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jeudi 9 juin 2016

AVEC MÉLENCHON, C’EST PAS LE PÉROU, C’EST LE VENEZUELA

  Il est encore trop tôt pour nous brancher sur les sondages de la future élection présidentielle et suivre les crues et décrues des candidats déclarés, potentiels ou putatifs. Bien sûr, nous les regardons, en particulier l’enquête du Centre de recherches politiques de Sciences Po, le CEVIPOF, réalisée par IPSOS-STERIA en partenariat avec Le monde. Elle interroge tous les mois près de 10.000 électeurs sur leurs intentions à la primaire de la droite et du centre, à la présidentielle et aux législatives qui suivront. Nous en sommes à la quatrième vague qui a été publiée le 2 juin. Du beau travail dont nous aurons l’occasion de parler.
  Aujourd’hui nous nous contenterons de citer un seul chiffre, le score estimé de Mélenchon au premier tour de la présidentielle : 12%. On pourrait dire qu’il n’y a rien d’étonnant, même s’il est très près de Hollande, puisque c’est à peine un peu mieux que le résultat qu’il avait obtenu en 2012. Mais le contexte était radicalement différent.
  D’abord, sa candidature est pour l’instant individuelle. Il n’est que le leader du Parti de Gauche. Le PC, son allié de 2012, ne l’a pas rejoint et se divise entre ceux qui voudraient que leur secrétaire national, Pierre Laurent, les représentent, ceux qui considèrent qu’il serait suicidaire d'engager leur propre candidat qui risquerait de se retrouver bien derrière Mélenchon et ceux qui jugent prudent d’attendre de savoir s’il y aura une primaire de la gauche non socialiste et si d’autres candidats se déclareront que le PC pourrait soutenir tels que Montebourg ou Hulot. Donc Mélenchon est évalué à deux points de moins que Hollande (14%) et il n’a pas encore enregistré de ralliements hors de son propre parti. Quand cela arrivera…
  Ensuite, le contexte politique a radicalement changé. En 2012, c’était un combat classique droite-gauche, malgré la présence du FN à un niveau élevé mais absent du second tour. Aujourd’hui, la donne est bouleversée avec le succès rencontré par les candidats "horsystèmes", les populistes, qui sont contre tout et contre tous. Ils rencontrent un écho de plus en plus fort et menacent les partis de gouvernement traditionnels.
  Ne nous y trompons pas, il ne s’agit pas d’un phénomène uniquement français (même si chez nous les "antisystèmes", Front national et extrême gauche, représentent au moins 40% de l’électorat !) mais il est quasi général dans toutes les démocraties occidentales.
  En Grèce, Syriza a pulvérisé la gauche socialiste et battu la droite, comme en Autriche où droite et gauche classiques ont été éliminées au premier tour au profit d’un candidat d’extrême droite et d’un écologiste. Ce denier, qui a pourtant bénéficié de nombreux soutiens de tous côtés, n’a finalement gagné que de quelques milliers de voix.
  En Italie, le premier tour des municipales qui vient d’avoir lieu a vu, à Rome, se qualifier pour le second tour une candidate d’extrême droite et une candidate du "Mouvement 5 étoiles" de Beppe Grillo. La capitale italienne va donc tomber entre les mains d’un mouvement populiste, dont les cinq étoiles, censées représenter les cinq engagements, figurent sur son logo, juste au-dessous du nom  "MouVement", V majuscule pour Victoire mais aussi, selon son leader qui est un comique de profession, "Vaffanculo" que nous nous garderons bien de traduire.
  En Espagne, PODEMOS (prolongement politique des "Indignados", c’est-à-dire  les "Indignés", ce qui résume bien le programme !), mouvement d'extrême gauche apôtre de la démocratie participative, devrait devancer le parti socialiste lors des prochaines élections générales et devenir la première force d’opposition.
  On ne saurait oublier Donald Trump qui a remporté la primaire républicaine aux États-Unis malgré l’opposition de tous les leaders du parti et qui menace Madame Clinton pour la présidence. Le prototype du candidat antisystème, anti-hispanique, anti-arabe, isolationniste, protectionniste, populiste, démagogue et qui fait dans le comique lui aussi…
  On pourrait continuer encore, des mouvements antisystème il y en a dans toutes les démocraties occidentales, d’extrême droite ou d’extrême gauche, qui prospèrent sur les angoisses et les ressentiments des faibles et des déclassés.
  Nous, nous avons Mélenchon (en plus, bien sûr, du Front national). C’est un cas, celui-là aussi !
  Ce contre quoi il est, on le sait : contre l’Europe, contre la maîtrise des dépenses publiques, contre la limitation de la dette, contre l’ouverture des frontières, contre le libéralisme, contre le capital, contre les banques, contre les patrons... En réalité, c’est l'écho du Front national, dont il ne se distingue vraiment que sur un seul sujet : l’immigration. D’ailleurs, ils sont, l’un et l’autre, le réceptacle des déçus de Hollande qui, comme les syndiqués de la CGT, rejoignent en masse soit Marine Le Pen soit Mélenchon.
  En revanche, qui sait ce qu’il propose vraiment ? On ne lui demande pas de chiffrer puisque l'on a compris qu’il refuse de compter, pas plus les dépenses que la dette, mais son programme concret ? Il n’y en a pas. En revanche, on connaît ses modèles, ceux qu’il prétend imiter. Tsipras et Chavez ; édifiant !
  Lors de l’élection de Tsipras en Grèce, il a vu la vierge : enfin un dirigeant européen élu démocratiquement décidé à faire la nique à l’Europe et au FMI, de mettre fin aux mesures d’austérité négociées par ses prédécesseurs pour tenter de sauver le pays de la banqueroute et qui refuse d’assumer la dette de son pays. Etant un démocrate, il demande au peuple de rejeter par référendum le plan proposé par la maudite Troïka appelée au chevet de la Grèce. Et le peuple lui donne raison. Mélenchon entre en extase : la Grèce va sortir de l’euro, c’est toute l’Europe qui risque d’exploser. Mais Tsipras met fin à son bluff, accepte tout ce qu’on lui demande et selon sa propre expression « donne même sa chemise ». Notre héros national qui ne cessait de clamer son admiration pour son ami Tsipras et qui multipliait les occasions d’être pris en photo avec lui découvre qu’il est cocu et s’en trouve fort marri.
  Mais il a un autre guide, le "Comandante" Hugo Chavez, président populaire et populiste du Venezuela. Élu en 1999, il met en œuvre la  "Révolution bolivarienne", instaure une "démocratie participative", nationalise à tout va et lance une politique sociale qui lui vaudra l’adoration du peuple et l’admiration de la gauche internationale. Lorsqu'il meurt en 2013, il est remplacé par Nicolas Maduro son vice-président Aujourd’hui, après 17 ans de "Chavisme" le Venezuela n'est plus qu'un champ de ruines. Plus rien ne fonctionne, les produits les plus élémentaires font défaut, pour payer le peu que l’on trouve il faut déverser une valise de billets dévalués, l’insécurité règne partout. Mais Maduro s’accroche au pouvoir au mépris de la constitution et muséle l’opposition qui est pourtant devenue largement majoritaire au parlement.
  À la disparition de Chavez, Mélenchon est désespéré. La révolution bolivarienne est pour lui « une source d’inspiration » et il jure que « Chavez a été la pointe avancée d’un processus large dans l’Amérique latine qui a ouvert un nouveau cycle pour notre siècle, celui de la victoire des révolutions citoyennes. »
  Mélenchon, c'est donc le Venezuela. L’homme qui pourrait éliminer Hollande du second tour de la présidentielle et peut-être même le reléguer à la quatrième place ...
  Caramba !

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