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dimanche 5 octobre 2014

DEVRONS-NOUS VENDRE NOTRE-DAME DE PARIS AUX QATARIS ?

La France est ruinée ?
Au fond, personne n’y croit encore vraiment. Nous avons pourtant 2.000 milliards de dette, soit la totalité de la richesse produite en un an et des dépenses publiques qui ne cessent de croître. Ne croyez pas, en effet, ce qu’on vous dit sur la baisse des dépenses : chaque année nous dépensons plus que l’année précédente et ce sera encore le cas en 2015. Les 50 milliards d’économies annoncés par le gouvernement, c’est du pipeau ! Ces économies n’en sont que "par rapport à la hausse tendancielle", ce qui signifie simplement que si l’on ne dépense pas moins, on aurait pu dépenser encore plus… La belle affaire! Ce qui compte, et ce que Bruxelles ne tardera pas à nous faire payer, c’est que le montant total d’euros dépensés continue d’augmenter chaque année. 
Les chiffres sont cruels ! Les dépenses restent très supérieures aux recettes, les déficits publics se maintiennent à un niveau insoutenable, la croissance est raplapla, la balance commerciale déficitaire. On nous avait promis le changement maintenant, c’est-à-dire hier, avec l’élection de François Hollande. Le temps des promesses et des mensonges est terminé : le redressement est repoussé à après 2017, c’est-à-dire que le bébé et l’eau du bain sont rejetés sur le prochain président. 
Ce constat, que personne ne conteste au fond, entraine une question. Pourquoi ne se passe-t-il rien alors que nous sommes au bord de la faillite ?
Pourquoi les marchés continuent-ils de prêter 200 milliards de plus chaque année à un pays dont la seule charge de la dette (les intérêts que nous payons chaque année) dépasse les 45 milliards?
Et pourquoi ces intérêts demeurent-ils exceptionnellement bas alors que, normalement, ce sont les bons débiteurs faiblement endettés qui payent le moins cher (souvenons-nous des taux d’intérêt imposés à la Grèce …)? 
La réponse est simple : on ne prête qu’aux riches. Certes, l’État français n’est pas riche, il est même ruiné, mais la France ne manque pas de moyens. Et là réside la réponse : on continue de nous prêter sans trop s’inquiéter de l’augmentation de la dette parce que la France a des ressources (c'est le cas de le dire). 
1- Des gisements d'économies d'abord. Paradoxalement, le niveau faramineux des dépenses publiques (record mondial des grandes économies occidentales !) est un atout. Les soi-disant économies dont parle le gouvernement n'étant que de la roupie de sansonnet, ce ne sont pas 50 milliards virtuels qui pourraient être dégagées s’il le fallait mais au moins trois fois plus qui viendraient réduire le total effectif des dépenses publiques. On finira par y arriver… lorsque nous n'aurons plus le choix. 
 2- Des marges de manœuvre importantes sur la TVA, ensuite. On nous parle régulièrement d’en augmenter le taux et cela finira forcément par s'imposer quand nous aurons heurté de plein fouet le mur de la dette. Deux petits points de hausse rapporteraient une quinzaine de milliards par an ce qui permettrait de financer un tiers de la charge de la dette (les 45 milliards d'intérêts par an dont nous parlions plus haut). Trois points, plus de la moitié... 
3- Mais surtout nous disposons d’un trésor caché : le patrimoine français. Pas le patrimoine publique, ou alors à des doses homéopathiques. Franchement, vous nous voyez vendre Notre-Dame aux Qataris ? Non, l’arme suprême consiste à ponctionner le patrimoine privé, celui des fraçais. C'est la garantie (en or) de nos créanciers et c'est ce qui explique leur sérénité actuelle.
Les avoirs des ménages s'élèvent à 12.000 milliards(*). Nous avons une dette de 2.000 milliards, soit 6 fois moins. Que ferait notre banquier si nous étions, vous et nous, incapables de lui rembourser son prêt alors que nous disposerions, par ailleurs, d'un capital 6 fois supérieur ? Eh bien, il saisirait une partie de nos avoirs.
Après tout, il serait possible de revenir rapidement aux fameux 60% du PIB (le taux maximum d’endettement autorisé par le traité de Maastricht) bien que nous soyons aujourd'hui proches des 100%. 60% du PIB c'est 1.200 milliards. Il faudrait donc rembourser 800 milliards soit "seulement" 6,67% de notre épargne !
On a connu bien pire pendant la dernière guerre mondiale lorsque l'occupant (eh oui, Monsieur Montebourg encore l'Allemagne, vous qui accusiez Madame Merkel "d'imposer l'ordre allemand en faisant fortune sur le dos des autres pays de la zone euro"!) prélevait chaque année environ un tiers de la production nationale et avait fait main basse sur 25% de l'épargne des français...
Évidement ce serait une arme de destruction massive: faillite bancaire généralisée, effondrement du pouvoir d'achat, chute drastique de la production, baisse du rendement des impôts, fin du fameux modèle social français. Et contrairement à ce que l’on pourrait croire les riches ne seraient pas les plus touchés. 
Insupportable, n'est-ce pas? Pour nous assurément. Mais pas pour nos créanciers qui seront partis placer leur argent ailleurs.
Enfin, il nous restera toujours Notre-Dame. Pour confesser nos fautes... 

 (*) 11.939 milliards exactement selon l’INSEE, dont 65%  d’actifs non financiers – l’immobilier pour l’essentiel - et 35%  d’actifs financiers. La somme est d'autant plus colossale que, contrairement à l’État, les français sont très faiblement endettés, moins de 10% de leurs avoirs.

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