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jeudi 2 janvier 2014

LES AVEUX DE HOLLANDE AUX FRANÇAIS

Les commentateurs ont été plutôt sévères sur la prestation de Hollande lors de la présentation de ses vœux à la nation. Rien de nouveau sur le fond, disent-ils, une mise en scène ringarde, un ton haletant…
Ce n’est pas du tout notre avis. Nous avons jugé l’évènement considérable et pensons que Hollande a fait, ce soir-là, le discours le plus important depuis celui du Bourget qui avait assuré son élection. La différence est que le Bourget s’est révélé être un tissu de mensonges alors que le discours du 31 décembre marque un tournant décisif dans le quinquennat.
Un tournant, les socialistes en avaient déjà connu, celui de Mitterrand en 1983. Mais il ne s’agissait que de mesures de rigueur imposées par une situation économique catastrophique. Tandis que le discours du 31 décembre 2013 va beaucoup plus loin, il marque le début d’un véritable aggiornamento dans la doxa socialiste, comparable à ce que fut le congrès de Bad Godesberg en 1959 pour les socialistes allemands.
Certes, Hollande a fait du Hollande, sans tambour ni trompette, pas de déclaration solennelle, des formules générales pour emballer les idées à priori banales.
Et pourtant, si les mots ont un sens et s’il ne s’agit pas d’un nouveau tour de prestidigitation auxquels il nous a habitués, c’est une véritable rupture que vient d’engager François Hollande. Le changement le voilà enfin ; mais il concerne  la gauche et il pourrait bien être historique.
Il y a exactement trois ans, le 24 décembre 2010, nous avons commencé notre premier blog, « les 500 derniers jours du parti socialiste, avant les présidentielles de 2012 », avec une seule question : le socialisme français parviendra-t-il à trancher le conflit interne qui le déchire depuis près d’un siècle entre les  réformateurs et les révolutionnaires ?
Nous avions imaginé, lors de son élection, que François Hollande pourrait être le Schröder français, bâtisseur d’un parti social-démocrate moderne. La déception fut à la hauteur de l’espérance.
Et voilà ce discours que les politologues feraient bien de relire et de méditer.
Au fond, il n’a dit que des évidences.
D’abord l’aveu qui va lui permettre de toucher sa part d’héritage : il y a bien une crise « plus longue et plus profonde que nous l’avions nous-mêmes prévu. »
Ensuite, la reconnaissance que l’inversion de la courbe du chômage était une ânerie. Bien entendu, et heureusement, il renouvelle son attachement à la baisse du chômage et il fait toujours de la bataille pour l'emploi la première de ses priorités. S’il tient à affirmer que « la tendance de ces derniers mois s'améliore », le mot d’"inversion" a disparu de son langage.
Voilà donc le terrain dégagé pour le lancement d’une nouvelle politique.
Premier objectif : « Réduire la dépense publique » en réalisant des économies « partout où elles sont possibles » et, pour que les choses soient bien claires,  il cite l’État (qui peut faire « mieux en dépensant  moins »), les collectivités territoriales (« leurs compétences seront clarifiées ») et  la sécurité sociale (qui devra « en terminer avec les abus »).
Mais il va plus loin dans le renversement des tabous de la vielle gauche: la baisse des dépenses publiques est « la condition sine qua none  pour pouvoir à terme baisser les impôts. » ! Oui, oui, vous avez bien lu !
Plus fort encore, il veut signer un "pacte de responsabilité" avec  les entreprises, « fondé sur un principe simple : moins de charges sur le travail, moins de contraintes sur leurs activités et, en contrepartie, plus d’embauche et plus de dialogue social. »
Réduction des dépenses publiques, baisse des charges des entreprises, diminutions d’impôts ! Le socialisme nouveau est arrivé.
La "vielle gauche" s’étrangle, la droite commence à comprendre que Hollande lui pique son programme…
C’est qui le patron ? D’ailleurs, puisque s’en est fini du rejet de l’héritage, c’est lui qui va tout gérer. La remise à plat fiscale d’Ayrault ? C’est qui Ayrault ? Il n’en a même pas parlé… Il va donc suivre lui-même la bonne exécution du programme d’économies.
C’est donc possible une sociale démocratie française, un socialisme dans la vraie vie ?
Pas d’emballement. Il y a un objectif que Hollande a oublié dans sa révolution culturelle : regagner la confiance des français.
Peut-on vraiment le croire ?
Qui parlait le 31 ? Le Père Noël ? Dr Hollande ou Mr Hyde ?
On sera bientôt fixé : 2014, l’année de vérité.

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