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mardi 25 juin 2013

MON DIEU QUEL BONHEUR, D’AVOIR UN PRESIDENT QUI BRICOLE …

Certains se souviennent sûrement de cette chanson de Georges Brassens, " le Bricoleur ". En voici un extrait, très légèrement pastiché pour la circonstance :


                   Mon Dieu, quel bonheur,                                               A l'heure actuelle, il fabrique
                   Mon Dieu, quel bonheur                                                Un nouveau système statistique
                   D'avoir un Président bricoleur                                     Qui va permettre, par son ouvrage,
                       (Boîte à outils) {2 fois}                                              D'fair baisser la courbe du chômage.
                                                                                                               (Boîte à outils) {2 fois}
 
                   Le clou qu'il enfonce à la place                                    Mon Dieu, quel malheur,
                   Du clou d'hier, il le remplace-                                       Mon Dieu, quel malheur,
                   Ra demain par un clou meilleur,                                  D’avoir un Président bricoleur ! 
                   Le même qu'avant-hier d'ailleurs.                                    (Boîte à outils) {2 fois}   
                        (Boîte à outils) {2 fois}   
 
 
Comme Louis XVI réparait de vieilles horloges pendant que grondait la révolution, François II bidouille les statistiques du chômage tandis que le peuple fait front national. C’est qu’il est têtu, François II, il la fera baisser la courbe, à la fin de l’année, foi d’animal…
Et certains commencent d'ailleurs à se demander s’il ne va pas y parvenir. Il ne faut certes pas rêver, il n’y a rien dans sa boite l’outil qui permette de créer de vrais emplois ; mais il a un truc !
En fait, cela ressemble à ce qui est en train de se passer avec le baccalauréat. Le gouvernement ne veut pas que le nombre de reçus baisse car ce serait la preuve que tout se dégrade dans l’éducation. Dans ce cas particulier, il ne faut pas que la courbe des bacheliers s’inverse. On pourrait penser qu’il est bien tard pour améliorer le niveau ? Pas si l’on bidouille… Fastoche : on demande aux correcteurs de noter sur 24 et l’on augmente mécaniquement le nombre de ceux qui obtiennent le 10 fatidique.
Eh bien, le truc est identique avec le chômage. L’économie ne crée pas d’emplois, c’est donc  l’Etat qui va le faire à sa place.
Le débat de chiffonniers qui vient d’avoir lieu entre le gouvernement et l’INSEE, honteux sur la forme, aura au moins eu un mérite, celui de chiffrer le nombre d’emplois qu’il faudrait encore créer d’ici la fin de l’année pour obtenir la fameuse inversion : 250.000 ! Pour être plus précis, il s’agit moins d’emplois à créer que de demandeurs d’emplois à supprimer…
On va donc fouiller dans la boite à outils.
On y trouve bien ce qu’il nous faut. Les emplois d’avenir, bien sûr et les contrats de génération. Environ 75.000 chacun, soit 150.000, à condition d’en assouplir les modalités et de les sortir de l’emballage dans lequel on les a maintenus jusqu’à maintenant. Ce que le gouvernement vient de décider (avant l’heure, c’est pas l’heure !). Mais il manquera encore 100.000 emplois, ce qui n’est pas rien.
Retour à la boite à outils. On va piocher dans ces bons vieux contrats dits "aidés". Tous les gouvernements y ont recours depuis des années, seul le nom change. Aujourd’hui on les appelle les CUI ! Oui, oui… cela signifie "contrats uniques d’insertion"  et comme nous sommes en France, ces contrats "uniques" sont deux : les CUI-CIE et le CUI-CAE (pour le secteur marchand et le secteur non-marchand respectivement). Il suffit donc d’en rajouter 100.000 de plus et le compte est bon : 150.000+100.000 = 250.000 ! Ce n’est plus de la  bricole, carrément de la bidouille…
Mais certains ricanent doucement, à commencer par l’INSEE qui laisse entendre que cela ne suffira pas. On va donc chercher un autre outil : pousser vers la formation une trentaine de milliers de chômeurs de catégorie A (les 3.264.000 "en recherche d’emploi").
Là réside le truc : dès qu’ils rentrent en formation, ils sortent de la catégorie A (comme les emplois aidés) pour rentrer dans la catégorie E, c’est à dire celle des chômeurs "toutes catégories confondues", qui vient de franchir le seuil historique des 5 millions. La fameuse courbe à inverser, vous l’aurez compris, est celle de la catégorie A. Ingénieux, non ? Comment n’y avait-on pensé plus tôt, à la formation...
De la  belle ouvrage qui pose tout de même quelques questions.
Par exemple, quel sera l’impact budgétaire de ces mesures, parce que tous ces "emplois" supposent des aides financières de l’Etat conséquentes (70 % du SMIC pour les emplois d’avenir et les CUI-CIE).
Combien cela coûtera-t-il ? La question a été posée à Pierre Moscovici sur Europe 1, dimanche matin, qui a reconnu qu’il était bien incapable de donner un chiffre.
Qui va payer ? Le budget, bien sûr, ce qui va en augmenter le déficit. Mais ce n’est pas grave puisque l’engagement de rester sous les 3% a été abandonné contre un nouvel engagement porté à 3,7% et tout le monde sait bien qu’il ne sera pas plus tenu. Alors, 3% ou 4%...quand on a dépassé les bornes, il n’y a plus de limites.
Encore une question : ces beaux outils sont-ils "durables" comme l’on dit chez les verts ? La réponse est non : ils ne fonctionnent que pour 2013. Si en 2014 la tendance actuelle se poursuit avec les destructions d’emplois marchands et la croissance de la population active, la courbe repartira à la hausse.
Faudra-t-il dépenser encore plus pour créer de nouveaux emplois aidés ? Ce ne sera pas nécessaire car 2014 sera l’année de la reprise économique et du retour de la croissance qui créera, naturellement, cette fois, des emplois…

                                         Mon Dieu, quel malheur,
                        D’avoir un Président  bricoleur !

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