Adresses

BLOG : http://www.francois-2.com/
o
u : http://francois-2.blogspot.com/
MAIL: agvialain@gmail.com


AUTRES BLOGS

Les 500 derniers jours du PS, avant la présidentielle de 2012:
Campagne 2012 de François Hollande
agv-solferino2012.blogspot.com/
agv-solferino2012.blogspot.fr/



« TOUT PARTI VIT DE SA MYSTIQUE ET MEURT DE SA POLITIQUE » (Charles Péguy)

jeudi 30 janvier 2014

STÉRÉOPTYPES D’UN DRÔLE DE GENRE

Il nous faut donc parler des rumeurs d’un drôle de genre qui courent dans nos écoles. Mais avant, nous vous suggérons de relire ce que nous écrivions dans notre chronique du 6 aout dernier (pour cela il suffit de cliquer sur » Le quiz des vacances : Question N°9 », dans la colonne de gauche « messages les plus consultés »). Cela permettra, peut-être, de mieux comprendre la polémique actuelle.
Bien entendu, cette panique parmi les parents relève du délire et ceux qui agitent le chiffon rouge délivrent un message pas très ragoutant. Mais se contenter de voir derrière ce mouvement une « instrumentalisation de l'extrême droite négationniste »(Peillon) est un peu court.
Dans une récente chronique sur l’affaire Dieudonné nous évoquions la paradoxale et inquiétante coalition entre deux antisémitismes, celui de l’extrême droite traditionnelle et celui des populations d’origine musulmane ou africaine qui trouvent que la shoah laisse peu de place à la question palestinienne et à la commémoration de l’esclavage. Force est de constater que cette coalition contre nature se renforce et vient maintenant de s’étendre à la question du genre.
On veut bien tenter de croire Peillon quand il réfute tout enseignement de   « la théorie du genre » à l'école. Plus difficilement, quand il déclare que « la théorie du genre n'existe pas. »
On veut bien croire Najat Vallaud Belkacem quand elle affirme : « On n'arrivera pas à l'égalité si on ne s'attaque pas à la construction des stéréotypes  filles/garçons dès le plus jeune âge. »
On est prêt à ne pas croire ceux qui disent que « Le Gender est un processus de destruction de la "norme" hétérosexuelle, considérée comme un conditionnement social, jugée aliénante pour la femme et discriminatoire vis-à-vis des autres sexualités. (Jérôme Brunet, porte-parole du mouvement "Manif pour tous".)
Mais l’honnêteté oblige à reconnaître qu’il y a bien longtemps, qu’à gauche, on donne prise à toutes les interrogations. D’abord sur le vocabulaire lui-même. Pourriez-vous donner une définition claire de la théorie du "genre" ? Et même de "stéréotypes" ?
Si l’on avait dit aux français que le Gender c’est l’affirmation qu’au-delà les différences sexuelles, il existe un ensemble de masculinité ou de féminité socialement construit et que les stéréotypes sont des préjugés qui assignent aux enfants des rôles différents en fonction de leur sexe, on aurait peut-être eu un débat plus serein.
Mais à écouter les uns et les autres on en vient à douter que ce soit aussi clair pour tout le monde. En fait, le problème vient de la façon dont a été géré le mariage pour tous « qualifié de vraie révolution sociétale » par la Garde des sceaux. Si l’on avait clairement limité le débat à l’union entre deux personnes du même sexe il est probable que l’on en parlerait plus aujourd’hui. Mais nous avons eu, à la fois, Hollande se disant favorable à la clause de conscience pour les maires qui ne voudraient pas marier des couples homosexuels, ce qui était, au minimum, une façon de reconnaître que l’on pouvait légitimement ne pas être d’accord, mais surtout des déclarations contradictoires sur la PMA et la GPA. Tout cela a créé un climat de défiance sur les intentions cachées du gouvernement pour l’avenir. Avec l’école en ligne de mire: « Cette théorie du genre est le médicament nécessaire pour faire admettre l'adoption par les couples homosexuels, qui n'est pas encore entrée dans les mœurs, et la PMA et la GPA, vers lesquelles nous allons tout droit (Jérôme Brunet déjà cité) ». Paranoïa ? Peut-être, mais fallait-il que la ministre des droits des femmes agite le chaudron ?
Petit florilège de ses déclarations :
-Promotion, devant des élèves d'un collège du Loiret, du mariage pour tous- présenté comme une « avancée qui va permettre plus d’épanouissement. Plus de liberté. Plus d’égalité dans la société » - alors que la loi n'était  pas encore votée et faisait l'objet des oppositions que l'on sait.
-Entretien au magazine Têtu: « Il faut passer en revue les manuels scolaires à propos de l'homosexualité : aujourd'hui, ces manuels s'obstinent à passer sous silence l'orientation LGBT (lesbienne, gay, bi et trans.) de certains personnages historiques ou auteurs, même quand elle explique une grande partie de leur œuvre comme Rimbaud. »
-Visitant une crèche où l’on confie aux filles des activités de garçons (bricolage) et aux garçons des jeux de filles (dinette), en compagnie de la ministre de la famille, elles déclarent à tour de rôle : « C’était mon premier projet en arrivant à ce ministère » et : « Cette démarche doit devenir un réflexe naturel dans l’ensemble des crèches. »
Et fallait-il lancer - quasi clandestinement, car qui en avait entendu parler ? – le programme "ABCD Égalité" dans 600 classes et 10 académies, dont il faut absolument consulter les 50 "séquences pédagogiques" proposées aux enseignants, qui vous inquiéteront sans doute (contrairement à ce qui est dit, on n'y parle pas seulement d'égalité femmes/hommes) mais qui vous apporteront, par ces temps maussades, des moments de réjouissance inoubliables.
Un seul exemple, le jeu « Gendarmes et Voleurs ».
-« Ce sont les garçons, le plus souvent, qui investissent la cour de récréation, la majorité des filles "préférant" des jeux plus "calmes"… Faire des jeux collectifs impose d’aménager les règles pour permettre à tous, et en particulier aux filles de jouer. En EPS, les jeux traditionnels ne peuvent être utilisés de manière classique, où les plus faibles sont éliminés, c’est contraire à l’éthique de l’école.
Il faut donc concevoir des jeux où les perdants ne sont pas éliminés … La seule solution pour qu’ils progressent est qu’ils jouent dans une solution facilitante  : on peut jouer avec des effectifs réduits, donner plusieurs vies ou, si ce n’est pas suffisant, donner un statut de "joueur invincible" c’est-à-dire un nombre illimité de vies. » (Il y en a 49 autre autres du même tabac! Et l'on nous dit que l'Éducation a un problème de moyens ?)
Voilà donc ce à quoi on prépare nos enfants : un monde de bisounours asexués, protégés de l’effort et où l’on ne perd jamais ! Il se peut, hélas, que cela corresponde à l’état d’esprit de certains français. Mais il y a un hic. Nos intellectuels bien-pensants commencent à avoir du mal à gérer des certitudes contradictoires. En l’occurrence, ils ont oublié la directive « TERRA NOVA » : lâcher les classes populaires devenues racistes, et parties trop à droite, pour se focaliser sur les nouveaux entrants, les exclus, les discriminés. Il s’agit, vous l’aurez compris, des immigrés, des populations musulmanes ou d’origine africaine.
Allez maintenant leur demander de s’intégrer, de voter socialiste, dans un pays où l’on veut supprimer toute distinction entre les hommes et les femmes, habiller les uns comme les autres et amener leurs filles voir un match de foot pendant que leurs garçons font la cuisine ! Et qui redoutent, pour adopter la terminologie du genre, que cela n’aboutissent à donner à leurs garçons une féminité socialement construite…
Revenons-donc à ces rumeurs émanant « de l'extrême droite négationniste ». Ces fameux SMS qui vident les classes dans les quartiers populaires sont majoritairement adressés aux familles issues de l’immigration.
Qui est à l’origine de ce mouvement ? Notre vieille extrême droite nationaliste ? On aimerait bien, mais l’impulsion vient de Farida Belghoul, initiatrice en 1984 de la seconde marche des beurs, aujourd'hui proche de l'essayiste Alain Soral, le mentor de Dieudonné.
Voici donc l’alliance diabolique des deux extrémismes !
Puisque Hollande aime les pactes, celui-là devrait donc le faire réfléchir, lui qui avait promis une France apaisée…

Aucun commentaire: