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lundi 1 février 2016

HOLLANDE SERA-T- IL ÉPINGLÉ SUR LE "MUR DES CONS" ?

Loin de nous l’idée de commenter, sous quelque forme que ce soit, l’épouvantable affaire Sauvage, ni le drame d’une femme battue, ni de ce qui aurait dû être fait ou pas fait. Personne ne peut douter de notre compassion ni de l’urgence de renforcer la lutte contre la violence conjugale. Personne.
Notre sujet est différent : peut-on, par un acte politique décidé sous la pression populaire, désavouer une décision de justice ?
C’est curieux mais en ce moment il nous arrive d’être d’accord avec Hollande. Par exemple sur la déchéance de la nationalité (ce sera l’objet de notre prochaine chronique) et sur la position qu’il avait prise avant d’être élu président sur le droit de grâce présidentiel et sur son engagement anaphorique de préserver l’indépendance de la justice. Hollande était, en effet, opposé au droit de grâce dont il condamnait le côté Ancien régime. Quant à la justice, il s'était engagé lors du débat avant la présidentielle : « Moi président de la République, je ferai fonctionner la justice de manière indépendante ». Cochon qui s’en dédit…
Le droit de grâce était un attribut royal. C'était logique puisque la justice elle-même relevait du souverain (le "bras de justice" que l’on voit sur tous les portraits de nos rois) mais c'est évidemment incompatible avec la démocratie et son principe de base : la séparation des pouvoirs. Rétablir ce droit, n’est-ce pas réactionnaire ? Mais il y a plus grave : on se souvient de la colère, jamais éteinte depuis, des magistrats, de s’être fait traiter de petits pois par Sarkozy. Injure à magistrat ! Et voilà que le président de la République désavoue deux décisions de justice prononcées par des cours d’assises et des jurys populaires. Deux décisions identiques prises par des juges indépendants et des citoyens souverains. Et pourtant, avec cette grâce, une personne condamnée à 10 ans de prison va bénéficier d'une liberté conditionnelle peu de temps après. Est-ce vraiment respecter l'indépendance de la justice! Que penser d’une grâce décidée dans des délais aussi brefs, inspirée par des pétitions et des sondages d’opinion ? 
Que voulez-vous, on peut avoir du cœur et des ambitions politiques. La preuve : Hollande n’a pas hésité, ni attendu, pour donner une consécration médiatique à son acte en invitant, dès ce soir, les filles et les avocates de Madame Sauvage, à une cérémonie officielle donnée à l’Elysée en l’honneur du président cubain, connu il est vrai pour sa haute opinion de l’indépendance judiciaire …
Hollande se trouvera-t-il à son tour épinglé sur le "mur des cons" du syndicat de la magistrature ?
Certains seront sans doute choqués par nos propos: comment peut-on être, à la fois, machiste et indifférent à la souffrance ? Qu’ils se souviennent qu’ils étaient Charlie et qu’ils ont défilé pour la liberté d’expression. Qu’ils comprennent que l’on ne peut pas tout demander à l’État et faire peu de cas des règles sur lesquelles il est fondé.

L'ÉTAT DE GRÂCE
Nous avions bien dit que la mesure en faveur de Mme Sauvage sentait l'instrumentalisation politique ! Eh bien, il n'aura pas fallu attendre longtemps pour en avoir la preuve, la double preuve, en fait. 
L'invitation des filles et des avocates au dîner d'état en l'honneur du président cubain démontrait la manipulation politique. Apparemment nous n'avons pas été les seuls à le penser puisque l'invitation vient d'être annulée. Un raté, une gaffe, un couac ? En tout cas, c'est bien la preuve qu'il s'agissait moins d'un coup de cœur que d'un coup de com.
D'une certaine façon, nous nous en réjouissons car, pour être tout à fait franc, c'était cette invitation malvenue qui nous avait vraiment choqué et poussé à écrire notre article sur le sujet. Mais nous redoutions d'être mal compris et de passer pour un sexiste sans cœur. On voit bien maintenant qu'il ne s'agissait pas de compassion mais de combine...
Rassurez-vous, elles seront bien reçues à l'Elysée mais cela se fera plus tard, de manière plus discrète et pas lors d'une cérémonie d'état. 
Décidément Hollande ferait bien de se méfier des ses interventions dans les affaires politico-judiciaires. Elles réservent souvent de mauvaises surprises....
A propos, elle est où, Léonarda ?

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