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jeudi 26 septembre 2013

LE MYSTÉRE DES CHÔMEURS DISPARUS

Regardez bien le petit rond vert dans le tableau ci-dessous, c’est cela l’inversion de la courbe du chômage ! 50.000 chômeurs de moins. Comme l’avait prévu Hollande et bien avant la fin de l’année.
Champagne ? Pas encore.  Il y a un petit détail gênant : on a perdu 77.000 chômeurs ! Alerte rouge à Pôle emploi qui explique (enfin, si l’on peut dire) que « Le nombre de sorties pour cessations d’inscriptions pour défaut d’actualisation connaît une hausse d’une ampleur inhabituelle en août 2013 (+38,8% par rapport à juillet 2013). À ce jour, aucun incident d’enregistrement dans le système d’information de Pôle emploi ou changement dans les modalités ou règles de la procédure d’actualisation de la situation de demandeur d’emploi n’a été identifié. »
77.000 ! On a perdu plus qu’une compagnie et personne ne peut l’expliquer ?
Comme on le sait, les chômeurs sont tenus d’informer Pôle emploi de l'évolution de leur situation faute de quoi ils ne sont plus considérés comme chômeurs. Cela s’appelle « l’actualisation » et le cas est fréquent, en moyenne 200.000 à chaque mois, ainsi que cela a été constaté en juillet 2013 et en août 2012. En août 2013, il sont 277.000. Oubli, découragement, difficulté informatique (précisément, Pôle emploi a connu des problèmes en août) ou bien, et c’est l’hypothèse optimiste, des retours à l’emploi non déclarés. 77.000 disparus, tout de même, c’est beaucoup.
Nous avons regardé sur le site le nombre de chômeurs sortis de Pôle emploi pour reprise d’emplois déclarés : 91.600 en juillet contre 95.700 en août. Il n’y aurait donc que 4.100 chômeurs qui auraient retrouvé du travail ? D'où provient, alors, la baisse de 50.000?
Si l’on examine le nombre de demandeurs d’emplois par tranches d’âge, on constate que la baisse profite d’abord aux moins de 25 ans (-3,6%), puis à la tranche 25/49 ans (-1.5%) et pas du tout aux plus de 50 ans. On pourrait en déduire que les emplois d’avenir atteignent le plein régime mais que les contrats de génération, pour l’instant, cela ne marche pas. Pour les 25/49 ans qui constituent la majorité des chômeurs (61% du total contre 16% pour les moins de 25 ans), on retrouve le pourcentage de baisse général. Donc pas de véritable explication de ce côté-là.
Si l’on regarde les flux de sorties de Pôle emploi par motifs, cela ne nous en apprend pas plus car si l’on retrouve bien des baisses pour fin de CDD, fin d’intérim, reprise d’emploi déclarés on constate que plus de la moitié (77.500 soit 52,8% de causes) correspondent à un défaut d’actualisation. Et c'est bien le problème...
La vérité est que personne ne sait où sont passés ces chômeurs disparus , ce qui explique la satisfaction pour le moins contenue du ministre du travail, Michel Sapin : « Ces chiffres sont encourageants, mais doivent encore être interprétés avec prudence. Dans les périodes de reprise de l'activité économique, il est courant d'observer une certaine "volatilité" des chiffres du chômage d'un mois sur l'autre. Une baisse en août ne permet pas d'exclure une hausse le mois suivant. »
On est bien d’accord, il faut attendre encore un peu. Mais n’en doutons pas, au rythme auquel les emplois aidés, c’est-à-dire financés sur fonds publics, c’est-à-dire par la dette, se multiplient, on y arrivera bientôt (1). Mais combien de temps faudra-t-il attendre pour que l’économie réelle prenne le relai (2) ?


(1)Selon le directeur adjoint à l'Observatoire français des conjonctures économiques- OFCE, Eric Heyer, (AFP - 24 septembre 2013): « La politique de traitement social du chômage est passée à un braquet complètement différent. » Il cite, en particulier, l'allongement de la durée des contrats aidés, qui, en maintenant «200.000 personnes en emploi, peut avoir des effets massifs en fin d'année» et pose la question : «Peut-on dire qu'il s'agira d'une inversion durable de la tendance? Non, car les destructions d'emploi continueront dans le secteur privé en 2014. »

(2)Dans une étude sur « Les chiffres de l’emploi », publiée le 11 septembre dernier, l’INSEE évalue à 139.100 le nombre d’emplois perdus dans le secteur privé marchand en 2013. Un record depuis 1975…

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