Les hasards de
la vie nous ont donné la chance, il y a bien longtemps, de rencontrer un grand
économiste aujourd'hui disparu. Il s’agissait de Wilfrid
Baumgartner, ministre de l’économie et des finances du général de Gaulle. Certains
se souviennent peut-être qu’il a succédé dans ce ministère à Antoine Pinay et qu’il
fut lui-même remplacé par Valéry Giscard d’Estaing. Il ne fallait pas être n'importe qui pour être ministre du Général ! Il est donc l’un des
responsables du formidable redressement de la France aux débuts de la Vème
République.
On imagine
aisément l’émotion d’un gamin entamant ses études d’économie et conversant avec
un tel personnage. Pressé de questions il nous confia un secret : « Voyez-vous,
jeune homme, l’économie est une chose fort simple et qui ne repose que sur ce
seul principe, faire moins de bêtises que les autres. » Devant mon air
ahuri il précisa : « Vous avez bien compris, moins de bêtises que nos
voisins et principaux concurrents. Un peu moins d’inflation, de dévaluation, de
déficits publics, de dettes surtout. Pour le dire encore plus simplement il
nous faut être aussi bons que les
meilleurs.» La leçon était
évidemment que si la conjoncture est internationale (nous étions au début de la
mondialisation) l’amplitude du cycle croissance/récession enregistrée au niveau national
dépend de la qualité de la politique économique de chaque état.
Pourquoi raconter cette anecdote aujourd’hui ? Parce que "le principe de Baumgartner" nous parait plus que jamais d’actualité, à un moment où nous entrons dans une nouvelle période, la troisième depuis que Hollande s’est engagé sur la voie de la présidence. Voyons ces trois périodes.
Pourquoi raconter cette anecdote aujourd’hui ? Parce que "le principe de Baumgartner" nous parait plus que jamais d’actualité, à un moment où nous entrons dans une nouvelle période, la troisième depuis que Hollande s’est engagé sur la voie de la présidence. Voyons ces trois périodes.
La première
correspond à la campagne électorale et aux débuts du règne de François II. Tout
est simple : si la France va mal c’est la faute de Sarkozy. L’excuse de
la crise n’est pas pertinente ainsi que les faits le démontreront avec le
changement.
Mais les faits
ont dit le contraire et il a fallu passer à la seconde période. Si les choses vont
encore plus mal c’est qu’il y a bien une crise. Pas en France, non, en Europe à
cause du maudit traité de stabilité que Hollande a dû signer dès son arrivée aux
affaires, mangeant ainsi son premier chapeau. La seconde période qui est en
train de s’achever est donc celle de l’attente d’un retour de la croissance
venant d’Europe.
Jusqu’ici tout
se tient : les choses allaient mal à cause d’un autre en France et la
solution dépend des autres en Europe. Hollande n'est responsable de rien, il a fait ce qu’il fallait.
Et nous voici entrés
dans la troisième période, celle de la reprise. Chute du pétrole, baisse de l’Euro, absence d’inflation, tout contribue au retour de la
croissance en Europe. Elle est à nos portes et nous allons bientôt en profiter.
Que dit Hollande ? Merci à l’Europe et à sa stratégie patiente de réformes
et de lutte acharnée contre les déficits ? Que nenni. Il explique que « les
mesures prises commencent à produire leurs effets ». Les mesures qu’il a
prises, lui, évidemment ! Moi, président… Incorrigible !
Mais nous
n’allons pas ouvrir un procès en responsabilité. Si la croissance est vraiment
de retour nous nous en réjouirons et féliciterons le président.
A condition que
le "principe de Baumgartner"
soit avéré et que la France fasse effectivement aussi bien que les
autres. Si tel n’était pas le cas, si nos résultats étaient moins bons que ceux
de l’Allemagne, de la Grande-Bretagne, de l’Italie, de l’Espagne, pour s’en tenir
à nos principaux voisins, cela signifierait que nous avons malheureusement fait
plus de bêtises que les autres et que les modestes améliorations que nous
pourrions observer ne seraient que la marque de nos échecs.
La réponse
sera incontestable et ne prêtera pas lieu à interprétation, car ce seront les
chiffres qui trancheront. Ceux de la croissance, des déficits publics, du
chômage, de la dette… comparés aux résultats de nos voisins.
Cette fois-ci
il n’y a aura plus de salut dans le verbe. Nos responsables politiques devront
donc s’appliquer à eux-mêmes cette variante du "principe de Baumgartner" : « L’important en
politique, est de dire moins de bêtises que les autres. »
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