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samedi 24 janvier 2015

ET LE BLASPHÈME, NOM DE DIEU ?

Depuis 15 jours on a eu le temps de réfléchir. Non seulement nous avons subi un tremblement de terre d’une force inouïe mais il continue d’être suivi de nombreuses répliques d’amplitude tout aussi élevée. On dit que rien ne sera plus comme avant. C’est  probable, tant le sujet est grave et complexe. 
En réalité, il n'y a pas un mais deux sujets totalement différents et il ne faut pas tomber dans le piège de les traiter ensemble, comme si l’un expliquait l’autre et que le second  était la réponse au premier. Il faut distinguer les actes de sauvagerie et la défense de la liberté d’expression.
Les actes de sauvagerie, il y en a partout dans le monde. Quant à la folie djihadiste elle ne s’exerce pas que contre Charlie. Les twin towers de New York n’étaient pas un atelier de caricatures blasphématoires, les otages décapités par Daesh le furent pour de l’argent et les jeunes filles enlevées par Boko Haram pour le sexe…
Il y aura toujours des gens pour expliquer que les bourreaux sont aussi des victimes. Ces gens on les trouve partout, en particulier dans les banlieues communautarisées, notamment en réaction au conflit israélo-palestinien, et dans certains milieux intellectuels qui professent que c'est la société qui est responsable et qu’il vaut mieux laisser les coupables en liberté plutôt que de les maintenir en prison, qui sont, comme chacun le sait, des écoles du crime et des centres de formation au djihadisme. Il ne faudrait donc pas, selon eux, construire de prisons ni adapter celles qui existent pour traiter ce genre de détenus puisque c’est l’incarcération qui est le mal.
Le premier sujet  est donc de savoir comment lutter contre ce que Manuel Valls a appelé "terrorisme, djihadisme, islam radical". Il doit être traité sans tabou, sans arrières pensées idéologiques et sans lâcheté. C’est la dernière chance de la classe politique de retrouver un minimum de crédibilité et c’est la seule justification de l’union nationale. Le débat semble bien parti, sur les bons sujets : politique pénale, moyens juridiques et logistiques contre le terrorisme, restauration de l’autorité et du respect à l’école, laïcité…
Naturellement la joute politique est revenue, c’est la démocratie. Et comment ne pas s’amuser de voir la gauche reprendre un à un les thèmes de la droite et commencer à rétablir ce qu’elle avait supprimé tandis que la droite court derrière en disant "ça ne suffit pas !", souvent à propos de mesures qu’elle n’avait elle-même pas prises… L’histoire retiendra peut-être que c’est en devenant Charlie que les socialistes auront accompli le fameux aggiornamento attendu depuis si longtemps. 
Mais il est permis d'en douter : au-delà des mots et une fois l'émotion retombée quelles seront les mesures concrètes, d'application immédiate, et quand aurons-nous des résultats visibles ? Pour cette fois les français ont joué le jeux de l'union et de la confiance. Mais si cela devait se reproduire, ils seraient alors moins indulgents sur les défaillances du système judiciaire et du renseignement policier et le front risquerait de devenir plus national que républicain.
Le deuxième sujet, en revanche, nous concerne tous, c’est celui de la Liberté. Liberté de penser, liberté de conscience, liberté de croyance, liberté d’expression.
En principe, la question est réglée depuis longtemps, depuis 1789 exactement et l’article 11 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme : tout citoyen peut donc parler écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté, dans les cas déterminés par la loi. »
Clair et net : on peut tout dire, sauf ce que la loi interdit. Mais est-ce si simple vraiment ?
Que dit la loi ? C’est là que cela se complique. La loi change souvent et si elle a changé pourquoi ne changerait-elle pas à nouveau?
On a vu que le domaine de l’interdit s’était beaucoup élargi ces dernières années : homophobie, sexisme, racisme…Elle s’est même étendue à l’histoire : esclavage, négationnisme, génocide arménien. Causes éminemment légitimes, bien entendu. Mais la loi était-elle si mal faite et la jurisprudence à ce point inexistante qu’elles ne permettaient pas de lutter contre ces fléaux ? Ou ne s’agissait-il pas plutôt d’une démarche politicienne à l’égard de certaines catégories ? Quand on passe du général au particulier, il n’y a plus de limites et chacun peut revendiquer un interdit dès lors qu’il se sent personnellement agressé.
Alors, une loi contre le blasphème ? Peut-on interdire les propos sexistes ou homophobes mais considérer que ceux qui ridiculisent une croyance religieuse et humilient ceux qui y adhèrent ne font qu’usage de leur liberté d’expression ? La réponse est oui puisque telle est la loi. Celle d’aujourd’hui, pas celle d’hier, sans doute pas celle de demain…
C’est bien dommage que notre liberté ne puisse plus être définie que par la loi, de plus en plus événementielle et au profit de catégories sociales particulières (dont on ne nie pas ici le besoin de protection).
On évoque beaucoup aujourd’hui, le "vivre ensemble". On prétend "faire société". Qui ne comprend que cela impose de commencer par le respect des autres ?
Imaginez-vous "faire voisin" en taguant des dessins pornos sur la porte de l’appartement d’à côté ?
Faut-il une loi pour respecter son voisin ?
Faut-il une loi pour accepter les croyances des autres ?
Faut-il une loi pour être, tout simplement, poli ?

            « La première des libertés à respecter 
                           est celle des autres »      

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