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mardi 18 juin 2013

HYPOTAXE ET PARATAXE

Pas de panique, nous ne parlerons pas aujourd’hui de nouvelles taxes décidées par le gouvernement. Plutôt de figures de style.

Lors de son passage à l’émission " Capital ", sur M6, Hollande a eu cette phrase qui mérite de rentrer dans l’anthologie des propos improbables prononcés par les grands hommes politiques : « ce n'est pas le rythme des réformes qui est jugé trop lent, ce sont les résultats qui tardent à apparaître. »
On le savait amateur d’oxymores, grand maître de l’anaphore, le voilà désormais adepte de la parataxe. Au risque d’encourir les foudres des linguistes, nous définirons la parataxe comme le procédé qui consiste à juxtaposer des phrases sans expliciter le rapport de coordination qui existe entre elles. Ne pas confondre avec l’hypotaxe  qui exprime par un mot de subordination ou de coordination le rapport de dépendance qui existe entre les phrases.
D’accord, c’est un peu compliqué. Pour y voir plus clair, essayons de trouver des exemples :
Parataxe : « Il s’est mis à pleuvoir quand Hollande est arrivé, tout le monde a rigolé. » Le rapport entre les deux propositions n’est pas évident, grammaticalement en tout cas.
Hypotaxe : « Il s’est mis à pleuvoir quand Hollande est arrivé, il a alors été trempé et tout le monde a rigolé. » Ce n’est peut-être pas très drôle mais on comprend pourquoi tout le monde rigole et on voit bien le rapport.
En revanche, des réformes qui ne produisent pas de résultats, on ne comprend pas bien ce dont il s’agit. On peut remplacer " réformes " par " changement " mais si ce dernier tarde tant à produire des résultats comment continuer de proclamer qu’il est pour maintenant ?
Certains trouveront la figure de style politiquement habile. De fait, on peut la décliner à l’infini :
-Ce n’est pas l’endettement qui augmente, c’est le PIB qui recule…
-Ce n’est pas à cause de dépenses publiques trop élevées que l’objectif de réduction du déficit budgétaire n’est pas tenu, ce sont les impôts qui  rentrent moins que prévu…
-Ce n’est pas qu’il y a plus de chômeurs, c’est qu’il y a trop de personnes qui cherchent un emploi…
-Ce ne sont pas les français qui font perdre toutes les élections partielles aux socialistes, c’est l’abstention…
Ce n’est pas moi qui fais pleuvoir, c’est Météo-France…
Ça marche tout aussi bien, d’ailleurs, avec l’hypotaxe :
-J’avais bien vu la crise mais pour la surmonter il aurait fallu annoncer des mesures impopulaires et je n’aurais pas été élu…
-J’avais annoncé que je ne ratifierais pas le traité européen de stabilité mais Merkel n’a pas voulu le renégocier et j’ai dû m’incliner…
-J’avais promis la fin du cumul des mandats mais j’ai été contraint d’y renoncer car les élus socialistes s’y sont opposés…
-J’avais annoncé que je n’engagerai pas de troupes au sol au Mali mais j’ai dû m’y résigner et envoyer 4.000 soldats combattre dans le désert...
-Je me suis engagé à ne pas toucher aux 62 ans pour l’âge de départ en retraite mais il faut vraiment que les français travaillent plus longtemps, alors je vais augmenter la durée de cotisation et peut-être ne verront-ils pas que cela revient au même…
« Le style est l’homme même » (Buffon), la figure de style celle de l’homme politique même. Encore une parataxe !
La parataxe favorite de Hollande, sa devise en somme, reste la suivante : ce n’est pas ma politique qui est en cause, c’est la faute de Sarkozy…
Mais nous garderons pour la fin celle qui nous parait la meilleure, en tout cas la plus adaptée au temps présent. Elle est d’Edgar Faure : « Ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent. »

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