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mercredi 20 juillet 2016

JE DOIS PROTÉGER LA MAISON FRANCE (François Hollande, le 14 Juillet 2016 à 13H)

 Abasourdi par l'événement, tétanisé par les images d’horreur, écœuré par les pépiements dissonants de l’oiseau bleu, alors que nous étions assis devant le clavier pour nous aussi commenter le drame, nos doigts sont restés suspendus au-dessus des touches, paralysés. Seul le titre aura été frappé : « Taisez-vous ! Taisez-vous tous ! ». C’est donc ce que nous avons fait. Faute de comprendre, nous avons décidé d’attendre.
  Aujourd’hui, une semaine a passé et nous ne nous sentons toujours pas capable de commenter l’inconcevable. Comment dire des choses sensées alors que nous ne disposons pas d’informations suffisantes ? Et puis nous sommes saturés jusqu’à l’écœurement des discours, des marches blanches, des tombereaux de fleurs, des drapeaux en berne, des minutes de silence… Le silence ce n’est pas une minute qu’il faut le faire. Toute cette agitation compassionnelle ne serait-elle pas la marque d’une grande confusion des esprits qui s’exprime par l’alternance de manifestations festives, d’annonces guerrières et de cérémonies aux allures sacrificielles ?
  Alors nous ne commenterons pas l’abominable attentat de Nice ni les polémiques sur les responsabilités. Chacun jugera en son âme et conscience, quand il y sera prêt, si le pouvoir a fait ce qu’il fallait pour assurer la sécurité des français. Nous consacrerons plutôt cet article à un autre événement dont on aura très peu parlé en raison des circonstances mais qui laissera trace dans le quinquennat de Hollande, révélateur de sa personnalité et annonciateur de ce qui allait arriver : l’interview donné à l’Élysée le jeudi 14 juillet à 13 heures et diffusé sur les deux grandes chaines de TF1 et France 2. Il est important par ce qu’il révèle de la personnalité du président et pour les conséquences qu’il aura sur le climat politique actuel.
  L’homme d’abord. Jamais, sans doute, il n'était apparu aussi clairement à quel point il n’était pas dans la vraie vie, coupé des réalités et des français. Il vit dans son monde. Aucune critique n’est recevable sur sa politique, « Les choix que j’ai fait étaient les bons ». Les grèves qui ont paralysé le pays pendant 4 mois ? « Elles n’ont pas mis en cause le fonctionnement du pays ». Le chômage ? « C’est vrai que le chômage reste à un niveau élevé mais nous aurons une inversion de la courbe du chômage ». Les impôts ? « Je vais laisser une situation où il y aura moins d’impôts. Si ! Moins d’impôts, moins d’impôts pour les ménages, moins d’impôts pour les entreprises ». Et cela continue sur tous les sujets, jusqu’à cette conclusion : « Et donc j’aurai permis, à notre pays, d’être dans une meilleure situation en 2017, plutôt qu’en 2012 ».  Pour sa réélection, il a au moins une voix d’assurée, la sienne… Mais bon, il fait campagne à sa manière, dans le déni. Ce n’est pas le plus grave.
  Le somment de l’irréalisme, du surréalisme plutôt, est atteint sur les questions de sécurité. Nous sommes le 14 juillet vers 13H15. Confirmant que l’état d’urgence allait prendre fin le 26 juillet, il déclare : « Cet état d’urgence, j’ai considéré qu’il fallait le prolonger jusqu’au moment où nous puissions être sûrs que la loi pouvait nous donner les moyens de prévenir la menace terroriste avec efficacité. J’ai donc fait voter une loi qui va nous donner les instruments d’action…   Je veux donc dire très clairement aux français que l’on ne peut pas prolonger l’état d’urgence éternellement ! Cela n’aurait aucun sens ! Cela voudrait dire que nous ne serions plus une République avec un droit qui pourrait s’appliquer en toutes circonstances. » 14 heures plus tard, après l’attentat, il annonce « qu’il avait décidé » (et tant pis pour le parlement dont c’est une prérogative) de prolonger l’état d’urgence…
  Puis, après avoir moqué « ceux qui disaient il ne faut pas faire les Fan Zone », il annonce à propos des 10.000 militaires de l’opération "Sentinelle", mobilisés dans le cadre de Vigipirate, que « le dispositif va être allégé » et l’effectif ramené à 7.000. 14 heures plus tard il décide de maintenir l’effectif initial…
  Sondage Ifop : 67 % des personnes interrogées au lendemain de l'attentat de Nice n'accordent pas leur confiance au président et à son gouvernement pour faire face et lutter efficacement contre le terrorisme. 2 français sur 3 !
  Ensuite, il y a le mensonge. C’est sa marque de fabrique, ce qui lui a permis d’être élu en 2012. Il les a multipliés pendant l’interview. Nous ne les énumérerons pas tous, nous en avons abondamment parlé et nous aurons l’occasion d’y revenir : impôts, dette, croissance, dépenses publiques, déficits… C’est clair, il a tenu toutes ses promesses : « Je pense que ceux qui n’ont pas tenu leurs promesses ce sont ceux qui ont dû me précéder, parce que pour ce qui me concerne, j’ai tenu tous mes engagements » et il redit sans sourciller : « sur tous les plans la situation sera meilleure en 2017 qu’en 2012 » !
  Un seul exemple que l’on connaît bien ici : le chômage. Quand Pujadas lui fait remarquer que son quinquennat se terminera vraisemblablement avec 600.000 chômeurs de plus, il répond : « Oui. Je pourrais dire sous le quinquennat précédent il y avait eu un million, mais cela n’excuse rien ». Comment un chef de l’État, un tel jour, devant la nation toute entière, peut-il mentir aussi effrontément ? Et un mensonge aussi évident ? Tout le monde sait que les 600.000 chômeurs sont ceux de catégorie A (sans activité aucune et en recherche active d’emplois) tandis que le million qu’il attribue à Sarkozy ce sont des catégories A+B+C (y compris donc les chômeurs en activité partielle). Lui, en A-B-C, il en est déjà à 1.081.000 !
  Après le ridicule et le mensonge, l’inacceptable : avoir choisi cette occasion, le jour de la fête nationale, celle de tous les français pour les diviser. Ce n’est pas le président de la République, celui de tous les citoyens qui s’est exprimé, mais un politicien sectaire. A ses yeux, ceux qui ne sont pas de son parti (nous ne pensons pas au parti socialiste où il est loin de faire l’unanimité, mais à tous ceux qui le critiquent) sont accusés de « menacer la cohésion nationale et la cohésion sociale »:
-« Donc qu’est-ce qui nous menace ? Je regarde les propositions qui sont faites, face à la gauche, propositions de dislocation républicaine, de séparation, d’opposition des Français entre eux, autour d’une identité crispée… Le Front national, vous l’avez reconnu… »
-« Puis, il y a d’autres électeurs qui aujourd’hui se disent : est-ce que l’on ne devrait pas aller vers une alternance ? Retourner vers ce qui a été pendant dix ans l’action menée à la tête de notre pays avec, à ce moment-là un autre risque qui est le risque de la dislocation sociale, de la diminution des droits, de l’abandon d’un certain nombre de protections, retraite, droit du travail, SMIC ? Je vois même que l’on veut remettre en cause le temps de travail, abandonner les 35 heures ! ». Après le FN c’est donc au tour des "Républicains". 
  Nous avons relevé tout au long de l’interview au moins 20 attaques contre la droite et Sarkozy. Rien à dire pour un candidat à l’élection présidentielle. D’ailleurs, la critique est la seule chose que Hollande fasse bien. Mais d’un président de la République censé représenter tous les français et le jour de la célébration de la fête nationale ? Là, ce sont au moins 2 français sur 3 qu’il "stigmatise" pour reprendre une expression très utilisée à gauche. Indigne…
  Et maintenant il pousse des cris d’orfraie chaque fois que l’opposition critique la manière dont est assurée la sécurité des français : Union nationale, Unité nationale …

  Il ne fallait pas commencer Monsieur Hollande !

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