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dimanche 29 janvier 2017

LA MORALE NE JUSTIFIE PAS TOUT

   Le Pen, Hamon, Mélenchon, Fillon, Macron, sont ce soir les principaux candidats à la présidence de la République. Ils possèdent chacun leur propre légitimité démocratique confirmée par les urnes, les primaires ou les sondages. Sommes-nous vraiment satisfaits du choix qui nous est offert ? Il est normal qu’en fonction de nos idées nous en soutenions un, peut-être même que nous hésitions entre deux. Mais le plus frappant dans cette campagne, c’est le désaccord qui règne au sein de chaque courant qui parfois confine à la haine, plus qu’entre les adversaires.
  Les français ont voulu faire le ménage et balayer les ténors qui occupaient l’avant-scène depuis des lustres. Ils ont donc poussé sous le tapis successivement Hollande, le président sortant, son ex-premier ministre Valls qui paraissait pourtant son successeur naturel, l’ancien président Sarkozy, l’ancien premier ministre Juppé.
  C’est la démocratie. Encore faudrait-il qu’à la fin il reste quelques quilles debout. Or, elles ne paraissent pas toutes solidement installées.
  Fillon, vainqueur de la primaire de la droite parce qu’il paraissait le plus à même d’éliminer les deux autres ? Aujourd’hui le doute s’insinue sur ses chances et certains se délectent même à l’idée qu’il pourrait être contraint de se retirer en raison de ce que l’on appelle le Pénélope-Gate.
  Nous ne fouillons jamais dans les poubelles et ne gloserons donc pas sur les attaques menées contre le couple Fillon. Nous n’en parlons que parce que c’est lui qui l’a dit : il pourrait renoncer à se présenter s’il était mis en examen. Vous imaginez la droite, aujourd’hui majoritaire dans le pays, avec un candidat vainqueur de la primaire à une forte majorité, contraint de renoncer ? Rude coup pour la démocratie !
  Mais le mot à la mode aujourd’hui est que "rien n’est sûr". C’est vrai. Même le pire. La route est longue et incertaine d’ici la mise en examen. Le mieux est donc de prendre du recul et de remettre les choses à leur place.
  Quels sont les deux présidents préférés des français, si l’on excepte de Gaulle, hors catégorie ? Mitterrand et Chirac. Le premier a fait prendre en charge par la République pendant 14 ans les frais de sa seconde famille, installée dans les plus beaux logements de la République, protégée par les services de l’État, transportée aux frais de la princesse. Cela ne nuit en rien à sa mémoire et il reste la référence de la gauche. Le second a subi les sanctions de la justice pour des affaires qui toutes ont eu des répercussions financières sur les contribuables. Il est l’homme de droite le plus aimé. C’était avant ? La morale est-elle temporelle ?
  N’empêche, si la justice considère qu’il a commis une faute, même dérisoire par rapport à ce que l’on a pu reprocher à ses prédécesseurs et même s’ils sont encore nombreux dans ce cas (le président de l’assemblée n’emploie pas sa femme, il a épousé son assistante, en tout bien tout honneur !) Fillon a eu raison de dire qu’il en tirerait toutes les conséquences. La vie politique n’est pas un champ de roses et l’on a tort de critiquer ceux qui la font. Ils se donnent du mal et de la peine. Ils en reçoivent même.   
   La gauche socialiste se trouve, elle aussi, dans une situation délicate avec un président sortant incapable de se représenter devant les français tandis que le N° 2 de l’exécutif est éliminé à la primaire de gauche. Rude coup pour le socialisme !   
   Maintenant, ils ont Hamon. Ils peuvent rêver à tout tant qu’Hamon n’aura pas arrêté de fumer. Mais quelle chance d’être élu ? Premier secrétaire du parti socialiste peut-être, mais ce serait le grand bond en arrière. Et ne va-t-il pas dès demain commencer à subir des pressions pour se retirer lui aussi, si les sondages continuent à le laisser loin derrière les deux autres candidats de gauche ?
   Il est vrai que Mélenchon tient la forme. Mais c’est tout de même curieux cette tendance actuelle de la gauche de la gauche française, d’aller chercher leur inspiration auprès de modèles étrangers et étranges.
  Nous avons fait l’effort de regarder les politiques prônées par Hugo Chavez, Aléxis Tsípras et Beppe Grillo. Il n’y a pas une seule mesure proposée par nos deux compères que l’on ne retrouve chez ces trois figures emblématiques du démago-populisme. Que ce soient les dépenses sans compter, les déficits sans limites, la dette qu’il suffit de ne pas rembourser, l’Europe qu’il faut renverser avec sa monnaie unique et, bien entendu, le revenu universel.
  Le premier, paix à son âme, a mené son peuple, pourtant assis sur une gigantesque rente pétrolière, au fond de la plus profonde misère. Le second avait prévenu qu’il allait renverser la table et imposer sa volonté à l’Europe. Il est devenu doux comme un agneau, a renoncé à ses chimères et tend la sébile pour essayer de boucler son budget. Le troisième, au bord du pouvoir, a le vent en poupe et il a déjà remporté de grands succès locaux, notamment la mairie de Rome où le désordre et la corruption se sont installés. Inquiétant pour la démocratie!
   Nous avons aussi Macron, dont le boulevard qui s’ouvre devant lui ne cesse de s’élargir et qui s’apprête à accueillir les déçus de la primaire de gauche, ceux qui auront voté pour Valls, et les déçus de droite, ceux qui auront voté Sarkozy ou Juppé, et peut-être demain les déçus de Fillon s’il ne parvenait pas à surmonter les soupçons.
  Du coup, Macron devient la prochaine cible du jeu de massacre. Déjà de mauvais esprits l’accusent d’avoir utilisé les frais de représentation de son ministère pour financer le lancement de sa campagne. Détournement de fonds, rien de moins. Peu de chance que cela ne prospère mais il y a plus grave, la rumeur et les basses attaques sur sa vie privée. La loi interdit de s’en faire l’écho mais cela bruisse dans les dîners en ville et les médias sont experts en diffusion de poison. Que faire contre la calomnie, « la rumeur, cette vérité qui se promène comme un mensonge, de bouche à oreille, qui ne fait pas réfléchir les gens, qui passe comme un soupir au-dessus du vent »? Rude coup contre la démocratie !
  Nous entendons les lamentations qui montent : tout cela fait le jeu du front national, nous finirons bien par avoir Le Pen ! C’est vrai que de ce côté nous sommes assurés de trouver la probité revêtue de lin blanc. Tu parles ! Qui est-ce qui a fait rémunérer son mari par le parlement européen alors qu’il était élu régional dans le Languedoc-Roussillon et qui croule sur les demandes de remboursements par l’Union européenne pour les multiples assistants, chauffeur, garde du corps et collaborateurs qu’elle-même, son papounet chéri et divers députés européens ont employés à des fins autres que celles pour lesquelles ils étaient payés ? Et oui, Madame Le Pen et ses amis. Bonne nouvelle pour la démocratie ?
 Moralité : comparaison n’est pas raison, certes. Mais si la morale doit être défendue, la calomnie doit être combattue. Alors, on se calme…

 « Il n’y a pas de phénomènes moraux, il n’y a que des interprétations morales des phénomènes. » («Par-delà le bien et le mal Prélude d’une philosophie de l’avenir", Friedrich Nietzsche)

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