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mardi 24 novembre 2015

DES DISCOURS ET DES ACTES

Il nous faut l’avouer, nous avons dû nous faire violence pour reprendre la plume après les terribles événements du 13 novembre. Mais il nous faut continuer nos chroniques du règne de François II. Nous l’avons accompagné pendant trois ans et demi, ce n’est pas pour le lâcher dans la dernière ligne droite.
Nous ne commenterons pas, en revanche, les massacres barbares eux-mêmes. Tout a été dit, montré, commenté. Chacun a désormais son opinion. Respectons-la.
Nous allons donc nous focaliser sur notre sujet préféré, Hollande bien sûr.
Il nous surprendra toujours. Il a, à peu près, tout raté : la croissance, le chômage, les déficits, la dette, l’école ; il s’est mis à dos successivement les médecins, les notaires, les avocats, les ouvriers, les agriculteurs, les petits entrepreneurs et même les enseignants… On ne peut pas dire que la France soit vraiment apaisée.
Mais qu’arrive un drame tel que celui que nous avons vécu début janvier avec Charlie Hebdo et l’hyper Casher ou le funeste 13 novembre et il devient le chef exemplaire dont toute la nation salue l’autorité et l’efficacité. Et dire qu’une grande gueule de gauche l’avait comparé à un "capitaine de pédalo" ! Mais mon pauvre Mélenchon, c’est par beau temps qu’il louvoie, dans la tempête c’est le pacha ! Le problème serait plutôt qu’il ne parvient pas à éviter le mauvais temps. Après les attentats de janvier on a pu relever tous les trous dans notre système sécuritaire et tous les ratés de la lutte anti-terroriste. Mais on allait voir ce que l’on allait voir. Il était le chef, nous étions Charlie, Daesh allait être détruite. Neuf mois après, le 13 novembre, ce fut pire : 130 morts et des centaines de blessés, un terrible massacre commis par des assassins circulant librement dans la zone Schengen et généralement bien connus des services de renseignement. Il y a sans doute eu, quelque mois après, la loi sécurité qui a fait hurler la gauche bien-pensante et que la droite n’a pas voté parce qu’aucune de ses propositions n’a été retenue. Pour quelle efficacité ?
On dira (Hollande lui-même, l’union nationale n’empêche pas les vacheries) que c’est de la faute de Sarkozy, sous le mandat duquel près de 10.000 postes ont été supprimés dans la police, la gendarmerie, la douane… c’est un fait incontestable. Mais pourquoi alors les effectifs totaux actuels sont exactement équivalents à ce qu’ils étaient au départ de Jospin en 2002 ? C’est que le ministre de l’intérieur qui a succédé à celui de Jospin a été contraint de recruter… près de 10.000 fonctionnaires de sécurité pour compenser les 35 heures de Madame Aubry. Ce ministre était Nicolas Sarkozy. Donc si les effectifs sont insuffisants, les torts sont, au moins, partagés. D'autant plus que Hollande, qui a bien trouvé les moyens de recruter 60.000 enseignants, aurait pu faire ce qu'il jugeait nécessaire, compte tenu de la nouvelle conjoncture, pour maintenir les effectifs de la police à niveau. Il a eu trois ans et demi, il suffisait de le vouloir. Est-ce parce que les services de sécurité, eux, votent généralement à droite ?
En fait, nous venons de comprendre ce que Hollande voulait dire avec sa devise : "Le changement, c’est maintenant". Maintenant, c’est aujourd’hui, et demain et après-demain, chaque jour est maintenant. Et, de fait, Hollande n’a pas cessé de changer de politiques depuis son élection. Ce que Sarkozy avait fait avant lui, d’abord. Ce qu’il avait fait lui-même, ensuite. C’est ainsi qu’il annulé la hausse de la TVA pour l’augmenter à son tour un peu plus tard. Qu’il a fait de la finance son adversaire avant de baisser les charges des entreprises (qu’il avait augmentées au préalable), supprimé la détaxation des heures supplémentaires avant de baisser les charges des salariés qui en étaient les bénéficiaires. Mais il a fait, en un seul coup, beaucoup plus fort. Ayant convoqué le Congrès à Versailles (grâce à la réforme de la constitution voulue par Sarkozy en 2008 alors que Hollande et ses camarades avaient voté contre) il a annoncé des mesures choc, copié-collé des propositions de droite et précédemment rejetées avec horreur (que n’a-t-on entendu de liberticide jusqu’à fascisant…). Ben oui, la déchéance de la nationalité pour les binationaux, en voilà une belle et neuve idée, la rétention ou le bracelet pour les terroristes potentiels, c'en est une autre, ainsi que le port d’armes pour les policiers hors service, les expulsions des imams salafistes, une sévérité accrue de la justice, presque tout y est.
Mais le changement le plus spectaculaire est l’inversion, du jour au lendemain, de la politique étrangère vis à vis de la Syrie et de la Russie. Fini le ni "Bachar, ni-Daesh". Nous avons un seul ennemi, l’Etat islamique et nous voulons faire coalition unique avec la Russie. On oublie Bachar pour l’instant. Exactement ce que demandait la droite depuis des mois, preuve que ce n’était pas une mauvaise idée.
Quel talent tout de même : tout à la fois piquer son programme à la droite, réduire au silence les contestataires à sa gauche et remonter dans les sondages juste avant les régionales…Il ne lui reste plus qu'à obtenir des résultats.
Espérons  que l’on  ne  dira pas un  jour de  Hollande ce que l’on  a dit  de  René Viviani, président socialiste du Conseil au début de la  Grande Guerre : « Il n’est homme que dans ses discours, aucunement dans ses actes. »

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