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samedi 22 février 2014

MOURIR POUR L’EUROPE

Cela peut surprendre mais il y a des gens qui sont prêts à mourir pour l’Europe et qui l’ont malheureusement prouvé, par centaines, pour adhérer à l’union européenne au nom de la liberté et de la démocratie.
Alors que certains pays (la Grande-Bretagne, par exemple), par égoïsme, et certains partis politiques (les extrêmes, de droite comme de gauche), par populisme, veulent en sortir, d’autres, qui n’ont pas le privilège d’en être membre, souhaitent le devenir. C’est le premier message à retenir de la révolution ukrainienne.
Le second message, à destination du monde, est que l’Europe n’est pas si fragile qu’on le pense et qu’elle peut, quand il le faut, s’affirmer comme une grande puissance.
Au-delà de ces deux messages, évidemment réjouissants et sujets de fierté, cinq enseignements peuvent être tirés des évènements qui viennent de se passer en Ukraine; qui se passent encore car rien n’est véritablement acquis.
1/L’Europe existe et c’est une erreur commune que de la sous-estimer. On l’avait déjà constaté au plus fort de la crise de 2008 quand le monde risquait de sombrer dans le chaos. C’est la France, qui assurait la présidence de l’union, la grande Bretagne de Brown et l’Allemagne de Merkel qui ont contraint les Etats Unis à agir.
Aujourd’hui, de nouveau, c’est l’Europe qui hérite du flambeau. Les Etats Unis ? Aux abonnés absents... On se souvient de la Syrie quand Hollande menaçait de punir El Assad et était sur le point d’envoyer les avions bombarder le dictateur dans une opération conjointe avec les Etats-Unis. Au dernier moment Obama a négocié (on se demande bien quoi) avec Poutine, sans même en informer la France, qui a pu mesurer le poids qu’elle pèse réellement quand elle agit sans l’Europe. Quant à Poutine, il fait de la "muscu" mais il sait bien, lui, dans quel état de faiblesse est son pays.
2/Tant pis pour ceux qui souhaitent une Europe fédérale mais la réalité aujourd’hui est que l’Europe est avant tout une alliance d’États. Ce n’est pas Bruxelles qui a gagné, ce n’est pas la commission de Barroso, ni Madame Ashton, la "ministre des affaires étrangères", ni M. Van Rompoy, le "président" de l’union. Ceux qui ont pesé d’un poids décisif, ce sont trois États : la France, l’Allemagne et la Pologne. Une évidence s’impose : sans implication directe du couple franco-allemand, rien n’est possible. Mais si c’est une condition nécessaire, elle n’est pas suffisante. Il leur faut mobiliser plus large parce que les autres n’accepteraient pas cette diarchie. Cette fois, ce fut donc la Pologne, le pays qui « monte » dans l’Union. Et un et deux et trois États, cela fait une équipe...
3/Si c’est une victoire pour l’Europe, c’est une victoire pour la France. Et, si c’est une victoire pour la France, c’est une victoire pour Hollande qui, décidemment, n’a pas fini de nous surprendre. A peine se convertit-il à la social-démocratie, qu’il devient européen. On rétorquera que social-démocrate, il l’était depuis longtemps et qu'européen, il l'est depuis toujours. Certes, mais on peut être croyant sans être pratiquant, déclarer la guerre à la finance et promettre de ne pas ratifier le traité européen. C’était un agent dormant et il vient de se réveiller. Comment ne pas s’en réjouir ?
4/C’est, aussi, une victoire pour l’UMPS, comme dit Le Pen. Il faut, en effet, saluer, également, l’attitude de l’opposition républicaine, de la droite et du centre. Ils n’ont pas attendu pour applaudir et ont spontanément joué France. Encore une fois comment ne pas s’en réjouir ? D’autant plus que les extrêmes populistes, anti européens, se retrouvent décrédibilisés. Vont-ils encore réclamer la sortie de l’euro, le rétablissement des barrières douanières ? S’ils n’ont pas encore compris, qu’ils regardent les anglais, tellement divisés sur l’Europe qu’ils n’ont eu d’autre choix que de laisser la France, l’Allemagne et la Pologne faire le job. Pas très digne pour une grande puissance...
5/Y aura-t-il des conséquences en politique intérieure ? C’est, sans doute, une bonne nouvelle pour les grands partis qui devraient en tirer quelques profits aux prochaines élections européennes. Un impact sur un futur remaniement ministériel ? Difficile à dire tant Hollande est imprévisible. Mais, enfin, vous avez vu Fabius à Kiev ? Imaginons maintenant Ayrault à sa place...Ironie de la politique. Le dissident de 2005, qui a contribué au rejet du référendum sur l’Europe, devenu en 2014 le symbole de la renaissance européenne.
Décidemment, rien ne se passe jamais comme prévu dans la vraie vie ! Mais, parfois, c’est pour le meilleur. Nous voici donc socio-démocrates et européens...
 

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