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jeudi 15 décembre 2016

LA GRANDE BRADERIE

  Vous en avez assez, hein, de cette bande ? Eh bien on va vous en débarrasser.
  Ce n'est plus un ancien président qui parle, il a été lui-même balayé. Il ne s'agit pas non plus de voyous mais des grands leaders politiques karcherisés par les électeurs eux-mêmes, toutes tendances politiques confondues, qui ont entrepris d’éliminer tous les éléphants qui occupent la place depuis des décennies.
  À tout seigneur tout honneur, commençons par le président de la République contraint par des sondages à l’abdication, sans avoir désigné son héritier. Une primaire va s’en charger dans quelques semaines mais elle fera sûrement des dégâts chez les battus. Le premier ministre qui vient de démissionner pour affronter cette primaire sera-t-il à son tour éliminé ? Après le monarque, le dauphin ? En tout cas la conspiration bat son plein qui multiplie les candidatures destinées à l’abattre.
  À droite, la question est déjà réglée. Alors que tous les yeux étaient rivés sur le combat mortel que devaient se livrer les deux cracs, ils ont été, au moment décisif, devancés par un mâle isolé qui les a supplantés par surprise. Il n’en reste donc plus qu’un mais il devra se méfier des soupirants évincés.
  Les verts nous ont offert une pure comédie à l’issue de laquelle la grande favorite a été éjectée dès le premier tour de leur primaire au profit d’un quasi-inconnu alors qu’un dissident ira affronter la primaire socialiste en même temps que le ridicule.
  Les communistes, poursuivent leur descente aux enfers en nous présentant un spectacle inimaginable : alors que le secrétaire national du PC avait décidé de soutenir leur ancien allié du Parti de Gauche (c’est-à-dire d’extrême gauche), il a été désavoué par les cadres du parti réunis en une conférence nationale qui s’est prononcée pour une candidature interne ; ils ont été par la suite eux-mêmes contredits par l’ensemble des militants qui ont décidé de revenir au choix de leur secrétaire national. Mon pauvre Lénine, ils sont vraiment devenus fous…
  Le centre ? Disons-le tout net, il n’y en a plus. Ou, plutôt, il y en a tellement, éparpillés en une myriade de pseudo-partis, que l’on ne sait plus où donner de la tête. On en vient même à redouter que notre candidat historique, réduit à diriger un parti sans adhérents et dont les électeurs tombent les uns après les autres sous le charme d’un jeune séducteur, qui multiplie les conquêtes à droite et à gauche, renonce à une quatrième candidature.
  Ils sont et seront donc nombreux à pouvoir dire : « La primaire m’a tuer ! »
  Nous n’avons pas oublié le FN mais chacun sait que ce n’est pas un parti, c'est une Famille qui choisit le parrain dans sa lignée. Pourtant, il n’est pas lui-même épargné par les mouvements tectoniques qui font trembler tous les partis. Lui aussi est traversé par une faille qui le divise en deux camps irréconciliables, le FN dédiabolisé, d'une part, défenseur des faibles et le FN canal historique, d'autre part, libéral en économie et conservateur sur les sujets de société -la tante et la nièce- et qui pourrait menacer son unité après la présidentielle si, comme les sondages le disent aujourd’hui, le score du FN n’était pas aussi élevé que l’on fait mine de la redouter. La droite extrême, comme l’extrême gauche, ne sont plus ce qu’elles étaient...
  En fait, les deux candidats qui montent et qui pourraient faire grand tort aux partis traditionnels sont précisément des candidats sans partis qui gèrent eux-mêmes leur petite entreprise.
  Mais les hommes abattus ne sont que des arbres qui cachent la forêt. La vraie question désormais est de savoir à quoi servent les partis politiques.
  Un parti politique à deux fonctions essentielles. La première est de définir une idéologie, de fixer la ligne politique et de proposer aux électeurs un programme de gouvernement. La seconde est de désigner le candidat qui les représentera aux élections, l'élection présidentielle évidemment mais pas seulement. Or, avec les primaires, ce sont les citoyens, des millions de votants (sans que l'on sache si ce sont des militants, des sympathisants engagés ou des adversaires cherchant à éliminer celui qui leur parait le plus dangereux), qui choisissent le candidat. Ce dernier aura donc été désigné pour représenter un parti sans qu'aucune instance de ce dernier ni ses adhérents n’aient eu leur mot à dire. Quant au programme ce sera celui décidé par le vainqueur, pas celui rédigé par le parti. D'ailleurs, l'heureux élu devient ipso facto le patron du parti qu'il peut réorganiser à sa guise, sans rendre compte à personne.
  En fait, comme l'on vient de le voir avec la primaire de la droite et du centre, les partis, LR notamment mais ce sera aussi le cas du PS, ne se sont même pas donné la peine d'élaborer un programme. On a vu le tort que cela a causé à Hollande puisque c'est la véritable raison des frondeurs, ceux qui avaient voté pour Aubry ou Montebourg, et qui n'ont jamais accepté de voir leur propre programme jeté à la corbeille par leur candidat élu. Le même risque pourrait menacer le candidat de droite favori des sondages.
  Les partis contribuent à l'expression du suffrage universel dit la constitution. Tu parles ! N'est-ce pas plutôt un moyen d’ouvrir la voie aux populistes ?
  Alors ils servent à quoi les partis ? Une pompe à fric, tout au plus.

  Et dire que nous aurons consacré sept longues années à suivre la lente agonie du parti socialiste … 

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