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vendredi 14 février 2014

TOUS À POIL ? C’EST DÉJÀ LE CAS …

La Cour des comptes tire le signal d’alarme : la dette publique de la France va bientôt dépasser les 95% du PIB, ce qui représente 30.000 € par français ! "Tous à poil", n’est donc pas, comme on aurait pu le penser, un plaidoyer en faveur du nudisme à l’usage de nos chers bambins mais une description de la situation financière des français que l’on doit à la Cour des comptes. Cette dernière vient, en effet, de publier son rapport annuel dans lequel elle met à nu la politique budgétaire du gouvernement.
On se souvient de l’engagement du candidat Hollande : déficit ramené à 3% en 2013, puis à 2,3% en 2014. Il lui a fallu solliciter une dérogation de Bruxelles sur des niveaux plus élevés : 4,1% en 2013 et 3,6% en 2014. Mais Didier Migaud n’y croit pas. Le résultat définitif sera supérieur aux prévisions révisées pour 2013 et il considère que celles relatives à l’année en cours sont, pour le moins, incertaines.
Comment est-ce possible ? On nous annonce une croissance de près de 1% en 2014, une baisse des dépense publiques de 15 milliards pour cette même année et malgré cela on n’atteint pas nos objectifs ?
En fait, on connait le truc, nous en avons déjà parlé (1). Pour le gouvernement la baisse des dépenses publiques ce n’est pas quand leur total est moins élevé que l’année précédente, c’est quand elles n’augmentent pas autant qu’elles auraient dû. A cause de la "hausse tendancielle", c’est-à-dire l’augmentation automatique de certaines dépenses (par exemple, les salaires des fonctionnaires qui augmentent avec l’ancienneté - d'où le débat actuel sur le gel des avancements dans la fonction publique-). Cette hausse tendancielle est de l’ordre de 1,5% chaque année. C’est ainsi que la baisse  de 9 milliards en 2013, annoncée par le gouvernement, ne se traduira pas par une diminution du total de la dépense publique mais par une stabilisation. Et c’est ainsi que ni les 15 milliards de baisse des dépenses prévues pour 2014, ni les 50 milliards entre 2015 et 2017, annoncées à grand bruit par Hollande comme deuxième volet du Pacte de confiance, ne permettront une baisse de la dépense totale. C’est la Cour des comptes qui le dit : «Si l'effort prévu sur la dépense – soit 50 milliards d'euros entre 2015 et 2017 – est sans précédent, il ne conduira pas à réduire la dépense publique mais à en limiter la progression. » Didier Migaud enfonce le clou : « La dépense publique continuerait d'augmenter, en valeur, de quelque 2 % par an, c'est-à-dire plus vite que l'inflation estimée à 1,5 % ». Et pour être encore plus clair : « il est prévu que la dépense publique augmente de 70 milliards d'euros sur l'ensemble des trois années 2015 à 2017,  au lieu de 120 milliards...  » Vous avez maintenant compris d'où viennent les 50 milliards de Hollande : 120 milliards de hausse tendancielle "naturelle" moins 70 milliards de hausse effective = 50 milliards de baisse de la dépense publique !
Gros mensonge direz-vous ? Arithmétiquement, c’est évident. Dommage, car il s’agit tout de même, d’un véritable exploit. Jamais dans l’histoire récente, la France n’avait accompli un tel effort budgétaire. On aurait salué la performance si le du gouvernement s’était contenté de parler de ralentissement, ou de progression limitée, des dépenses. C’est ce qu’il a fini par dire sur le chômage après avoir été obligé de reconnaître qu’il n’y avait pas eu d’inversion. Pourquoi chercher à tout prix de faire passer des vessies pour des lanternes ? C’est idiot, parce que si l’effort est encore insuffisant il mérite vraiment d’être salué…
Une vraie baisse de la dépense publique est possible dit la Cour des comptes mais elle impose de changer de méthode. Nous ne pouvons plus continuer à rogner sur toutes les dépenses de l’État (34% du total de la dépense publique), cela pourrait menacer le fonctionnement des services publics. Selon elle, il faut maintenant s’attaquer aux dépenses sociales (46%) et à celles des collectivités locales (20%).
À poil tout le monde !

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