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vendredi 29 juillet 2016

LES MOULINS DE HOLLANDE

  Ce ne sont pas les Pays-Bas et ses célèbres moulins qui ont inspiré cette chronique mais Cervantès décrivant don Quichotte à l’assaut des méchants "Géants" qui se révèlent être des moulins. Les pales entraînées par le vent taillent en pièces le héros, lequel refuse de reconnaître qu’il s’attaque à des moulins à vent et assure qu’il est victime des machinations de ses ennemis.
  Depuis longtemps les moulins des Pays-Bas ont cessé de moudre du grain, quant aux moulins de Hollande ils tournent encore mais ne brassent plus que du vent.
  Si l’on considère, avec le recul, les quatre premières années du quinquennat de François Hollande on décèle quatre grandes séquences qui ont rythmé son règne : la finance ennemie, le chômage, la politique de l’offre et désormais les attentats islamiques. À chaque fois, l’ennemi s’est transformé en moulin à vent (à paroles souvent) et notre chevalier des temps modernes a subi des blessures dont il a tenu ses ennemis pour seuls responsables.
 -La finance ennemie avait pour symbole la taxation à 75% des revenus supérieurs à 1,5 millions. Frappé par le Conseil constitutionnel il a été contraint de renoncer. Comme à la séparation des opérations de crédit des banques de "leurs activités spéculatives" qui se réduira à la création de filiales pour les opérations "non utiles à l’économie( !)". En 2013, le ministre de l’économie vante devant la Fondation Jean Jaurès, qui est le temple de l’idéologie socialiste, la finance "essentielle à l’économie réelle". Premier Moulin !
 -La baisse du chômage promise dès le début du quinquennat restera comme le symbole de la dénégation. Don Quichotte a beau se démener, multiplier les promesses, manipuler les chiffres, l’inversion de la courbe constituera le second moulin. Ayant raté l’échéance de  2013, il promet pour 2016 une "baisse continue tout au long de l’année, régulière et crédible". Nous avons maintenant les résultats des 6 premiers mois de l’année.
  Régulière et continue ? Quatre mois de baisse et 2 mois de hausse, dont les deux derniers…
  Crédible ?  Au total, sur les 6 premiers mois de l'année, le chômage baisse de 48.000 personnes qu’il faut comparer aux 5.732.900 chômeurs inscrits à Pôle emploi en catégories A, B, C. Sur la même période, on a enregistré 30.000 sorties de ces trois catégories pour "entrée en stage" qui sont de  discrets transferts de la catégorie A en catégorie D (+70% depuis un an !). C’est bien de former les chômeurs mais un chômeur en formation reste un chômeur…
 -La politique de l’offre, c’est-à-dire la priorité donnée à la compétitivité, achève  de transformer l’ennemi en "Bonne finance" (Montebourg). Le premier ministre lui-même déclare, le 27 août 2014, devant l’université du MEDEF : « La France, mesdames et messieurs les chefs d'entreprises, a besoin de vous car ce sont les entreprises qui créent de la valeur, génèrent des richesses qui doivent profiter à tous… J'aime l'entreprise…. Il n'y a pas d'emplois sans employeurs… Il est absurde de parler de cadeaux faits aux patrons. Ce langage n'a aucun sens… Le retour de la croissance passera d'abord par le soutien aux entreprises.»
  La gauche aurait-elle compris que ce sont les entreprises qui créent les emplois et qu’il faut cesser de les lester de règlements et de taxes ? Il semblerait puisque cela débouchera sur le CICE, la loi Macron et la loi travail.
  Nous eûmes donc le CICE, prolongé par le pacte de Responsabilité, qui apportera aux entreprises 40 milliards sous forme de réduction de charges et d’impôts.
  Comment ne pas applaudir à ce changement complet de politique mis en œuvre par un nouveau premier ministre considéré comme libéral et moderne ? Évidemment, la gauche de la gauche se mit à hurler contre ce qu’elle considéra comme un cadeau, sans contrepartie, fait aux entreprises tandis que la droite demanda que ce processus complexe et provisoire soit purement et simplement remplacé par une baisse générale des charges afin de supprimer le handicap des entreprises françaises par rapport à leurs concurrentes. De toute façon, il y eut un abîme entre les annonces du début et les résultats à l’arrivée. Des réformes à minima, souvent contre-productives. Quant aux créations d’emplois attendues elles furent pour le moins limitées. De la faute dira notre don Quichotte aux opposants et aux méchants patrons. Troisième moulin !
  La compétitivité de l’économie, la modernisation du droit du travail, le chômage, sont indiscutablement des défis majeurs. Mais un autre défi, tellement plus grave, plus menaçant, profondément terrorisant, les surpasse dans les angoisses des français. Il s’agit, bien sûr, du terrorisme islamiste, quatrième séquence du mandat de François Hollande qui constituera, à n’en point douter, l'enjeu principal de la prochaine élection présidentielle. La question sera évidemment : faut-il renoncer provisoirement à quelques libertés, même formelles, pour lutter efficacement contre le terrorisme ?
  Plus que jamais Hollande se débat entre ses contradictions et le déni.
  Au chapitre des contradictions on est pris de sidération par cette déclaration étonnante du chantre de la laïcité, qui n’a cessé de critiquer les référence au christianisme dans l’identité française et qui, tout à coup, proclame qu' «attaquer une église, tuer un prêtre, c'est profaner la République » !
  Il s’engage à défendre la maison France et à assurer la sécurité des français mais prévient que nous sommes en guerre et qu’il y aura d’autres attentats. Selon lui, l’État n’est pas défaillant contre le terrorisme islamique et dispose maintenant de tout l’arsenal juridique pour remporter la victoire. Mais à chaque attentat il annonce de nouvelles mesures. Voilà pour le déni.
  Il affirme qu’il ne "dérogerait pas à la Constitution pour lutter contre le terrorisme et le fanatisme". Pourtant, il a voulu réformer la constitution pour accorder le droit de vote aux étrangers non communautaires, pour supprimer le mot race de nos textes fondamentaux, pour réformer le statut du chef de l’État et pour, il y a peu, tenter d’introduire la déchéance de nationalité pour les binationaux. Mais réformer la constitution pour prendre des mesures exceptionnelles contre des ennemis avec lesquels nous sommes en guerre ne serait pas possible ? Ce qui ne l’empêche pas de répéter que « face à cette menace, le gouvernement fait preuve d'une détermination absolue.» Comprenne qui pourra…
  Faut-il des lois d’exception pour terrasser l’ennemi ? Nous ne saurions nous prononcer. Mais les contradictions dans lesquelles s’est emmêlé le président ne nous rassurent pas et nous ne pouvons nous empêcher de penser à Cervantès prêtant ce propos à don Quichotte : « Il me suffit donc de décider et de le croire... En un mot, j'imagine que ce que je dis est comme je le dis, ni plus ni moins. » (L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche, ch.XXV, p.276-277).
  Donc les moulins à vent sont des "géants agressifs agitant leurs bras" et ce sont ses ennemis qui ont "transformé les géants en moulins au moment de l'attaque pour l'empêcher de les vaincre et le ridiculiser."
  Cet épisode a inspiré un essai philosophique à Michel Onfray, consacré au mystère de la dénégation, dont don Quichotte est le héros, celui qui persiste à croire "que  le réel n’a pas eu lieu." Les moulins à vent ? De redoutables géants…
Dans cet ouvrage intitulé "Le réel n’a pas eu lieu, le principe de don Quichotte", Onfray décrit notre héros comme l'homme du déni : pour lui, le réel n'a pas eu lieu. Et il a ce commentaire extrêmement d’actualité : «La dénégation pousse comme les fleurs du mal, sur le fumier de l’orgueil immodéré…  Plutôt que de reconnaître qu’il s’est trompé, le dénégateur considère que le réel n’a pas eu lieu, il s’est fait une idée de soi-même mais la réalité est trop violente qu’elle n’a pas eu lieu. Il lui faut donc construire une fiction… Le dénégateur prend ses désirs pour des réalités… »
  Au fond, Cervantès nous apprend que le mensonge est un dérangement psychologique. Que Hollande ne résiste pas au mensonge, nous le savons, mais cela nous dérange… 

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