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dimanche 30 octobre 2016

QUAND HOLLANDE APPLIQUE LA PEINE DE MORT

  Lors des ses fréquents et nombreux entretiens avec les journalistes de Monde auteurs de " Un président ne devrait pas dire ça…" Hollande révèle qu’il a ordonné au moins quatre homicides ciblés de terroristes, exécutés par les services de la DGSE.
  L’ouvrage lui-même fait tellement de bruit et de dégâts que ce n’est pas cette confession qui a été la plus commentée. C’est pourtant une affaire grave qui soulève trois questions essentielles : morales, politiques et juridiques.
  - Morales : L’abolition de la peine de mort est la grande fierté du socialisme et Robert Badinter son héros, qui dans un discours célèbre devant l’assemblée nationale, le 17 septembre 1981 déclarait : « La peine de mort est contraire à ce que l’humanité depuis deux mille ans a pensé de plus haut et rêvé de plus noble.» Ce n’est pas le degré d’abomination de l’acte commis ni la barbarie du criminel qui sont en cause, quelles que soient les circonstances dans lesquels il a été commis, mais l'exécution elle-même. Aussi Badinter prend-il soin de préciser dans son discours : « Utiliser contre les terroristes la peine de mort, c’est pour la démocratie, faire sienne les valeurs de ces derniers. » Il faut croire que Hollande n’écoutait pas et que Badinter lui-même a dû oublier car on ne l’a guère entendu sur cette déclaration du président de la République.
 - Politiques : Révéler avec une telle légèreté, où perce une forme de gloriole (Moi président, je n’hésiterai pas à recourir à l’assassinat, au moins personne n’osera plus dire que je suis mou …), a provoqué évidemment de violentes réactions.
  À droite « Quand on est chef de l’État, on ne tient pas de propos de ce type. Et il faut bien se mettre dans la tête que la transparence absolue, ça devient un danger pour la démocratie et la sécurité de nos concitoyens. » (Alain Juppé).
  Au centre : « il y a dans ce livre des affirmations qui auraient dû demeurer de l'ordre du secret. Quand un président de la République a la lourde responsabilité de décider l'intervention des services secrets contre des personnes, ça ne doit pas se retrouver dans un livre … Cette manière d'exposer la fonction présidentielle n'était pas la bonne. » (François Bayrou.)
  À gauche « La vérité, c’est que c’est un assassinat décidé en haut lieu. »(Jean-Luc Mélenchon). Et, pour compléter, ce trait d’humour auquel Jean-Marc Ayrault ne nous avait pas habitué : « Un président ne devrait pas dire ça ! »
  Au-delà de l’application par un gouvernement de gauche de la peine de mort, il y a dans cette affaire une violation flagrante du secret-défense sur un sujet d’une exceptionnelle gravité, ce qui constitue, comme nous allons le voir, une infraction pénale.
  -Juridiques : Le code pénal (art.413.10 et 413-11)  puni de sept ou cinq ans d'emprisonnement et de 100 000 ou 75.000 euros d'amende le fait, par toute personne dépositaire d'un secret de la défense nationale,  d'en donner l'accès à une personne non qualifiée et à une personne qui y a eu accès de le porter à la connaissance du public. Les deux cas qui nous intéressent (personne qualifiée qui délivre un secret-défense à une personne non qualifiée et personne non qualifiée qui livre ce secret à la connaissance du public) répondent bien aux dispositions du code pénal, non ?
  C’est ce que dit le droit français mais il y a peu de chances que cela ne s’applique à Hollande puisque il est, comme chacun sait, "irresponsable" (pour les actes commis dans le cadre de ses fonctions…) ; mais pour les deux journalistes, l’article 413-11, hein ? Bon, ne rêvons pas…
  -Au plan international les choses pourraient se compliquer. Écoutons à nouveau Mélenchon : « Je mets en garde François Hollande. Il ferait de bien d’y réfléchir … Il y a un problème, il y en aura un bien vite. J’espère qu’il va démonter ce qu’il y a dans ce livre où il reconnaît des assassinats ciblés. La vérité c’est que c’est un assassinat décidé en haut lieu … En principe, ce genre de comportement relève du Tribunal Pénal International, mais c’est une autre histoire. »
  Ne soyons pas naïfs, en effet. Les pays qui pratiquent le crime d’État sont nombreux mais il y a un problème : pourquoi croyez-vous que les USA, la Russie, Israël … n’ont jamais signé le traité instituant le TPI ? La France l’a fait et le Mali aussi (que nous citons tout à fait au hasard !).
  Hollande a manifestement oublié une anaphore : « Moi, Président je ne recevrai pas à l’Élysée des journalistes pour leur faire confier des secrets d’État, le soir autour d’un verre. »
  N’étant pas tenu par la même réserve, nous allons nous confesser  à notre tour : éliminer des terroristes responsables du massacre de nos compatriotes ne nous pose pas de problème. Mais un secret d’État doit rester … secret.
  Curieux président qui ne l'a pas compris! Ou qui n'a toujours pas compris qu'il était le chef de l'État…
 
PS : signalons un livre passionnant sur le sujet :
"Les tueurs de la République" de Vincent Nouzille (Fayard)
http://www.fayard.fr/les-tueurs-de-la-republique-9782213671765

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