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lundi 8 juin 2015

LES 700 DERNIERS JOURS DU PS ?

Entre le 25 décembre 2010 et le 6 mai 2012 nous avons tenu notre premier blog qui s’intitulait "Les 500 derniers jours du PS, avant les présidentielles de 2012 ". Le titre trouvait sa justification dans une citation de Hollande lui-même: « Le candidat socialiste devra gagner ou bien le parti risque vraiment cette fois de disparaître.»
Avec le recul, on se rend compte que cette simple phrase explique pourquoi la question de la survie du PS se pose à nouveau bien qu’il ait gagné les présidentielles de 2012 et que le PS ait remporté, dans la foulée, la majorité absolue à l’assemblée nationale. Il y a, en effet, derrière cette déclaration, un aveu : seule comptait la victoire électorale.
Mais il y a surtout une omission, la deuxième phrase, autrement importante, qui aurait dû être la suivante : « Mais si nous arrivons au pouvoir, il faudra réformer non seulement le pays mais aussi notre mouvement pour en faire un parti du vingt-et-unième siècle, libéré des querelles doctrinales et de ses vieilles lunes idéologiques. »
Hollande a été élu sur un désaveu et un mensonge. Le désaveu, le candidat socialiste en a usé et abusé, était celui qui frappait Nicolas Sarkozy. Le mensonge portait promesse de sortir "Maintenant" la France de la crise.
Quel est aujourd’hui le résultat ? Sarkozy, à propos duquel Hollande avait répondu à un enfant qui lui demandait où était l’ancien président : « tu ne le reverras plus », est le chef de l’opposition, tandis que lui-même est rejeté par les trois quarts des français.

Ce weekend se tenait à Poitiers le congrès du parti socialiste. Il n’y a pas grand-chose à en dire tant l’atmosphère était morne et résignée. Le premier ministre lui-même, qui en était la vedette, s’y ennuyait tellement qu’il s’est enfui dans un avion de la République ("Moi, premier ministre…") pour aller à Berlin assister au triomphe de l’équipe de son cœur en finale de la coupe d’Europe de football, le "Barça" bien sûr ! Bien la peine de critiquer Sarkozy qui était allé quelques jours plutôt au Havre dans un avion privé affrété par les Républicains pour 3.200 euros. Combien payé par l’état pour soutenir une équipe espagnole ?
L’affaire agita le congrès jusqu’au moment où Montebourg acheva de pourrir l’ambiance par une déclaration conjointe avec le banquier d’affaires Mathieu Pigasse, dans le JDD, où l’on trouve cette jolie phrase qui ressemble à du Victor Hugo : « Hébétés, nous marchons vers le désastre… » et qui pose la question qui tue : « Est-il encore possible d’éviter le désastre politique et moral pour cette gauche de gouvernement qui semble avoir abandonné la France ? »
Pour achever le moral des congressistes, le premier secrétaire du parti, J-C. Cambadélis, jugea bon d’affirmer que : « Le PS subirait une crise majeure s’il perdait les futures élections » avec ce commentaire stupéfiant : « si jamais le parti socialiste venait à disparaître… » 

Nous voici donc repartis pour un tour et le parti socialiste à nouveau menacé dans son existence. Les 700 derniers jours du PS ?
De fait, le déclin est en marche et le parti socialiste se vide, observant la sortie du "terrible cortège" de ses soutiens traditionnels. Solferino fait penser à ces villes des États-Unis (à l’époque de la grande dépression ; celle de 1929) où l’on voyait des pancartes sur lesquelles était écrit « Le dernier qui s’en va est prié d’éteindre la lumière. »
Les fuites viennent de partout.
-les premiers électeurs migrateurs furent les classes ouvrières et populaires, les commerçants, les petits entrepreneurs, les agriculteurs…
-plus récent et encore plus inquiétant, les intellectuels, qui se revendiquent encore de gauche mais qui se font carrément traiter par les dirigeants socialistes de pseudo-intellectuels quand ce n’est pas de suppôt du front national. Onfray, Finkielhkraut, Gauchet, Todd, Debray, Julliard…Tous les jours la liste s’allonge.
-les élus locaux, c’est carrément l’hémorragie. Pourtant ils ont été la grande réussite du PS ces dernières décennies qui avait gagné toutes les élections locales, constitué un maillage territorial véritable ossature du parti et démontré un réel professionnalisme dans la gestion des communes, des départements, des régions. Des dizaines de milliers de maires, de conseillers généraux, régionaux étaient implantés dans le pays réel. Aujourd’hui, une grande majorité d’entre eux pointe à pôle emploi ; qui oserait leur reprocher de déserter Solferino ?
-reste le noyau dur des grands bataillons de la fonction publique qui soutiennent le parti socialiste, puisque le parti socialiste les soutient, mais les réformes du collège et des programmes pourraient faire fuir, à son tour, le monde enseignant et ses syndicats.
Donc, comme à la veille des longs weekends, il y a du monde à la sortie. C’est d’autant plus étonnant que les français restent sensibles aux idées de gauche, aux difficultés des plus défavorisés, aux excès des uns, aux injustices des autres, aux inégalités des chances. Pourtant, jamais autant de français se sont autant éloignés du PS…
Au fond, cela prouve que l’on peut être socialiste sans être du parti socialiste ; comme l’on peut être républicain sans être chez "Les Républicains"…
Mais on ne va pas plaindre ceux qui se sentent de gauche et en sont malheureux car il y a aussi des français, tout aussi nombreux, qui se sentent démocrates-chrétiens, ou sociaux-libéraux, et qui eux-mêmes, depuis fort longtemps, ont perdu leur maison commune.
Parce que, franchement, qu’y a-t-il de pire, entre se sentir de gauche et devoir voter Hollande ou être social-libéral et se résigner à voter Bayrou ?

Qu’avons-nous fait au bon Dieu pour mériter cela ?

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