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dimanche 11 septembre 2016

L’ÉTAT DE DROIT, C’EST MOI

  Hollande adore parler. De lui, de ses succès et plus encore de ses adversaires, en mal évidemment. Hollande ne parle plus aux français et eux ne l’écoutent plus.  Hollande aime faire des confidences aux journalistes qui en font des livres à la gloire du souverain. Hollande vibre de plaisir devant un public. Mais il n’a plus de public bienveillant. Pour éviter les sifflets il s’exprime désormais uniquement dans les salles qui lui sont acquises. Mais il a de plus en plus de mal à en trouver. Alors il tient ses meetings devant un public bien-pensant.
 C’est ce qu’il vient de faire à Paris salle Wagram, à l’invitation de deux "Think Tank", où l’on rencontre des gens qui, comme disait Coluche, s’autorisent à penser : Terra Nova et la Fondation Jean-Jaurès, qui sont à la socialie ce que Gault et Millau sont à la gastronomie.
  On savait que Wagram serait un discours "fondateur", comme Le Bourget et, plus récemment, le théâtre du Rond-Point. Le premier faisait l’éloge de ce qu’il allait accomplir quand il serait président, le second de tout ce qu’il avait réussi depuis qu’il est président, le troisième de ce qu’il fera pour préserver la France des dégâts que commettraient les autres candidats s’ils étaient élus à sa place.
  On peut penser ce que l’on veut de l’homme et de son action mais il y a au moins une fonction qu’il assume plutôt bien, celle de candidat. Ses discours de campagne sont généralement habiles. On en connaît évidemment toutes les ficelles.
   Au Bourget, il avait été excellent dans la critique et expert dans le mensonge. C’est probablement ce jour-là qu’il a gagné l’élection mais aussi qu’il aura scellé l’échec de son quinquennat lorsque l’on découvrit qu'il n'y avait que désolation dans l’Eden où il avait promis de nous mener.
  Au théâtre du Rond-Point, il excella dans le déni. On ne peut pas dire non plus que cela lui ait réussi : il n'y a plus que 12% des français à lui faire confiance.
  De Wagram, on retiendra deux choses essentielles : d’abord, qu’il fera tout pour décrocher un second mandat (« Je ne laisserai pas la France s’altérer lors des prochains mois ou des prochaines années ») ; ensuite que le temps des promesses était terminé car il sait que les français n’oublieront pas celles, jamais tenues, de 2012. Il va donc adopter une nouvelle posture, celle de protecteur des français et de défenseur de l’État de droit. 
  Ce qui lui permet, par exemple, d'affirmer qu'il est le "seul à avoir eu l’onction du suffrage universel". Bizarre expression pour un laïcard ! Ou de s’affirmer comme le meilleur défenseur d'une constitution que la gauche a depuis ses origines considérée comme anti-démocratique, ce qui ne l'a pas empêché de tenter de la violer sur l’un de ses principes les plus sacrés, celui de la nationalité. Sans succès, à cause, dit-il, de l'opposition à qui il reproche, par ailleurs, de vouloir porter atteinte à son caractère immuable... Pour comprendre il faut adhérer à Terra Nova !
  Bien entendu, cette nouvelle posture de sauveur de la République lui permettra d’en faire des tonnes contre ses concurrents. De son propre camp, à qui il déclare : « Ah, ce n’est pas facile l’élection ! Il faut la mériter, il faut s’y préparer. Et il faut respecter les citoyens. » Et de la droite évidemment. Il a d’ailleurs choisi de privilégier un adversaire dans chaque camp. À gauche, ce sera Macron à qui s’adresse en priorité la déclaration ci-dessus. À droite (si l’on excepte une petite pique à l’attention de Juppé : « l’identité n’est ni heureuse, ni malheureuse »), Hollande s’étant inspiré du plan de la bataille de Wagram,  concentre la totalité de son artillerie sur une seule cible : Sarkozy. Inutile  de recenser les attaques dès lors que toutes les critiques imaginables sont exprimées avec violence contre l’ancien président. Sans doute, ce faisant, commet-il une grave erreur. Soit, il le conforte comme  candidat principal de la droite, ce dont l’intéressé se réjouit, soit il se met lui-même dans une situation impossible si Sarkozy n’était pas, en définitive, le candidat de la droite. Que pourra-t-il dire alors, contre son adversaire ? Tout le monde n’est pas Napoléon…
 Il serait donc le seul détenteur de la souveraineté populaire. Mais ne sait-il pas que notre République est parlementaire et que la souveraineté populaire réside dans l'élection de ses représentants au parlement ? A-t-il oublié l'époque où, au service de Mitterrand, il avait dû, par deux fois, céder le pouvoir à l'opposition devenue majoritaire au parlement, grâce précisément à l’onction du suffrage universel ? Quant à dire qu’il serait le seul "qui ait eu l’onction du suffrage universel" ne serait-ce pas donner des signes inquiétants de perte de mémoire ? Sarkozy aussi a eu l’onction du suffrage universel, mais surtout quel mépris des parlementaires, également élus au suffrage universel et qui sont les dépositaires de la souveraineté populaire. Curieuse façon de défendre la République !
   Détenteur de la "légitimité démocratique" quand la quasi-totalité des français ne veulent plus de lui, quand ses ministres quittent le gouvernement comme les rats un navire en perdition, quand, pour faire voter une loi qu'il considère comme emblématique de son quinquennat, il doit recourir, faute de  majorité parlementaire, au 49.3 ?
  Toujours le même doute avec Hollande : vit-il sur une autre planète où nous prend-il pour des imbéciles ? Les deux sans doute...
   Une terrible question se pose désormais : faut-il continuer à l'écouter ou raccrocher considérant qu'il n'y a plus personne au bout de fil ?
  Nous vivons une époque très étrange où les taux d'intérêt sont devenus négatifs, c'est à dire que les banques doivent payer leurs clients pour qu'ils empruntent de l'argent et où le chef de l'état jouit d'une confiance négative de la part de ses concitoyens.
  Il est vrai qu’il y a une grande différence : avec Hollande on a payé très cher et l’on n’a rien reçu...

COMMENTAIRES DE TEXTE
Pour la première fois aussi clairement Hollande ose nommer l’ennemi : "le terrorisme islamiste qui dévoie l’islam pour propager la haine".
Nous sommes sa cible privilégiée parce que nous sommes le pays de la démocratie.
"Mais au terme de la lutte, la démocratie triomphera parce que la démocratie sera toujours plus forte que la barbarie qui lui a déclaré la guerre".
"Les démocraties gagnent toujours les guerres … car elles disposent d’une force qui rassemble les énergies et qui devient irrésistible. Cette force, cette force qui peut permettre de vaincre tous les obstacles, même les pires, cette force c’est la liberté".
Mais il nous rassure : " je fais tout pour protéger les Français".
"Il y a deux voies et deux voies seulement pour les démocraties.
La première, c’est l’état d’exception. C’est de considérer que puisque nous sommes en guerre il faudrait suspendre l’État de droit aussi longtemps que la menace perdurera...
L’autre voie, la seule qui vaille, la seule qui soit efficace c’est celle de l’État de droit. C’est le choix que j’ai fait au nom de la France."
"Je l’affirme ici, tant que je suis Président de la République, il n’y aura pas de législation de circonstance … Nos lois suffisent, il faut les appliquer dans toute leur rigueur et dans toute leur effectivité."
Résumons : nous sommes attaqués par le terrorisme islamiste parce que nous sommes une démocratie et nous vaincrons parce que nous sommes une démocratie qui respecte l’État de droit. Il faut donc ne rien changer aux lois qui fondent cet État de droit. C'est son droit de le penser mais alors pourquoi dire un peu plus tard :
" En quatre ans, et ce n’était pas prévu dans mes engagements, nous avons voté trois lois antiterroristes, et une loi sur les renseignements permettant de condamner les actes commis à l’étranger par les djihadistes français, de renforcer la répression de l’apologie du terrorisme, notamment sur Internet, de donner aux juges et aux procureurs de nouveaux moyens d’investigation, accroître les moyens de lutte contre le financement du terrorisme, de durcir les peines pour les auteurs de crime terroriste.
Quant à l’état d’urgence qui a été prolongé et même durci, j’aurais voulu inscrire ces principes dans la constitution pour les encadrer, pour en préciser l’usage, la droite a préféré bloquer cette révision.
Cet état d’urgence, ces lois, cet arsenal, nous ont permis de déjouer plusieurs projets d’attentats, de démanteler des filières, d’engager des centaines de procédures judiciaires, d’empêcher de nouveaux départs, de fermer des mosquées qui délivraient des messages de haine, de frapper d’expulsion un certain nombre d’individus dangereux, de faire en sorte que nous puissions toujours être en mouvement et en action.
Nous l’avons fait parfois, en pleine conformité avec notre Constitution, sous le contrôle effectif du conseil constitutionnel et des juridictions administratives et judiciaires. Mais nous l’avons fait aussi parfois en heurtant un certain nombre de consciences et d’amis, qui ne voulaient pas que l’on aille trop loin – mais nous n’allions pas trop loin, nous faisions en sorte à chaque fois d’adapter la réponse en fonction du droit pour être le plus efficace contre les terroristes".
Contradictoire ? Non, puisque lui seul détient la légitimité. " Je veux le dire, au nom du suffrage universel, dont je suis, (finalement), encore jusqu’au mois de mai, le seul qui ait eu l’onction : dans une démocratie, il y a l’élection. Ah, ce n’est pas facile l’élection ! Il faut la mériter, il faut s’y préparer. Et il faut respecter les citoyens."
"Je ne me détournerai pas de cet objectif, il m’a animé tout au long du quinquennat et j’ai ressenti plus qu’aucun autre cette exigence d’être unis. Alors je vous l’affirme, je ne laisserai pas la France être abîmée, réduite, voir ses libertés mises en cause, son Etat de droit contesté, son éducation réduite et sa culture amputée. C’est le combat d’une vie…
Alors oui, je ne laisserai pas, là-encore, l’image de la France, le rayonnement de la France, l’influence de la France s’altérer lors des prochains mois ou des prochaines années."
Merci, François II, notre saint oint. 


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