Adresses

BLOG : http://www.francois-2.com/
o
u : http://francois-2.blogspot.com/
MAIL: agvialain@gmail.com


AUTRES BLOGS

Les 500 derniers jours du PS, avant la présidentielle de 2012:
Campagne 2012 de François Hollande
agv-solferino2012.blogspot.com/
agv-solferino2012.blogspot.fr/



« TOUT PARTI VIT DE SA MYSTIQUE ET MEURT DE SA POLITIQUE » (Charles Péguy)

dimanche 7 août 2016

ET SI L'ON AVAIT TOUT FAUX ?

  Dans moins d'un mois c'est la rentrée. La rentrée politique, le lancement de la campagne pour l'élection présidentielle. Tout va maintenant aller très vite. Fin août, Sarkozy annoncera sa candidature donnant le signal du combat de la primaire de la droite et du centre, qui aura lieu fin novembre. Dès le lendemain, se posera le problème de son remplacement à la tête du parti "les Républicains". La campagne durera près de trois mois. Une éternité pour une lutte sans merci dans laquelle les candidats, au moins les plus importants, joueront leur survie politique. "Vae victis", mort aux vaincus. Trois sur quatre, au minimum, disparaîtront : Juppé,  ou Sarkozy, ou Fillon, ou Le Maire même si, en théorie, ce dernier a l'âge auquel l'espoir est encore permis.. Le vainqueur de la primaire, en revanche, aura de grandes chances de se retrouver à l'Elysée en mai prochain. A peine le candidat de droite désigné c'est à gauche que la fièvre montera. "Primaire de gauche de gouvernement" : qui osera affronter le président sortant ? Primaire écologiste : qui osera affronter le ridicule ? Contestataires de l'extrême gauche : qui osera affronter Mélenchon ? Solitaires de tout poil : qui osera affronter l'infiniment petit ?
  Le trop plein disait de Gaulle évoquant les candidats à sa succession. Sur ce point, aucun risque de se tromper. Mais sur le fond, sur quoi va se jouer l'élection ? Les personnes ? On sait depuis 2012 que l'on peut être élu sur le rejet de l'adversaire. Mais le "Moi, président", plus personne ne s'y risquera. 
  L’économie paraissait s’imposer. D'ailleurs,  c'est Hollande lui-même qui a choisi ce terrain. En 2012, par des promesses mensongères qui ont tué son quinquennat. Dès le début de son mandat, sur la courbe du chômage, puis sur la croissance qui "elle est là", enfin sur le "ça va mieux" que l'on scrute au microscope. De toute façon, il ne sera pas candidat si le chômage ne recule pas de manière durable et significative...
  Alors, tout le monde empile les propositions pour relancer l'activité  et rétablir les équilibres économiques. Tout le monde ? Non pas tout le monde. Nicolas Sarkozy, dont on commence à dire qu’il remonte dans les sondages, joue sur un autre tempo : Moderato sur l’économie, Lento sur les questions sociétales, Andante sur la sécurité.
 Soyons franc, si l'on a tout faux et que l'on s'est cruellement trompé, nous ne sommes pas ici les derniers, nous qui avons consacré tant d'énergie à dépouiller les rapports de la Cour des comptes, les statistiques de Pôle emploi et de l'Insee, les prévisions de l'Union européenne, de la Banque mondiale et de l'OCDE, persuadés que c'est sur l'emploi, le pouvoir d'achat et les impôts que les français se détermineront pour le choix de leur futur président.
  Pas absurde, d'ailleurs, puisque c'est de la vie quotidienne de nos compatriotes qu'il s'agit. Seulement, désormais, c'est leur vie tout court qui est en jeu. Nous pensons évidemment aux attentats et aux victimes dont le nombre ne cesse de croître. La France, il faut le reconnaître, a réagi de manière admirable. Pas de panique, pas de stigmatisation, pas de violence en réaction. Compassion, dignité, recueillement. C'était une belle réponse à la sauvagerie. 
  Mais à la fin, trop c'est trop. Surtout quand le drame s'accompagne d'une peur grandissante et de l'horreur face aux méthodes utilisées au nom d'une folle barbarie. Les armes lourdes, les explosifs, les camions, les couteaux, les machettes... Quant aux victimes, personne n'est épargné : il y a eu les élèves juifs, les soldats musulmans, les jeunes, les enfants, les familles, les policières, les personnes âgées, les prêtres..., à chaque fois une étape supplémentaire dans l'horreur est franchie . Mais il n'y a pas que les morts, les blessés, les parents et les amis, il y aussi des dégâts dans les esprits chez chacun de nous, causés par les visions insoutenables des massacres et les témoignages glaçants des rescapés qui défilent en boucle sur tous les médias. Ce sont nos fils et nos compagnes que l'on vient égorger jusque dans nos bras.
  Alors, la compassion des autorités, les monticules de fleurs, les minutes de silence, ne pourront pas continuer de constituer la seule réponse face à ce que, pourtant, l'on n’hésite plus à appeler une guerre et dont on a fini par se résoudre à nommer l'ennemi : l'extrémisme islamiste. Quant aux interventions extérieures, si elles affaiblissent ce dernier dans ses bastions éloignés, elles ne contribuent en rien à réduire les actions terroristes sur le territoire national.
  Que l'on nous comprenne bien, nous ne faisons ici le procès de personne. Ce serait trop facile alors que l’on sait bien qu’il n'existe pas, aujourd'hui, de solution miracle. Mais nous posons une question : combien de temps le peuple français acceptera-t-il qu'on lui répète que le risque zéro n'existe pas sans en déduire que la tolérance zéro s'impose, qu'il est inutile de continuer à faire des lois contre le terrorisme, qu'il n'est pas question de réviser la constitution et que le respect en tout temps et en tout lieu des droits de l'Homme reste la priorité absolue et incontournable ?
  On a le droit de le penser mais il n'empêche que les français ne s'en contenteront sûrement pas plus longtemps. Même si leur colère est intérieure et s’ils n’osent pas encore l’exprimer publiquement.
  Nous en arrivons ainsi à la question de cette chronique : si les attentats continuent et il n'y a aucune raison d'espérer le contraire,  les français resteront ils sans réagir ? Écartons les violences entre communautés ce qui serait évidemment le drame absolu et l’objectif recherché par les djihadistes.     Dans une démocratie, les armes ce sont les urnes et l'on constate que le terrorisme, les flux migratoires et les extrémismes religieux occupent une place de plus en plus importantes dans le vote des citoyens.  
  On a pu déjà le constater à l'étranger, pourquoi la France serait-elle épargnée alors qu'elle est probablement le pays le plus menacé ? Et si donc l'on avait tout faux et que la prochaine présidentielle se jouait de manière déterminante sur ces sujets de sécurité, d'identité, d'immigration ?
  On peut toujours se boucher le nez et s'indigner mais l’on ne peut pas l’écarter d'un geste de mépris. On a déjà vu l'élection présidentielle en Autriche, le Brexit outre-Manche, Trump aux États-Unis. Et nous, nous disputerions du plafonnement des indemnités prud'homales et du travail le dimanche ?
  Et si le prochain président de la République, ou la prochaine présidente, était élu(e) sur les seuls critères de ses positions contre le terrorisme et de la fermeté de son caractère ?
  Nos candidats feraient bien d'y réfléchir avant de cultiver leurs ambitions personnelles. Il leur faut être clairs, courageux et crédibles sur ces sujets, rassembler le plus largement possible, au-delà des partis et des idéologies, sur un plan concret et cohérent pour éradiquer l'ennemi. Se poser enfin, la question des conséquences que pourraient avoir les candidatures de division ou de vanité qui profiteraient avant tout aux extrêmes populistes sans qu'ils aient même à mener une vraie campagne.

  Chacun les reconnaîtra...

Aucun commentaire: