliances sont possibles.
   On n’a jamais retiré le centre d’une omelette pour en joindre les deux bouts. Donc Mélenchon et Macron ne vieilliront pas ensemble.
   En revanche, depuis que le mariage pour tous existe, toutes les autres combinaisons sont envisageables, en commençant, s’il le faut, par un PACS. Le couple le plus naturel serait Hamon et Montebourg mais pour s’unir il faut, sinon de l’amour, du moins un minimum de tendresse. Or, ils n’ont pas l’air de se supporter ces deux-là. C’est exactement la même chose pour le couple Valls-Macron, proches idéologiquement mais se détestant tout autant. Pourtant, si le mariage est peu probable, la raison pourrait les conduire à des alliances d’intérêt. Si ce n'est pour gagner la présidentielle, dont le vainqueur de la primaire aura toutes les chances d’être le grand perdant du premier tour, du moins pour reconstruire la gauche de demain.

   On dit souvent que la gauche va perdre parce qu’elle est divisée. Mais c’est une erreur. Elle est divisée parce qu’elle va perdre. S’il y avait un candidat de gauche possédant les plus grandes chances de gagner la présidentielle tout le monde serait assis autour de la table, même les traîtres, comme dans la Cène de la Bible, à se partager les faveurs du Messie. Mais comme cela n’est pas le cas, les disciples ne pourront que se disputer les restes avant de s’en aller, chacun de son côté, monter sa petite entreprise.

Aucun commentaire: