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mercredi 5 février 2014

CES PEURS QUI N’ONT PAS LIEU D’ÊTRE

Comment a-t-on pu en arriver là ?
Une France divisée, un gouvernement désavoué… Un vrai gâchis !
À l’origine, la question était pourtant relativement simple, si l’on n’avait pas voulu jouer au plus fin. Il s’agissait de donner les mêmes droits aux homosexuels. Le PACS avait été une avancée mais il restait de nombreuses questions en suspens, notamment de nature patrimoniale. On aurait pu l’améliorer en créant une union civile qui procurerait les mêmes effets que le mariage classique. Mais le principe d’égalité impliquait une seule institution du mariage. Va donc pour le mariage pour tous.
S’est alors posé la question de l’adoption. Comment la refuser aux couples homosexuels dès lors qu’ils sont mariés sous le même régime que les hétérosexuels ? Va donc pour l’adoption.
Idem pour la PMA. Logique de l’étendre aux nouveaux couples aux mêmes conditions légales que celles qui la régissent actuellement, en aménageant la notion du caractère pathologique de l'infertilité.
Restait la GPA. Interdite aux couples hétéros, la question n’avait tout simplement pas sa place dans une loi sur le mariage.
Certes, il y aurait eu des oppositions légitimes de la part des partisans du mariage classique : un homme, une femme. Mais on aurait pu avoir un débat en toute clarté et respectueux des opinions de chacun. Le gouvernement devait essayer de convaincre que l’on ne faisait que donner aux familles homosexuelles les mêmes droits qu’aux familles hétérosexuelles, sans rien retirer à ces dernières. Mais il aurait fallu être clair, dès le début, sur le contenu du projet, ne pas donner l’impression de finasser et, surtout, respecter les opposants.
Or nous n’avons eu, de la part du gouvernement et de la majorité, que du mensonge et du mépris. Être opposé au mariage pour tous, c’était être conservateur, au mieux, réactionnaire, plutôt, homophobe, sûrement et, tant qu’on y est, fasciste. S’opposer au mariage pour tous menaçait la République. Pas de dialogue avec ces gens-là !
Dire la vérité et s’y tenir ? Quelle bonne blague ! Depuis le début, les promoteurs du mariage pour tous avancent masqués.
Hollande le premier, qui, dans ses 60 propositions, promet le mariage pour tous mais sans PMA ni GPA. Ce qui ne l’a pas empêché de déclarer dans un magazine (Grazia, en février 2012), à propos de la PMA : « Une femme doit pouvoir y recourir, soit parce qu’elle ne peut pas avoir d’enfant, soit parce qu’elle ne souhaite pas avoir de relation avec un homme. »
Pas étonnant, dès lors, qu’en décembre 2012, lors de la discussion du projet de loi, 136 députés socialistes aient voté un amendement ouvrant la PMA aux couples de femmes mariées.
Il faudra un nouveau mensonge d’Ayrault pour s’en sortir : prendre l’engagement que la PMA sera inscrite dans le futur texte sur la famille, celui, précisément, qui devait être déposé dans les prochains jours.
De fait, à la veille du nouveau rassemblement de la "Manif Pour Tous", le gouvernement se veut droit dans ses bottes : la loi sur le mariage pour tous a été votée, elle s’applique. La loi sur la famille ne traitera ni de la PMA ni de la GPA. Alors où est le problème ?
Le problème, c’est que plus personne ne croit le gouvernement. Ni chez les partisans de nouvelles avancées en matière de filiation - qui fourbissent leurs armes en coulisse, persuadés qu’ils y arriveront, au détour d’un amendement, au prix d’un reniement, grâce aux recommandations d’un comité d’éthique revu et corrigé par le gouvernement- ni chez les opposants qui sont persuadés que le pouvoir mène les français en bateau.
Comment pouvait-il en être autrement avec un président vraiment très mou sur ces questions et dont personne ne sait ce qu’il en pense vraiment ? Comment ne pas avoir de doutes sur la sincérité du gouvernement quand on sait que les partisans de la GPA sont nombreux et influents dans la majorité?  Les déclarations en ce sens abondent et s’il en fallait une seule preuve la voici : une tribune dans Le Monde (13/12/2010), intitulée  « Gestation pour autrui : un cadre contre les dérives », dans laquelle les auteurs et signataires proclament que « Parenté et filiation n’ont rien de naturel, ce sont des liens institués. Ce ne sont pas de liens génétiques mais la manifestation de la volonté d’être parents…C’est la raison pour laquelle nous proposons de fixer le cadre qui permettra aux femmes de porter un enfant pour d’autres parents sans voir leurs droits menacés. » Le projet est très élaboré puisqu’il va jusqu’à demander la prise en charge par la société du coût de la grossesse !
Ceux qui n’avaient pas eu connaissance de ce texte penseront qu’il y des extrémistes partout et qu’ils ne sont qu’une petite minorité. Alors voici le lien qui leur permettra de lire cette tribune et de prendre connaissance de la liste des signataires :
Il y a vraiment du beau monde : ministres du gouvernement, députés et sénateurs de la majorité, intellectuels, scientifiques, associations…
Vous y trouverez, évidemment, Najat-Vallaud Belkacem qui vient de déclarer aux français, les yeux dans les yeux, à propos de « ces peurs qui n’ont pas lieu d’être » : « Le gouvernement a été particulièrement clair sur le fait qu’il n’y aurait ni la GPA, ni la PMA. » Si c’est elle qui le dit…
Mais voilà que le gouvernement décide de battre en retraite. C'est le premier ministre qui annonce que « le gouvernement ne présentera pas de projet de loi de la famille cette année. » Ayrault, pas Hollande. Un simple communiqué de l’Élisée justifiera cette reculade par « la nécessité de se concentrer cette année sur les questions économiques et sociales, sur le pacte de responsabilité et sur la réduction des dépenses. » Avec le retrait du projet de loi sur la famille, la colère change de camp et ce sont des parlementaires socialistes et les autres partis de gauche qui manifestent bruyamment.
La "Manif Pour Tous" a donc gagné ? Pas si sûr, en tout cas pas celle que l’on définit comme catho-réac et blanc-bourgeois.
Si la "Manif" a produit son effet ce n’est ni par son nombre, ni par ses égéries, ni même par ses slogans. C’est en raison de deux images : celle de l’Archevêque de Lyon défilant bras dessus bras dessous avec le recteur de la Grande Mosquée de Lyon et celle de banderoles en arabe contre les projets du gouvernement sur la famille et l’éducation.
Nous avions évoqué, dans une précédente chronique, les "insiders" de Terra Nova, les nouveaux électeurs du parti socialiste. Si eux aussi fichent le camp…
Suite au prochain numéro.

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