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mercredi 11 janvier 2017

HAMON, L’HOMO SOCIALIS

  S’il n’en restait qu’un ce serait lui. Hamon est un socialiste primaire. Non pas au sens péjoratif du terme mais comme on le dit d’une forêt primaire qui a conservé la pureté de ses origines, qui n’a pas été influencée par le temps ni par les hommes, immuable.
  Hamon c’est pareil. On a l’impression qu’il est né au congrès de Tours en 1925. Son physique même rappelle les premiers socialistes. Pas les grandes figures comme Jean Jaurès, ce colosse à la barbe fleurie, ni Pierre Maurois à la prestance impressionnante. Tous les deux orateurs d’exception, idoles des meetings. Non, Hamon c’est le militant socialiste de base que l’on s’attend à croiser au bistrot à la sortie de l’usine en compagnie de syndicalistes de chez Renault et de camarades du parti. L’homme est simple et sympathique, quand il voyage en seconde classe pour tenir réunion en province il ne met ni costume ni cravate mais se réchauffe sous un Kway. Et quand il parle son discours parait tout droit sorti des archives de l’INA avec des mots et des expressions qui font revivre le socialisme des origines. Hamon, c'est la gauche vintage…
  Au moins, la primaire de la gauche aura eu un intérêt, celui de retrouver un Hibernatus socialiste qui aurait peut-être disparu s’il n’avait pas eu le courage de présenter sa candidature. La plus grande découverte depuis celle de Lucy, l’Australopithécus africensis, par Yves Coppens en 1974. C’est toujours pareil, au début les experts ont tendance à ricaner puis la vérité finit par s’imposer : le socialisme primaire n’a pas disparu !
  Il a survécu aux grands bouleversements des temps modernes. La mondialisation, il ne connaît pas. La libre circulation des hommes et des capitaux, il ne sait pas ce que cela représente. Que l’État soit obligé de faire des économies lui parait une idée étrange. Les déficits publiques sont dans la nature des choses. Comment, d'ailleurs, l’État pourrait-il être en déficit ? Encore moins en faillite. La dette publique, voyons, n’est pas faite pour être remboursée et elle est sans limite ! Il ne veut pas croire qu’il y a désormais dans tous les espaces publiques, dans les communes de gauche comme dans les autres, des caméras pour surveiller et filmer les citoyens. Ce sont des idées de réactionnaires. Il ne croit rien de tout cela parce qu’on lui a toujours répété que les faits n’existaient pas et que seules comptaient les idées.
   Alors il se frotte les yeux, se  réveille et il se met à faire ce qu’il a toujours fait, il parle. Un torrent de mots que rien n’arrête. On ne comprend pas tout parce que nous n’avons pas su, nous, échapper à l’évolution et que nous avons été pollués par le monde extérieur, mais on reconnaît des mots ou des formules qui reviennent régulièrement et qui évoquent en nous quelques échos.
  Fermons les yeux et écoutons le bon son grésillant des vieux 78 tours : baisse et partage du temps de travail, émancipation des travailleurs, revenu universel protégeant de la précarité (350 milliards au minimum, 700 selon Montebourg !), droit de veto des salariés dans les entreprises sur les décisions stratégiques, composition des conseils d’administrations en trois tiers : salariés, consommateurs, actionnaires, chèque syndical, privilégier l’économie sociale et solidaire, revalorisation du SMIC, des minima sociaux, du point d’indice de la fonction publique, recrutement de fonctionnaires, droit inconditionnel au temps partiel avec compensation salariale, retour à l’ancien code du travail sauf pour y intégrer les nouveaux droits. Tout cela, depuis le temps, on l’a déjà entendu.
  Mais arrêtons-nous sur une proposition qui permet de comprendre le logiciel socialiste vintage. Nous sommes confrontés à une évolution qui risque de devenir une révolution dans le monde du travail : l’apparition des robots intelligents qui vont prendre les emplois des salariés. Heureusement qu’il n’y a pas que les robots qui sont intelligents ! Hamon a la parade : taxer les robots comme s’il s’agissait d’employés. La croissance a résulté de la mécanisation qui a augmenté la compétitivité. Mais pour préserver la compétitivité il n’est pas possible de taxer encore plus le travail, donc on va taxer les machines. Pas bête ! Avec un risque toutefois : et si les robots se mettaient en grève pour obtenir les mêmes droits de travailleurs ? Bah, de toute façon il faut réorganiser complétement le modèle de production et ne plus faire de la croissance une priorité.
  Une France indépendant et protectrice : sortons de la contrainte de la dette et décidons de l’annulation des emprunts contractés par les pays de l’UE les plus endettés, pour l’avenir introduisons la mutualisation totale de la dette européenne, décidons d’un SMIC européen équivalent à au moins 60% du salaire moyen. Ouvrons-nous aux réfugiés en décidant d’une répartition autoritaire entre les pays membres de l’Europe et accompagnons cette mesure d’une allocation d’insertion. Enfin, pour en finir avec l’Europe de la rigueur, déclarons un moratoire sur le Traité instituant le Pacte de stabilité de façon à mettre fin aux règles actuelles sur les déficits. Mais ne nous y trompons pas, Hamon ne songe pas un instant au Frexit. Il tient à l’Euro, il est européen ! Faudrait pas confondre avec Mélenchon…
  Passons rapidement sur les bouleversements institutionnels qui modifient la durée et la nature du mandat présidentiel, supprime le sénat pour le remplacer par un chambre dans laquelle composée à parts égales de représentants de la société civile, d’un collège citoyen ( ?) et d’un collège des territoires. Nouvelle version des trois états d’avant la Révolution.
  Et puis, aussi, liberté pour les parlementaires d’amender le budget pour en augmenter les dépenses sans recettes supplémentaires en contrepartie, le 49.3 qui devient "citoyen" (1% du corps électoral pourrait suspendre l’application d’une loi jusqu’à un an après sa promulgation pour qu’elle soit soumise à référendum), et encore annulation de toute élection si le taux d’abstention additionné au vote blanc dépasse 50% et tant d’autres projets encore… Si vous ne vous sentez pas bien fumez un petit joint, le cannabis est légalisé !
  Vous aimez la Grèce, n’est-ce pas ? C’est tout plein d’antiquités… et là-bas aussi on a découvert un socialopithéque.

  Alors, votez Hamon ! Ce sera comme si vous y étiez…

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