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jeudi 30 avril 2015

LE LÉVIATHAN EST SOCIALISTE

Soyons justes, Hollande et les socialistes n’ont pas tout raté et du changement il y en a eu. Malheureusement pas sur les sujets que les français attendaient, c'est-à-dire l’emploi, le pouvoir d’achat, le sauvetage des retraites, l’éducation de leurs enfants, la dette dont ils hériteront. Pour cela il fallait de profondes et courageuses réformes de l’environnement économique français. Ils n’en n’ont pas eu le courage, ou les moyens. 
Alors on a fait semblant. Pas question de toucher aux 35 heures, à l’âge de départ à la retraite, au code du travail, à la fiscalité confiscatoire. Nos gouvernants sont des petits chimistes : du cosmétique pour l’emballage (on aime les grandes lois dont le titre est plus important que le contenu) et de l’homéopathie pour la matière (beaucoup de pilules mais microcosmiques). C’est la loi Macron dont les mesures sont importantes par le nombre et insignifiantes par la profondeur. C’est encore la loi Rebsamen qui devait en finir avec les seuils sociaux, créer un contrat de travail unique et se contentera de quelques modifications de forme dans certaines instances de représentation des salariés. Conscient de la maigreur de la réforme Hollande y a ajouté l’extension aux jeunes de la nouvelle prime d’activité. Les aides, les socialistes savent faire… 
Pourtant des réformes il y en a eu mais elles se sont limitées à la sphère sociétale. "Limité" n’étant d’ailleurs pas le mot approprié pour des changements dont on se rendra rapidement compte qu’ils ont bouleversé le contrat social et modifié les rapports entre l’État et le citoyen. Laissons les intellectuels germanopratins débattre de savoir si la France est plutôt une république ou plutôt une démocratie. Aujourd’hui on sait que la France est un État socialiste. Il est fondé sur une idéologie qui se décline en deux principes : l’État privilégie l’organisation de la société (telle qu'il la conçoit) au détriment de la liberté des citoyens qui la composent ; il a pour mission d’instaurer l’égalitarisme, donc de supprimer le mérite qui est la cause des inégalités et de favoriser l’élimination des élites, puisque la réussite est immorale. De telle sorte que l’on est désormais fondé à se demander si ce n’est pas Hollande qui est devenu un tract du parti communiste des belles années… 
La révolution, parce que c’en est vraiment une, est sociétale et elle est terrorisante car elle consacre la victoire du Léviathan, cet État totalitaire qu’annonçait Thomas Hobbes et qui prétend tout gérer dans la vie des citoyens. 
Ces propos sont graves ? Oui. Ils sont injustes ? Quelques exemples, non exhaustifs permettront d’en juger. Ils portent sur des droits essentiels de la personne humaine. Ainsi la famille. La question n’est pas le mariage entre personnes du même sexe qui est un choix de société légitime mais la manière idéologique dont il a été imposé et le mépris affiché à l’égard des personnes qui y étaient opposées. Et le mensonge dont il a été accompagné s’agissant de la PMA et de la GPA, officiellement non encore reconnues mais pratiquement validées par des circulaires du ministère de la justice. Le nécessaire a, ainsi, été fait pour qu’un retour en arrière soit impossible. La famille a dû également subir des attaques financières, au travers des mesures appliquées sur le quotient familial de l’impôt sur le revenu et du traitement inégalitaire entre les enfants pour les allocations familiales. Familles, on vous hait… 
Justice toujours, avec la réforme pénale qui fait de la prison une exception et adoucit la peine pour les délinquants. Pas pour les victimes. 
L’école, évidemment, qui jusqu’à présent s’enfonçait dans l’échec et maintenant sombre dans le ridicule. Après le chamboulement des rythmes scolaires voici la réforme des programmes. Alignement sur la médiocrité, suppression des matières jugées élitistes, réécriture de l’histoire de France (on pourra faire l’impasse sur le moyen âge chrétien, sans doute parce que c’est au cours de cette période que la nation s’est constituée, à moins que ce ne soit pour éviter de parler des croisades...). Les classes bilingues en allemand ? Nein ! Elitist = verboten ! Rien d’idéologique dans tout cela, uniquement un progrès pédagogique. La preuve ? Les mathématiques dont les exercices devront désormais être "ludiques"… 
Autre pilier de notre société, la santé. Elle aura droit également à sa réforme. Parce qu’il est exact que tous les français n’ont pas un égal accès aux soins et à la même médecine on va généraliser le tiers payant qui prépare la nationalisation du système de santé. Par la même occasion, l’État s’arroge le droit de prélever sur les individus décédés, sans accord de la famille, les organes dont la société a besoin pour la transplantation (si l’on ne le souhaitait pas il fallait s’y opposer avant !). Fonctionnarisation du corps médical et nationalisation du corps des défunts, même combat. 
Comme on est incapable de redresser l’économie, parce que la croissance et l’emploi ne se décrètent pas et qu’il faudra bien présenter un bilan, on réglemente la vie sociétale : tarifs administrés, loyers plafonnés, mixité urbaine, pénalisation de toute comparaison sur les cultures, religions ou communautés… Ce qui n’est pas interdit est obligatoire. Voici de retour le Léviathan, ce "monstre tortueux" qui, à force d’autoritarisme réglementaire sensé protéger les individus les étouffe entre ses anneaux. 
Et il arriva ce qui devait arriver, l’État socialiste en vint à menacer la liberté individuelle, en totale contradiction avec les droits de l’homme et du citoyen dont le parti socialiste a fait, par ailleurs, son étendard. 
Nous voulons parler du projet " Renseignement" qui, s’il est adopté, donnera à l’État des moyens étendus d’investigation allant bien au-delà de la seule lutte contre le terrorisme et susceptibles de favoriser des actions liberticides. 
C’est alors que le redoutable serpent monstrueux se mordit la queue. Les frondeurs du PS et une grande partie des troupes de gauche se mirent à hurler à la dictature, appuyés par la ministre de la justice qui manifesta son opposition aux projets du premier ministre, tandis qu’à droite montaient les applaudissements. Subtilement le président Hollande se dit alors qu’il devait y avoir un loup quelque part. Il décida donc de consulter le conseil constitutionnel pour vérifier si ce projet constituait une menace pour la démocratie. 
Du jamais vu sous la Vème République ! Voici une loi qui serait préparée par le gouvernement, approuvée en conseil des ministres, votée par le parlement et que le président lui-même soumettrait, avant promulgation, au conseil constitutionnel pour contrôle de conformité à la constitution… Nous ne sommes pas en cohabitation, le gouvernement est "son" gouvernement et la majorité qui votera le texte voulu par "son" premier ministre est "sa" majorité et il aurait un doute sur la légalité du texte ? Imaginez qu’il soit validé et la loi promulguée, leur feriez-vous confiance pour l’appliquer ? 
Hollande commencerait-il à avoir peur du Léviathan ?

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