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vendredi 30 août 2013

RETRAITE SUR LA RÉFORME

Une seule phrase permet de résumer la réforme des retraites que le gouvernement socialiste va mettre en œuvre : "Jean-Marc Ayrault s'est engagé à ce qu'il n'y ait plus d'allongement de la durée de cotisation après 2035 ". Non, ce n'est pas une faute de frappe, vous avez bien lu : 2035 ! Il ne faudra pas oublier de le lui rappeler, le moment venu...
Rocard disait que réformer les retraites ferait sauter plusieurs gouvernements. La droite à fait quatre réformes, qui n'ont pas définitivement réglé le problème mais ont permis, a chaque fois, à la gauche de se défausser.

Tous les pays développés, c'est à dire ceux qui se sont donnés les moyens de couvrir le "risque vieillesse", savent qu'il n'y a que 3 solutions pour équilibrer les régimes de retraite dans un contexte d'augmentation de la durée de vie : baisser le niveau des prestations, relever l'âge de départ, augmenter la durée de cotisation! Et tous l'ont fait.
Sauf la France. Jusqu'à présent, seule la droite à osé s'attaquer au problème. Elle a reculé l'âge de départ (à 62 ans seulement, mais la gauche avait sacralisé les 60 ans), augmenté la durée de cotisation (de 37 ans a 41,5 ans) et suspendu, provisoirement, l'indexation des pensions sur le coût de la vie. Pain béni pour la gauche qui s'y est opposée de toutes ses forces,  se félicitant "in petto" de n'avoir pas à le faire.

La droite avait donc fait plus de la moitié du chemin mais il fallait aller plus loin. Tous ceux  qui ont sérieusement étudié le problème savent qu'il est devenu indispensable de porter l'âge de départ en retraite à 65 ans, au moins, et d'augmenter sensiblement le nombre d'annuités pour obtenir le taux plein. Tellement évident que cette réforme est devenue le critère de la confiance que l'on peut accorder à la France.
Eh bien, une fois de plus, c'est raté. On ne touchera pas à l'âge de départ. On n'alignera pas le public sur le privé. Quant à la durée de cotisation, on prévoit bien de rajouter 5 trimestres, un tous les 3 ans à partir de 2020 et jusqu'à 2035, si l'évolution de l'espérance de vie le justifie. La durée de cotisation portée à 43 ans dans 22 ans. Peut-être ...  Ne se payerait-on pas notre tête ?

Alors, rien, vraiment ?
Si, des mesures qui se traduisent par des dépenses supplémentaires : pour les mères de famille (aurait-on oublié la théorie du genre ?), les étudiants, les métiers pénibles...
Comme toujours avec les socialistes, les réformes s'accompagnent d'une hausse des prélèvements : cotisations des employeurs et des employés, hausse de la CSG pour les retraités, suppression de l'abattement fiscal de 10% sur les pensions, remise en cause du supplément de 10% pour les retraités ayant élevé au moins 3 enfants afin d’en réserver le bénéfice aux mères de familles (aurait-on oublié l'égalité du mariage pour tous ?).
Est-ce illégitime ? Pas vraiment, chacune de ces mesures peut se justifier. Ce qui est injustifiable, c'est la lâcheté. Le sérieux, le dur, le courageux, ce sera pour plus tard, pour d'autres...
Mais le pire est que derrière tout cela se cache une grosse arnaque. Ayrault nous a annoncé que la "réforme" assurerait l'équilibre du régime en 2020 grâce aux  quelque 7 milliards de recettes dégagées. Bizarre! Tous les chiffres publiés jusqu'à présent et par personne contestés (ils émanent du COR -Conseil d'orientation des retraites- organisme institué  par Lionel Jospin !) évaluaient à 20 milliards par an le déficit à partir de 2020. Ou sont donc passés les 13  milliards manquants ?
La lâcheté s'accompagnant généralement du mensonge on ne dit pas aux français que l'équilibre soi-disant (il repose, en effet, sur des hypothèses de croissance et d'emploi auxquelles personne ne croit) apporté par la réforme  ne concerne que le régime général. Le reste, c'est à dire essentiellement les retraites du secteur public, les régimes spéciaux et les régimes de retraite complémentaires, n'est tout simplement pas traité et donc pas financé. Enfin si, par le budget, c'est à dire par le déficit et donc par l'impôt, pour les 8 milliards qui manquent au public. Quant aux 5 milliards qui manqueront aux régimes complémentaires, qu'ils se dé...brouillent ! Sacrée  réforme...
Montesquieu disait que le principe de la démocratie est la vertu. On a compris maintenant le principe du socialisme français : dur sur les réformes sociétales qui flattent les groupes de pression sympathisants, mou sur les réformes structurelles par nature impopulaires.

De même que Hollande en campagne sous estimait la crise, le gouvernement aujourd'hui nie l'urgence, la nécessité en réalité, d'une réforme des retraites.
Il sera bien temps en 2035 !
Voilà comment on gagne une élection, avant de perdre la suivante...



 

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