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jeudi 18 septembre 2014

PAROLES, PAROLES…

On a vraiment le sentiment que le socialisme aujourd’hui n’existe plus que dans et par les mots.
Ecoutons d’abord le premier secrétaire du parti socialiste, à La Rochelle : « Nous ne sommes pas socio-libéraux. Mais nous ne sommes pas non plus néo-communistes.» Mais alors, ils sont quoi ?
La vérité est qu’ils ne le savent plus eux-mêmes et qu’ils cachent cette infirmité congénitale derrière des astuces de langage. Deux figures de rhétorique, en particulier, sont sensées combler le vide de la pensée.
L’affirmation négative. Telle est aujourd’hui la pratique du socialisme français. On vient de voir Cambadélis définir la doxa socialiste par ce que n’est pas le PS. Citons maintenant Manuel Valls (discours prononcé lors du vote de confiance) : « Réformer, ce n’est pas réduire le Smic. Réformer, ce n’est pas supprimer le CDI. Réformer, ce n’est pas diminuer les salaires dans la fonction publique. Réformer, ce n’est pas casser notre modèle social. » Réformer c’est quoi, alors ?
Et l’ONPP, vous connaissez ? Un vieux tic de Manuel Valls : « On Ne Peut Pas… ». Sur internet on trouve des tas d’ONPP valsiennes :
« On ne peut pas importer le conflit du Proche-Orient en France… »
« On ne peut pas face à l’antisémitisme et au racisme et à la violence se laisser aller… »
« On ne peut pas démondialiser (ça c’était pour Montebourg)… »
« l’antisarkozysme ne peut pas suffire (tiens ?...)
La liste est longue. Désormais nous y prêterons attention chaque fois qu’il parlera.
Sur le fond, On Ne Peut Pas dire qu’il ait tort mais alors on peut quoi ? On fait quoi?
En fait, le mal vient de la tête. Souvenez-vous de Hollande lors de sa fameuse série d’anaphores au cours du débat avant le second tour de la présidentielle :
« Moi, président, je ne serai pas le chef de la majorité (il est vrai que telle est bien la situation aujourd’hui !)…
Moi,… je ne traiterai pas mon premier ministre de collaborateur…
Moi,… je ne nommerai pas les membres du parquet…
etc, etc …
Mais ils ne sont pas idiots et ils savent bien que ni la négation ni la dénégation ne font un projet, encore moins une pensée. Alors, ils ont recours à un deuxième artifice de langage.
Le changement c’est demain. Etre de gauche, c’est croire que tout ira bien demain. Ce n’est pas nouveau. Vous connaissez Jaurès, n’est-ce pas ? Seriez-vous capable de dire, sans aller sur Wikipédia, ce qu’il a fait de concret. Le journal l’ "Humanité" et une fin tragique... Ce qui reste vraiment c’est sa parole, des mots.
Ce n’est pas rien ? Certes, mais écoutons Clémenceau, "le père la victoire" : « On reconnaît un discours de M. Jaurès à ce que tous les verbes sont au futur. M. Jaurès parle de très haut, absorbé dans son fastueux mirage ; mais moi, dans la plaine, je laboure un sol ingrat qui me refuse la moisson (…). J’ai l’air de rabaisser mon rôle ; dans ma pensée, je le grandis, car vos palais de féerie s’évanouiront en brouillard au contact des réalités, tandis qu’un jour la grande cathédrale républicaine lancera sa flèche vers les cieux. »
On se souvient évidemment du "changement, c’est maintenant" et des promesses d’avenir chiffrées par Hollande. On a vu ce qui en était advenu (cf. la chronique précédente).
Mais aucune conséquence n’en a été tirée. La dernière trouvaille c’est l’engagement de respecter les 3% de déficit en …2017, c’est à dire  sur les comptes publics 2017 qui seront connus en 2018, un an après les présidentielles ! On pourra dire alors que c’est de nouveau la faute à Sarko ou à Trucmuche, ou à Duchemolle…
On comprend maintenant pourquoi Mitterrand avait un faible pour Dalida :
                              Encore des mots toujours des mots
                                            les mêmes mots
                                          Rien que des mots…
                                Des mots faciles des mots fragiles
                                         C´était trop beau

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