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samedi 27 août 2016

LES CHANCEUX SONT CEUX QUI ARRIVENT À TOUT ; LES MALCHANCEUX CEUX À QUI TOUT ARRIVE (Eugène Labiche)

  Que retient-on généralement du mandat d’un président de la République ? Évidemment l’histoire juge sur un temps long et il faudra attendre quelques années, ou décennies, pour connaître son jugement sur François Hollande.
  Il arrive que l’histoire soit cruelle. Ainsi du président  Paul Deschanel on retiendra que, légèrement égaré, il se trompa de porte dans le couloir du train et qu’on le retrouva quelques heures plus tard, en pyjama, sur le bord la voie. Et d’Albert Lebrun, qui occupa l’Élysée jusqu’à la défaite de juin 1940,  le général de Gaulle écrira : « Au fond, comme chef de l’État, deux choses lui avaient manqué : qu’il fût un chef ; qu’il y eut un État. »
  De Hollande il y a, également au moins deux choses que l’on retiendra : ses escapades nocturnes à scooter dont les photos volées ont fait le tour du monde ; qu’il fût le premier président sortant à se soumettre à une primaire pour que son parti le désigne comme candidat à son propre renouvellement. Certes, c’est sans doute le passage en primaire qui lui a permis d’être élu président de la République, mais à l’époque il n’était que président du conseil général de Corrèze.  Et d’ailleurs, il l’a payé cher. Accablé de sarcasmes, affublé de surnoms péjoratifs, moqué sur ses propositions et dévalué sur ses compétences, il aura déjà perdu, avant même d’entrer à l’Elysée, une bonne partie de son prestige. Cette fois, il devra affronter trois de ses anciens ministres et des personnalités de faible rang qui n’ont tous, comme objectif, que de le contraindre à renoncer à être candidat ou de contribuer à sa défaite s’il persistait à l’être.
   Quand Arnaud Montebourg, dont le ralliement au second tour de la primaire de 2011 a assuré l’élection de Hollande, justifie ainsi sa propre candidature : « Si je suis candidat au rassemblement d'une majorité de Français, c'est d'abord parce qu'il m'est impossible, comme à des millions de Français, de soutenir l'actuel président de la République » puis, s’adressant directement à celui dont il fût le ministre la moitié du quinquennat, déclare : « Je lui demande de bien réfléchir à sa décision, de bien considérer les faits, de prendre en compte l'intérêt général du pays, la faiblesse inédite et historique qui est la sienne au regard des Français, d'affronter sa conscience et sa responsabilité et de prendre la bonne décision »,  on se dit que non, ça va vraiment pas mieux. D’autant plus que, dans le même temps, Benoît Hamon son ex-ministre de l’Éducation nationale qui sera candidat contre lui à la "primaire de la gauche de gouvernement", tient un discours semblable : « Je crois fondamentalement que la capacité de François Hollande à réunir sa famille politique est émoussée, je pense qu'il est trop tard pour lui aujourd'hui. À mes yeux, il n'est pas le bon candidat car dans beaucoup de domaines, l'économie, le social, il n'a même pas essayé une politique de gauche. Il est trop tard pour qu'il recrée une relation de confiance avec son électorat ». Et Cécile Duflot, ancienne ministre du Logement, candidate à la primaire des écologistes en rajoute une couche : « Je suis la première déçue d'avoir participé à l'aventure de 2012 qui finit là où elle est aujourd'hui ».
  Le désastre est enclenché : contraint à renoncer, éliminé à la primaire, battu à la présidentielle … Et si même il était réélu, il ne rentrerait pas à l’Élysée sérieusement amoché comme la première fois mais il sortirait cette fois de l’aventure carrément démoli.
  On comprend donc qu’il prenne les devants et prépare déjà la trace qu’il aimerait laisser dans l’histoire. Tandis que les candidats de tous bords parlent d’avenir, il entame le panégyrique de sa présidence qui s’achève.  Ce ne sont pas encore ses mémoires qu’il écrit mais deux journalistes viennent de publier ses confessions, pardon ses confidences (Antonin André et Karim Rissouli, "Conversations privées avec le président"- Albin Michel).
  Exercice étonnant dont on ne retient pour l’instant que le passage relatif à l’inversion de la courbe du chômage : « L’erreur, c’est d’avoir fixé l’échéance "avant la fin de l’année" comme point d’arrivée … J’ai fait cette annonce parce que je croyais encore que la croissance serait de 0,7-0,8, elle sera finalement de 0,1 ou de 0,2. Puis je répète cet engagement lors des vœux le 31 décembre 2012. J’ai eu tort ! Je n’ai pas eu de bol ! »
  Accablant. Passons sur la trivialité des propos sur un sujet qui plonge dans le désarroi plus de 6 millions de français mais ce président politicien qui "joue" au poker sans même s’assurer qu’il a des atouts dans sa main, qui bluffe persuadé qu’il finira par tirer la bonne carte et qui après avoir perdu se contente d’expliquer qu’il n’a pas eu de chance !
  Sans doute a-t-on moins relevé ce qu’il dit plus loin, encore plus grave à nos yeux. Il se félicite de son pari sans lequel : « On n’aurait jamais fait cent mille emplois d’avenir, on n’aurait jamais fait autant de contrats aidés, jamais fait autant de formation… » Donc, en plus, il a triché en cherchant à améliorer son jeu par des artifices coûteux et inefficaces. Mais au moins, cette fois-ci, nous avons l’aveu : il a utilisé toutes les astuces pour faire enfin baisser, un peu, provisoirement, artificiellement, le chômage. La courbe s’inversera donc légèrement au moment choisi, celui de la candidature. Après moi le déluge…
   Montebourg a raison, comment les français pourraient-il soutenir un tel président ! 

     "Le manque de chance est une faute professionnelle" disait Pierre Desgraupe.

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