Adresses

BLOG : http://www.francois-2.com/
o
u : http://francois-2.blogspot.com/
MAIL: agvialain@gmail.com


AUTRES BLOGS

Les 500 derniers jours du PS, avant la présidentielle de 2012:
Campagne 2012 de François Hollande
agv-solferino2012.blogspot.com/
agv-solferino2012.blogspot.fr/



« TOUT PARTI VIT DE SA MYSTIQUE ET MEURT DE SA POLITIQUE » (Charles Péguy)

vendredi 20 septembre 2013

LAÏCITÉ, TA MÈRE …



Décidément, en ce moment, à gauche, on aime bien placarder sur les murs !
Après le mur du syndicat de la magistrature, voici la charte de la laïcité qui va être affichée dans toutes les écoles de France.
La laïcité a toujours été un sujet obsessionnel à gauche.
Le principe est pourtant acquis depuis bien longtemps, depuis la Révolution, en fait, et la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, jusqu'à la constitution de 1958 : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances " (Art. 1er).
Une loi en définit les modalités depuis plus d'un siècle, celle du 5 décembre 1905: « La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public" (Art. 1er). "La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte." (Art. 2).
Mais la gauche restera insatisfaite, surtout depuis la loi Debré de 1959 qui instaure un système de contrat entre l'État et les écoles privées le souhaitant. L'anticléricalisme fait partie de ses gènes et surtout elle refuse l'existence d'un enseignement religieux officiellement reconnu par la République et financièrement soutenu par l'état.
Périodiquement elle fait donc une poussée de fièvre.
Mitterrand, déjà, s'y était cassé les dents. En 1984, le projet de loi Savary organise l'intégration  des écoles privées dans un "grand service public" qui jettera près de 2 millions de personnes dans la rue. Le projet fut retiré, entrainant la démission du premier ministre Pierre Mauroy et de son ministre de l'Éducation. 
Hollande a remis le sujet sur le tapis pendant la campagne présidentielle. Il lui fallait bien caresser dans le sens du poil l'armée des enseignants qui constitue la force principale du socialisme depuis que la gauche a perdu le vote populaire. 60.000  fonctionnaires de plus c'est bien, mais reste cette maudite école que, par provocation suprême, on dit "libre"; d'autant plus insoutenable que plus la qualité de l'enseignement public se dégrade, plus la qualité de l'enseignement privé se confirme.
Mais cet engagement, comme beaucoup d'autres, a fait pschitt. Il est vite apparu que réformer la constitution pour y rajouter des principes qui y figurent déjà était absurde et aurait pour effet de remettre en cause l'exception cultuelle de l'Alsace-Moselle qui remonte au concordat de 1801. Sujet d'autant plus explosif que la majorité parlementaire est insuffisante pour obtenir le vote par le congrès d'une telle réforme.
Alors, plutôt qu'une attaque de front, dont le passé a démontré qu'elle ne menait pas à la victoire, on va donc procéder plus subtilement, à la hollandaise. Même stratégie que pour la PMA et la GPA dont personne ne doute qu'elles se profilent derrière le mariage pour tous. Cette fois, avec l'école, on met en avant la laïcité, principe peu contestable. On ne tardera pas, ensuite, à s'apercevoir que la fameuse charte ne peut pas échapper aux murs des écoles privée. Au nom de la sacro-sainte égalité. Qu'elles soient sous contrat  ou non ne changera rien à l'affaire. Il suffira d'attendre le moment propice.
Et voici que notre ministre de l'Éducation, faute de parvenir à réformer l'école de la République qui s'enfonce dans la médiocrité, va associer son nom à la défense de la laïcité. Inspiré par la révolution culturelle maoïste et ses Dazibao,  il a conçu une charte qui doit être affichée dans toutes les écoles publiques de France. Il n'est pas précisé sur quel mur...
Ce sera pourtant une difficulté majeure de cette initiative que de trouver une place sur les murs de nos écoles déjà encombrés de toutes sortes d'affiches : circulaires officielles, règlements de l'école, activités sportives et culturelles,  panneaux attribués aux parents d'élèves, sans oublier, bien sûr, la place de choix laissée aux syndicats.
Mais au fond, l'idée (si c'est bien l'idée...) d'expliquer aux enfants ce que signifie la laïcité et en quoi elle les concerne, n'est pas absurde. C'est vrai que les textes constitutionnels ou législatifs que nous avons cités ne sont pas d'une clarté … biblique pour des gamins, surtout qu'eux-mêmes ne sont pas tous des experts en lecture. Mais maintenant, grâce à la charte qu'ils consulteront tous les matins, ils n'auront plus d'excuse.
Désormais ils sauront.
Par exemple:
-  Que " La laïcité de l’École offre aux élèves les conditions pour forger leur personnalité, exercer leur libre arbitre et faire l’apprentissage de la citoyenneté. Elle les protège de tout prosélytisme et de toute pression qui les empêcheraient de faire eux-mêmes leurs propres choix." 
Complétement zarbi ce keutru ! Mais au moins, les enfants auront appris trois mots: forger, libre arbitre et prosélytisme. Plus que trois, vraiment ? Oui, sans doute : personnalité, apprentissage, citoyenneté, et laïcité aussi. Comment y parlent  ces céfran ?
- Que " La laïcité assure aux élèves l'accès à une culture commune et partagée."
N’import’nawak !
- Que " La laïcité permet l’exercice de la liberté d’expression des élèves dans la limite du bon fonctionnement de l’école comme du respect des valeurs républicaines et du pluralisme des convictions".
On dirait du noich !
On va arrêter. Tout est du même tonneau, il y en a 15 comme cela... 
A se demander si les rédacteurs n'ont pas méfu la moquette.
On pourrait en sourire, s'il n'y avait pas dans ce charabia laïc quelques bombes.
Comme cette phrase: "Aucun élève ne peut invoquer une conviction religieuse ou politique pour contester à un enseignant le droit de traiter une question du programme" qui suit immédiatement cette autre: "aucun sujet n’est a priori exclu du questionnement scientifique et pédagogique". Un peu contradictoire, non ?
Ou bien celle-ci: "Le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse est interdit." La question avait été réglée par une loi pas si mauvaise que cela puisque la majorité actuelle ne la remet pas en cause. Fallait-il vraiment agiter de nouveau le voile noir ? Gare à ne pas se faire traiter de cistera
Bon courage aux enseignants et aux directeurs d'école! 
Bien sincèrement.

Aucun commentaire: