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jeudi 12 janvier 2017

MONTEBOURG, LE BEL-AMI

 Ils sont sept mais que François de Rugy, jean-Luc Bennahmias et Sylvia Pinel nous pardonnent, nous ne leur ferons pas le portrait. Leur candidature à la primaire de la gauche n’a pour objectif que de faire parler d’eux, nous ne le ferons donc pas. "De minimis non curat praetor".
  Nous avons déjà évoqué Peillon, Valls, Hamon. Il ne nous restait plus que Montebourg parmi les candidats qui ont quelques chances de remporter la primaire. Il était temps, puisque le premier débat, c’est ce soir.
  Montebourg est infidèle. C’est normal, il a beaucoup de succès et de très nombreuses relations. Pas de malentendu, nous ne songeons pas à sa vie privée, ce n’est pas le genre de la maison, mais à ses amitiés politiques. Curieusement, Montebourg est plutôt un homme seul, il n’a jamais eu de maître, n’appartient à aucun clan, n’a pas de proches ni d’équipiers dévoués. Il a des amis et il fait des alliances. Jamais pour très longtemps ; il peut tout aussi bien faire ami et alliance que fâcherie et sécession, avant parfois de recommencer.
  C’est ainsi qu’il a été ami et associé de Peillon, puis de Julien Dray et Hamon, ensuite avec Moscovici et Cambadélis, il soutiendra Royal puis Aubry avant de se rallier à Hollande contre cette dernière à la primaire de 2011. Nommé ministre, il montera une conjuration avec Hamon et Valls pour imposer à Hollande de nommer ce dernier à la place de Ayrault. Il en sera remercié, comme Hamon, par une promotion ministérielle. Puis, comme il le déclare alors à Valls alors même qu'il prenait ses fonctions : « Maintenant il faut dégommer pépère »(*). Le nouveau premier ministre refuse mais Hamon et Montebourg s’y attellent, ce qui les fâchera avec Valls lequel finira tout de même par poignarder pépère. Mais entre-temps les deux compères ayant abusé de la fameuse "cuvée spéciale du redressement" ont humilié le président ce qui les conduira hors du gouvernement. Cette fois, la guerre est bien déclarée.
  Voilà très résumée la "carrière" de Montebourg jusqu’à sa candidature à la primaire qui le désignera, pense-t-il candidat de la "Belle alliance populaire". 
  On ne peut pas, en effet, parler de primaire de gauche car deux autres concurrents fort dangereux, Mélenchon et Macron, se présenteront directement à la présidentielle. La véritable utilité de cette primaire serait donc de désigner le candidat socialiste qui affrontera les deux dissidents dans un match dont l'enjeu sera de distribuer la cuillère de bois à celui qui sera le dernier des trois. Pour l'instant, cette place serait la cinquième, les deux premières étant préemptées par le candidat de la droite et du centre et la candidate  du Front national. C'est dire si la primaire de la Belle alliance s'annonce passionnante...
  Mais revenons à Montebourg. À priori, il ne présente pas toutes les qualités pour occuper la fonction suprême, pompeux dans l’expression, une autosatisfaction qui confine à l'insolence, jamais avare de plaisanteries douteuses ni de bourdes vexatoires. Mais surtout, il n’a pas de troupe et on voit mal quelle majorité il pourrait conduire. Don Quichotte, au moins, avait Sancho Pança. 
  Pourtant diverses enquêtes d’opinion font de lui le favori, au second tour devant Valls. Il est intéressant de noter que son score varie en fonction des hypothèses sur le nombre de votants. Plus ce dernier est élevé et plus il a de chances de gagner. Moins il y a de votants et plus grandes sont celles de Valls. Ce qui conduit à se demander si les intentions de vote ne sont pas plutôt anti-Valls que pro-Montebourg.
  Dans cette hypothèse le résultat se jouerait, non pas sur le programme, mais uniquement sur les ralliements au second tour de la primaire. Si l’objectif est de poursuivre avec Valls le grand ménage afin de le sortir à son tour du jeu politique, on peut s’attendre à ce qu'anciennes amitiés et ligues dissoutes ne se reconstituent entre Montebourg, Hamon et Peillon.
 Des ministres virés par Hollande opposés au premier ministre qui a achevé Hollande ? Un candidat socialiste, présentant toutes les chances de se faire humilier dès le premier tour de la présidentielle ? Beau bilan vraiment !
  Que le spectacle commence...


(*) Alba Ventura dans l’émission « La guerre des gauches : les enfants terribles » sur France 2, le 8 Janvier 2017

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