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samedi 5 novembre 2016

LE ROI EST MORT, VIVE LE ROI

  Si l’on en croit les sondages et les commentateurs, le match est plié, Juppé va remporter la présidentielle, il sera le prochain souverain. Évidemment, cela suppose que deux conditions soient réunies : que le roi meure et que Juppé gagne la primaire de la droite et du centre.
  Sur le premier point, ce qui nous a le plus frappé en regardant le second débat entre les 7 prétendants : personne, ou presque, n’a parlé du président en exercice, du chef de la majorité actuelle contre qui les représentants de l’opposition auraient dû concentrer leur tirs. Souvenez-vous de la campagne de 2012 où la gauche en général et Hollande en particulier se sont vautrés dans l’anti sarkozysme. C’est sur le rejet du président sortant que Hollande avait fini par être élu, de peu d’ailleurs. Personne n’a oublié les quinze propositions de la célèbre anaphore qui n’étaient en réalité que des critiques de Sarkozy…
  Rien de tel pendant le débat ou plutôt si, les candidats sur le plateau n’ont cessé d’attaquer le même Sarkozy ! Lequel n’est plus au pouvoir depuis cinq ans et qu’ils ont tous servi comme ministres ou comme collaborateurs à l’UMP puis chez "Les Républicains" …
  C’est donc que la première condition est d’ores et déjà réunie : l’actuel président est mort. Si non, il pourrait être candidat à un second mandat et serait l’adversaire privilégié de la droite. Mais non, rien sur la courbe du chômage, sur la croissance atone, sur les déficits qui perdurent, sur la dette qui continue de monter ! C’est à peine si l’on a évoqué la violation du secret-défense par le président dans les confessions de "Ce qu’un président ne devrait pas dire…" (Fillon), si l’on a critiqué la réforme scolaire de (NKM : "ni faite ni à faire…"), si l’on a relevé que la gauche n’avait cessé de hurler pendant cinq ans sur les suppressions de postes dans la police mais qu’elle ne les avait toujours pas recréés sur le terrain. Nous n’avons retenu rien d’autre. C’est que Hollande n’est plus président et il ne sera donc pas candidat aux prochaines élections. Le roi est mort ? Ou bien il est fichu, c’est pareil. Donc on va ferrailler contre la restauration de celui qui avait été détrôné en 2012 et qui prépare son retour. 
  Restera alors à satisfaire  la seconde condition : gagner la primaire ! Sur ce point nous pensons qu’il est peut-être un peu vite dit que le vainqueur sera naturellement Juppé. Il est, d’ailleurs, étonnant que ce l’on retient du sondage effectué par l’institut ELABE pour BFM-TV à l’issue de l’émission, c’est que Juppé a été jugé comme le plus convainquant par les téléspectateurs avec 34% contre 24% à Sarkozy et 15% à Fillon. Le problème est que l’avis des téléspectateurs a exactement le même intérêt que le notre sur l’élection américaine, c'est-à-dire aucun. C’est idiot à dire, mais dans une élection ce sont les suffrages des votants qui comptent et non l’avis des voyeurs. Or ELAB a également interrogé les téléspectateurs "certains d’aller voter" et le résultat est bien différent : Sarkozy 31%, Juppé 28%, Fillon 21%. Damned… Mais il y a également un problème, c’est que jamais n’a eu lieu de primaire de la droite en France et que donc les instituts de sondages manquent totalement de modèles pour apprécier la solidité de la déclaration des sondés dont … "certains" n’iront sûrement pas voter. Bref, pour tripatouiller ce genre de sondages, il vaut mieux être équipé de pincettes…
  Comme nous l’évoquions dans une précédente chronique, les seules enquêtes qui nous paraissent donner des indications plus fiables sont celles qui portent sur les intentions de vote au premier tour de la présidentielle avec trois hypothèses : Juppé, Sarkozy et Fillon. Si l’un des trois recueille une dizaine de points de plus que chacun des 2 autres cela deviendra sérieux : logiquement c’est lui que les électeurs de la primaire choisiront car, même si certains d’entre eux sont socialistes ou frontistes, dans leur majorité ils ne sont pas idiots. Encore faudrait-il qu’on les fassent ces enquêtes. Cela devrait arriver bientôt…
  Sur le débat proprement dit, chacun a son opinion et la presse ne parle que des gagnants et des perdants … supposés. Nous ne le ferons donc qu’en quelques mots :
  À droite (quand on regarde l’écran) : la droite de la droite. Copé mord à pleine dents les mollets de Sarkozy ce qui agace tout le monde et le fait baisser au plus bas des sondages. Dommage pour lui parce qu’il peut être très bon et en plus il nous a fait rire. À sa gauche, la droite de la droite de la droite, un poisson pilote de Marion Le Pen dont on se demande comment il a fait pour sortir du bocal.
 Au bout, à gauche : Juppé. Cette place excentrée semble lui convenir, on dirait qu’il cherche à se faire oublier et lorsque il intervient c’est avec calme et assurance, sans agressivité. À ses côtés, Fillon se tient au-dessus de la mêlée, ferme, clair et précis. La plupart disent que c'est le meilleur mais il rame en troisième position.
 Au centre, une madone de Boticelli dont on hésite à choisir le titre : "La naissance de Vénus" ?, "Le printemps ?", "La force ?"… "La vierge à la grenade" parait bien convenir tant elle a utilisé cette arme, dégoupillée évidemment, sur son voisin de droite, Sarkozy. De lui, on attend qu’il s’agite, rende coup pour coup, mais non, il maîtrise les mouvements de son corps,  un sourire accroché à son visage. Après tout, il est le chef et ils lui doivent tous quelque chose, ingrats comme le sont les enfants mais ce sont les siens. On en vient à regretter le "dégage…" et les Karcher de ses heures de gloire. Le Renouveau, c'est-à-dire Le Maire, est fort heureusement séparé de Sarkozy par NKM mais comme elle est plutôt d’humeur lance-missile que bouclier elle ne parvient pas à lui éviter quelques grenades qui l’ont déplumé de plusieurs points de sondages ; il ne figure plus sur le podium.
  À signaler enfin la présence entêtante d'un invité qui a occupé une bonne partie du débat. Il n'était pas invité d'ailleurs, ni même présent physiquement, mais il a crée un vrai pataquès entre les participants. Un chef de parti qui n'a presque pas de militants et très peu d'élus mais qui, comme les athlètes aux jeux olympiques, participe tous les cinq ans à la présidentielle. Bayrou, vous l'aurez reconnu, appartient à la race de centristes, espèce nini. Il n'est ni de droite ni de gauche ou plutôt tantôt à droite tantôt à gauche. En 2012, il a appelé à voter Hollande au second tour ce que Sarkozy ne lui a jamais pardonné. Il reproche donc à Juppé son alliance avec lui au prétexte qu'il produirait le même effet sur le président de droite que les écologistes et frondeurs divers sur Hollande: le priver d'une majorité parlementaire fiable et stable. À dire vrai, si Bayrou se présentait lui-même, comme il menace de la faire si Sarkozy gagne la primaire, cela n'aurait aucune conséquence puisque, selon les sondages, ses voix au second tour se partageraient à égalité entre Hollande et Sarkozy. Mais si Juppé était le candidat de la droite il ramasserait toutes les voix de Bayrou. Bon appétit, messieurs...
  Pour conclure un peu plus sérieusement, ces primaires qui, personnellement, nous paraissent peu conformes à la conception française de la fonction présidentielle, ont eu, au moins, un avantage et nous avions dit la même chose en 2011 avec celle de la gauche, celui de donner une meilleure image de notre personnel politique. Si l'on est objectif, on ne peut que reconnaître leur compétence, leur savoir et leur langage. 
  Si vous n’êtes pas convaincus, allez voir ailleurs ! Aux USA, par exemple ...

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