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mercredi 5 mars 2014

UNE HISTOIRE BIEN FRANÇAISE

Les étudiants infirmiers ne sont pas contents. Depuis le 1er mars, les cliniques ne leur offrent plus de stages alors qu’ils sont indispensables à l’obtention de leur diplôme. Pourtant, les cliniques privées accueillent, traditionnellement, les stagiaires en masse : 35.000 étudiants infirmiers, chaque année, sur un total de 90.000. Comment est-ce possible ?
Le coupable est le CICE, le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi dont nous avons déjà parlé. A priori, on ne voit pas très bien le rapport, au contraire, même, puisque l’un des objectifs du CICE est de favoriser la formation.
Mais le gouvernement vient de décider de baisser les tarifs des cliniques privées. Ces tarifs déterminent les sommes versées par l’assurance maladie à chaque établissement de santé, selon la nature des actes réalisés. S’agit-il d’un effort demandé au secteur de la santé pour contribuer au rétablissement des comptes publics ? Il faut croire que non puisque cette baisse ne s’applique qu’aux cliniques et pas aux hôpitaux. L’explication est donnée par le ministère : « elles se voient appliquer un dispositif de reprise progressive (sic !) du bénéfice du crédit d'impôt compétitivité (CICE). » Pas suffisamment clair ? Alors voilà : Le CICE, qui est, par définition, un crédit d’impôt, ne profite qu’à ceux qui payent des impôts, donc aux cliniques privées mais pas aux hôpitaux. Crise de jalousie de ces derniers qui y voient une « concurrence déloyale »… Du coup, la Fédération de l’hospitalisation privée se venge sur les élèves infirmiers. Elle n’est pas belle la France ?
De quoi se poser quelques questions.
D’abord, nous sommes un peu surpris de cette notion de concurrence entre deux types d’établissement de soins financés par la sécurité sociale. On croyait nos hôpitaux surchargés…
Ensuite, on pensait avoir bien compris la leçon sur le CICE (cf. notre chronique : http://www.francois-2.com/2014_02_11_archive.html). Pour faire simple, il s’agit de baisser les charges des entreprises qui engagent des dépenses contribuant à améliorer leur compétivité par de l’investissement, de la formation, de la recherche ou de l’innovation. Ce qui est bien le cas des cliniques et personne ne conteste leur droit de bénéficier du mécanisme. Mais il y en a que ça décoiffe. Vous vous rendez compte, des capitalistes qui gagnent de l’argent sur le dos des malades ! Cadeaux aux riches ! Il ne faudrait pas nous confondre avec Sarkozy…
Comme nous sommes en France et que nous ne manquons pas de professionnels de haut niveau es-fiscalité (non, non, nous ne pensons pas à ce célèbre propriétaire de clinique du cuir chevelu, devenu génie budgétaire…), on a trouvé la solution. On ne touche pas au CICE, trop compliqué. On baisse les tarifs des cliniques. Dans une République exemplaire on appellerait cela de l’abus- ou du détournement- de pouvoir. Comme nous sommes en France, on parle d’ordre juste. Mais, en réalité, l’État ne vient-il pas de faire ce que tout le monde redoute de la part des grandes entreprises et de la grande distribution : abuser de sa position dominante pour capter, à son profit, le supplément de marge dégagé par le CICE ? Comment pourra-t-on, alors, le reprocher à Carrefour ?
Pour être franc, nous ignorons totalement dans quelle situation financière se trouvent nos cliniques et si les tarifs de la sécu sont trop ou pas assez élevés. D’ailleurs, c’est bien là, et là seulement, que devrait résider la question et non dans des arrières pensées politiques.
Ce qui nous parait grave, c’est cette addiction à la "clé de 12" de nos politiques qui, sitôt une réforme posée, commencent à la bricoler  avec des motivations essentiellement idéologiques.
De grandes manœuvres se déroulent en ce moment sur les champs de la compétitivité et de l’emploi dans le cadre de pactes de confiance et de responsabilité. Déroger aux principes dès leur mise en application, est-ce cela la responsabilité ? Et reprendre d’une main ce que l’on a donné de l’autre est-ce une bonne manière d’inspirer la confiance ?
La baisse des charges a un seul objectif : inciter les entrepreneurs à embaucher. Mais si l’on change sans cesse la règle du jeu, comment avoir confiance ? Si les cliniques avaient l’intention d’embaucher, c’est raté. Quant à tous les autres, ils auront compris la leçon.

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