Adresses

BLOG : http://www.francois-2.com/
o
u : http://francois-2.blogspot.com/
MAIL: agvialain@gmail.com


AUTRES BLOGS

Les 500 derniers jours du PS, avant la présidentielle de 2012:
Campagne 2012 de François Hollande
agv-solferino2012.blogspot.com/
agv-solferino2012.blogspot.fr/



« TOUT PARTI VIT DE SA MYSTIQUE ET MEURT DE SA POLITIQUE » (Charles Péguy)

samedi 23 mai 2015

LES A,B,C,D du socialisme

Nous ne parlerons pas ici la lutte contre les stéréotypes du genre mais plutôt des stéréotypes sur le genre de libertés que pratiquent "Les Socialistes".
A, B, C et D sont l’appellation donnée aux quatre motions sur lesquelles les adhérents socialistes ont été appelés à se prononcer le 22 mai en préalable au congrès de Poitiers, (5-6 Juin) et à l’élection de leur premier secrétaire. Gros soupir de soulagement, la "motion A" dont Cambadélis est le premier signataire mais qui pourrait s’appeler "motion H", pour Hollande puisqu’elle bénéficie de son soutien, comme de celui du premier ministre et de tous les membres du gouvernement. Ce qui se comprend puisque c’est la première élection qui n’est pas perdue depuis qu’il est président… Cambadélis ne s’y est pas trompé qui, avant même que les résultats ne soient publiés, a déclaré : « C'est un vote très important pour le PS. Nous sommes à plus de 60%" pour la motion A, soutenue par le gouvernement. Le PS sort de la crise, c'est la renaissance du parti… Si François Hollande souhaite se présenter à la présidentielle en 2017, il sera en position de force. » Divine surprise en vérité ! 60% des votants, vous vous rendez-vous compte ? Cette motion était soutenue par tout l’appareil de l’État, et elle dépasse largement les 50% ? Sonnez trompettes…
Au premier tour de la primaire socialiste, en 2011, les candidats d’alors, qui soutiennent aujourd’hui la motion A, avaient obtenu les ¾ des voix et le déjà frondeur Montebourg 17%. La "motion B", conduite par le nouveau chef frondeur, Christian Paul, obtient 30%. Un adhérent sur deux s’est abstenu, pourtant avec la disparition de plus de 40.000 encartés, c’est le noyau dur de la socialie qui s’est exprimé.
Souvenons-nous du commentaire de Cambadélis lors de l’élection du président de l’UMP (65,5% des voix pour Sarkozy, 30% pour Lemaire) : « Cette élection a une apparence : Nicolas Sarkozy mal élu. Mais elle a aussi une réalité : la division. » Bien vu n’est-ce-pas ? Il devait penser au parti socialiste…
Si vous n’avez pas mieux à faire, ou si vous souffrez d’insomnies, vous pouvez lire le texte de la "motion A" (site du PS, 38 pages). C’est très révélateur du désarroi dans lequel sont plongés les socialistes français. Une part importante du texte est consacrée à la critique de l’opposition, l’UMP et Sarkozy surtout, ainsi que le front national. Il faudrait redonner confiance aux adhérents, leur donner un projet neuf, les persuader que les choses vont s’améliorer. Mais non, la focalisation sur l’adversaire revient à dire : c’est vrai, on n’est pas bons mais ça serait bien pire avec la droite ! Baser une campagne sur le dénigrement du concurrent peut se comprendre quand on est dans l’opposition, cela a bien réussi à Hollande, mais quand on est au pouvoir c’est simplement l’aveu de l’échec.
En fait, il ya deux grandes idées dans ce texte. Un : le retour de la droite serait catastrophique. Deux : le programme du parti socialiste tient en un seul slogan, la lutte contre les inégalités. Pas l’égalité des droits, comme le garantit la constitution, mais l’égalité réelle c'est-à-dire l’égalitarisme. La reconnaissance du mérite, c’est l’inégalité ; la récompense du travail, c’est encore l’inégalité…
Il faut vraiment lire ce document. Vous serez étonnés de constater que certains mots n’y figurent pas. Comment peut-on se dire de gauche et ne parler jamais, pas une seule fois en 38 pages, des classes populaires, des ouvriers, du prolétariat ? On sait bien que la lutte des classes est terminée et que la classe populaire et ouvrière est partie ailleurs, à droite et à l’extrême droite. Alors on cherche une autre clientèle, celle des minorités, à qui l’on promet l’égalité réelle et à qui l’on garantit des transferts en tout genre par exonérations fiscales, allocations, primes…
À vrai dire ce n’est pas seulement la gauche français qui commence à douter de sa survie. Elle va, dans toute l’Europe, de défaites en défaites et abandonne le terrain à la droite : en Grande Bretagne on assiste d’élection en élection à la déroute des travaillistes, en Allemagne le SPD semble irrémédiablement réduit à un rôle de supplétif de la démocratie chrétienne, en Italie le socialisme a été cannibalisé par le centre gauche. Ailleurs, elle se fait dépouiller par l’extrême gauche, Siriza en Grèce, Podemos en Espagne. Ce n’est pas simplement une mauvaise passe, c’est un mouvement sans fin. La gauche européenne n’a plus rien à dire aux travailleurs qui étaient son fond de commerce.
La raison est simple et dramatique pour la démocratie : prise en étau entre la mondialisation et l’immigration elle n’a plus rien à proposer puisqu’elle refuse de se donner les moyens de s’adapter à l’une et à l’autre. "Compétitivité" et "identité" sont devenus des gros mots. Quand on n’a pas de réponse aux deux seules questions qui comptent pour les français : comment sauver nos emplois et comment intégrer l’immigration sans perdre ses valeurs, on va voir ailleurs… Alors ses troupes la quittent.

Aucun commentaire: