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mercredi 28 octobre 2015

LE CASSE-TÊTE

Les sondages ne sont pas fiables. Ils se trompent souvent, parfois même ils sont manipulés. « D’ailleurs, moi, je ne lis jamais les sondages. » C’est ce que l’on entend souvent des politiques mais aussi des électeurs. Comme s’il s’agissait de journaux à scandales. Avez-vous déjà rencontré quelqu’un qui reconnaisse lire "Voici" ou "Closer" (sauf chez le coiffeur, pour passer le temps…) ? Ou entendu une maitresse de maison félicitée pour son fondant au chocolat confier qu’il venait de chez Picard ?
C’est pareil pour les sondages. On se jette dessus lors de leur parution mais on en parle avec désinvolture : « Moi, les sondages, vous savez… »  Pourtant ils jouent un rôle essentiel si l’on en fait bon usage. On répète sans cesse que ce n’est pas une prévision mais une photographie à un moment donné de l’état de l’opinion. Sans doute, mais si l’on fait comme pour les dessins animés de jadis et que l’on colle les photos les unes après les autres et que l’on fait défiler la bande on découvre rapidement que l’opinion est en mouvement. C’est ainsi que l’on a compris que l’élimination de Jospin en avril 2002 était en fait annoncée dans les sondages avant l’élection.
On dit également que les sondages très en avance sur l’élection misent généralement sur le mauvais cheval. Mais ne contribuent-ils pas à faire évoluer l’opinion ? Leur rôle dans le choix des candidats notamment est plus important qu’on ne le dit. Hollande n’a-t-il pas gagné la primaire parce que les sondages lui donnaient le meilleur score contre Sarkozy ? Et la droite ne choisira-t-elle pas le candidat le mieux placé pour arriver au premier tour devant Hollande ou…Valls ?
Parce qu’une élection présidentielle se joue souvent non pas au second tour, ni même au premier mais dès la désignation des candidats, primaire ou pas. Ce n’est donc pas forcément le sentiment de l’ensemble des français qui compte mais le choix d’une petite partie d’entre eux, ceux qui désignent le candidat de leur camp.
Prenons un exemple, le sondage ELABA/BFM du 21 octobre sur les souhaits des français sur les candidats à la prochaine présidentielle.
Première question : « Pour chacune des personnalités suivantes, souhaitez-vous qu’elle soit candidate à la prochaine élection ? »
Nous avons agrégé "oui, tout à fait" et "oui, plutôt" d’une part et "non, pas du tout" et "non, pas vraiment". Cette question est posée à un échantillon représentatif de l’ensemble des français. La réponse est oui ou non pour chaque candidat potentiel, seuls 1% se disent sans avis. Le résultat est sans appel.
Le seul à dépasser la majorité est Juppé avec 52% de" oui". Viennent ensuite Le Pen (37%), Bayrou (36%), Valls (35%), Sarkozy (28%), Mélenchon (26%). Hollande (19%) ne dépasse que Duflot (13%).
Tout est clair ! Le match opposera Juppé (dans cette hypothèse Bayrou ne se présentera pas) à Valls (quel socialiste choisirait le candidat qui pèse 19% alors qu’un autre obtient 35% ?) dans un premier tour contre Le Pen. Pince-mi et pince-moi sont dans le même bateau, lequel tombe à l’eau ?).
Clair ? Pas vraiment, non. Pour deux raisons :
Primo, la question est tordue qui ne parle que des candidats que l’on aimerait bien voir se présenter mais pas de celui pour lequel on serait prêt à voter. En réalité, la question est négative : quel est le candidat dont vous ne voulez pas, celui que vous détestez le plus. Il faut donc plutôt regarder du coté des "non, pas du tout" et non, pas vraiment". C’est l’un des points importants du sondage : 80% des sondés ne veulent pas de Hollande et 61% de Sarkozy.
Peut-on en déduire qu’ils sont hors course ? Ce serait absurde car l’électeur LR répondra assurément "non, pas du tout" pour Hollande et le socialiste fera de même avec Sarkozy. Pire, la haine qui ressort de ce sondage, qui ne fait pas vraiment honneur à la démocratie, ne conduit-elle pas à répondre "oui" pour un autre candidat, fusse-t-il du camp adverse, simplement parce qu’il est un adversaire de celui que l’on déteste ?

Dire que Hollande parle d’une France apaisée…
Secundo, la seconde question reste la même : « Pour chacune des personnalités suivantes, souhaitez-vous qu’elle soit candidate à la prochaine présidentielle ? » Mais elle est posée séparément aux sympathisants de gauche, de droite et du centre et aux "Républicains". Où l’on voit que la haine familiale est plus forte que la haine de l’adversaire politique…

Réponse des sympathisants de gauche :
Grosse surprise : Juppé est le candidat préféré de la gauche avec 55% de "oui", exactement autant que Valls ! Hollande est à 11 points derrière…Comment pourra-t-on éviter une primaire à gauche ?

Réponse des sympathisants de droite et du centre
Juppé confirme son avance avec 72% de "oui", 15 points de mieux que Sarkozy (57%). On sent le poids décisif du centre. Il devrait toutefois se méfier : jamais sous la Vème République le candidat du centre n’a été élu (à l’exception de Giscard d’Estaing mais il avait le soutien de Chirac).

Réponse des sympathisants "Les Républicains"
Le chef reste le chef : Sarkozy vient donc en tête avec 73% de "oui". Mais il n’a qu’une faible avance sur Juppé qui en recueille 69%. Même chez les Républicains donc, rien n’est réglé. Bayrou qui obtenait 37% auprès de la droite et du centre n’en obtient que 24% chez "Les Républicains.
Le message est clair : si à gauche seule l’union peut éviter le naufrage, la droite, elle, est dépendante du centre. Mais dans le même temps le noyau dur se "droitise" et quand les programmes se dévoileront et qu’il faudra choisir un seul candidat les électeurs de droite se reconnaîtront-t-il dans un centrisme attrape-tout ?

On l’aura compris, le sondage que nous avons essayé de déchiffrer n’est pas un sondage mais un "casse-tête", ce vieux jeu de foire où l’on lance des boules en laine sur des visages pour les faire tomber. Mais en beaucoup plus dangereux car, si chaque camp fait tomber son meilleur candidat, c’est la Marine qui risque de gagner le pompon. 

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