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vendredi 22 avril 2016

UNE RÉPUBLIQUE À DORMIR DEBOUT

Nous sommes passés l'autre jour Place de la République. Certainement pas pour assister au théâtre de Guignol qui s'y produit le soir ni pour écouter les histoires à dormir debout qui s'y racontent, mais simplement pour sortir du métro, face au boulevard Voltaire, pour nous rendre à une réunion de famille. Devant nous, montant l'escalier qui débouche sur la place, un jeune adulte ressemblant à un étudiant attardé, se dirigeait vers les rassemblements, tenait dans sa main une bouteille. Et si c'était un cocktail Molotov ? Vérification faite, il s'agissait d'un litron de mâcon-village destiné, sans doute, à un double usage : la boisson et le crâne d'un keuf.
Imaginant qu'il était peu probable que l'on nous en offrit un verre, nous entreprîmes de remonter le boulevard Voltaire. Pauvre Voltaire, jamais il n'aurait imaginé que l'on pouvait faire un tel usage de la liberté d'expression! ! On aurait dit que pour rétablir l'ordre Hollande avait envoyé ses Rafales pour lutter contre la finance ennemie. Toutes les banques, toutes les compagnies d'assurances, les supermarchés, les boutiques de marques, avaient leur vitrine éclatée et leur façade taguée. Même la MNEF! La police, sur ordre venu d’en haut, regardait avec une tendre indifférence cette "sympathique jeunesse" jeter sa gourme. Seuls rescapés de ces nuits de cristal, les magasins de Mangas. Même les casseurs ont une culture...
Non, il n’est pas sympathique, comme il est de bon ton de le dire, d'injurier les policiers que l’on avait applaudis alors qu’on avait la trouille, de molester un philosophe dont on ne partage pas les idées, après s’être proclamé Charlie et défilé pour la liberté d’expression, de ravager ou laisser ravager tout un quartier pour se faire remarquer. « On n’est pas sérieux quand on a 17 ans », disait Rimbaud. Ce n’est pas parce que l’on en a cinq ou dix de plus que l’on est sympathique.
Quand on a connu des mouvements de ce genre et que l'on en a compris les motivations vaines et pas toujours saines qui les animent, on finit par rester de marbre. Il y a longtemps que nous ne ressentons ni intérêt, ni inquiétude, ni même indignation pour ces poignées de zigottos qui ne représentent qu'eux-mêmes, ce qui n'est même pas sûr. Comme tous leurs prédécesseurs depuis mai 68, quelques malins émergeront que l'on retrouvera bientôt à la tête des syndicats et mouvements d'étudiants, des mutuelles et associations engagées, une main levée poing fermé, l'autre discrètement glissée dans la caisse. Plus tard, ils dirigeront partis de gauche, d’extrême gauche, d’écologie, seront journalistes ou philosophes. Le reste du troupeau, les moutons suiveurs, se retrouveront seuls à cultiver une nostalgie de moments qu'ils persisteront toute leur vie à trouver exaltants. Au final, les uns et les autres n'auront comme alternative que de se faire traiter par leurs descendants soit de gâteux soit de fascistes, voire des deux. On ne y nous reprendra plus à glorifier ces jeunes pousses de la marginalité, ces vieux ratés du marxisme radieux, ces futurs cocus de la modernité.
La jeunesse dans sa grande majorité, c’est autre chose ! Elle est effectivement sympathique et aurait bien raison d’exprimer, même physiquement, ses aspirations. Et on aurait bien tort de ne pas l’écouter. Evidemment, on les aime, comme des fous, mais ce serait mieux s’ils pouvaient n’être pas comme ceux que l’on nous montre…
En réalité, le plus préoccupant, ce n’est pas la jeunesse, quelle qu’elle soit, c’est la réponse donnée par le pouvoir à ces dégradés de la démocratie, à ces violeurs des lois républicaines, à ces étrangleurs de la liberté d'opinion. Quand on les voit faire un triomphe à Varoufakis on comprend à qui on a affaire: crachât et main tendue...
Mais, quand on est de gauche, on se droit de trouver sympathiques ces illuminés du bocal, ces infirmes du travail, ces professionnels de l'échec. La gauche croit qu'il y a du grain à moudre. Une fois de plus elle sera roulée dans la farine. Ces mouvements se terminent toujours de la même façon : à la fin, elle se retrouvera à la niche pour quelques années. La droite, en revanche, ne dit pas grand chose, elle a compris que ces rigolos travaillaient pour elle.
Personne ne peut s'en féliciter. Il faudrait tout de même, se poser un jour la question : pourquoi laissons-nous quelques marginaux minoritaires et délinquants fixer leur propre agenda et laisser l'indigence intellectuelle occuper et saccager l'espace public, alors même que le gouvernement nous rebat les oreilles avec son état d'urgence censé assurer notre protection dans une situation où aucun désordre ne peut être toléré.
Bah, se dit-on à l’Élysée, à Matignon et Place Beauvau, si on leur fait des risettes, ils finiront bien par voter Hollande !

Le rêve debout...

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